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Saison 2020-2021 de la Cinémathèque française


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Le dossier de presse saison 2020-2021

Le dossier de presse saison 2020-2021


L'exposition et le Musée

Expo Louis de Funès

Expo Louis de Funès

Exposition du 15 juillet 2020 au 31 mai 2021

Célébrée par cinq générations de spectateurs, la vis comica de Louis de Funès est aujourd’hui intacte. Il aura fallu une centaine de petits rôles, son sens de la caricature et son génie burlesque, quelques lignes de Sacha Guitry, de Michel Audiard, et beaucoup de travail pour atteindre le sommet du box-office à 50 ans. L’exposition raconte ce parcours, l’ascension d’un sans-grade de l’après-guerre au rang de star, du chefaillon au chef d’orchestre, le passage des années noires de l’Occupation aux flamboyantes Trente Glorieuses, des privations à la société de consommation et ses objets fétiches (la 2CV, la DS), de L’Aile ou la cuisse à l’agriculture bio…
À travers plus de 300 œuvres, peintures, dessins et maquettes, documents, sculptures, costumes et, bien sûr, extraits de films, l’exposition propose au visiteur de découvrir la diversité de son talent comique, immédiatement identifiable, mais dont on ne connaît pas nécessairement tous les ressorts. Véritable homme-orchestre, pour reprendre le titre d’un de ses films, de Funès était mime, bruiteur, danseur, chanteur, pianiste, chorégraphe. Un créateur, un auteur à part entière, à qui la Cinémathèque française est fière de rendre hommage.

Une exposition produite par la Cinémathèque française

Avec le soutien du Ministère de la Culture et du CNC
De la Fondation Gan pour le Cinéma, Vivendi et Pathé, Grands mécènes de la Cinémathèque française
De Gaumont et BNP Paribas, Amis de la Cinémathèque française
De TF1, mécène de l'exposition
En partenariat avec Kodak

Le Musée Méliès

Le Musée Méliès

Nouveau parcours permanent, ouverture 13 janvier 2021

Georges Méliès est connu du monde entier comme l'un des premiers grands génies du cinéma et l'image de l'obus pénétrant dans l'œil de la Lune est désormais gravée dans la mémoire collective. Le parcours permanent de la Cinémathèque est entièrement repensé et recentré sur la figure historique et iconique de Méliès, en cohérence avec l'histoire de l'institution et la richesse du fonds lié au père des effets spéciaux. Le visiteur pourra découvrir plus de 300 machines, costumes, dessins et maquettes, appartenant à l'œuvre de Méliès ou à l'histoire du pré-cinéma et du cinéma des XX et XXIe siècles. Ces pièces exceptionnelles seront complétées par une sélection de près de 150 photographies. Une vingtaine de dispositifs audiovisuels, de différentes typologies de contenus ou de consultations, jalonneront le propos, parmi lesquels les films disponibles de Méliès seront présentés en intégralité, et en continu pendant les horaires d'ouverture. Des dispositifs permettront également de faire comprendre, et d'expérimenter les principaux effets spéciaux, dont Méliès est reconnu comme l'inventeur incontesté. Une invitation à explorer l'univers fantasmagorique de ce magicien du 7e art et à parcourir, en sa compagnie, l'histoire du cinéma de son invention à nos jours. Féérie garantie !

Une exposition permanente produite par la Cinémathèque française

Avec le soutien du Ministère de la Culture et du CNC
De la Fondation Gan pour le Cinéma, Vivendi et Pathé, Grands mécènes de la Cinémathèque française
De la Fondation d'entreprise Neuflize OBC, Amie de la Cinémathèque française et mécène du Musée
Et de Ubisoft, mécène du Musée

 


Nouveautés 2020

Les Studios de la Cinémathèque

Les Studios de la Cinémathèque

Ouverture octobre 2020

La Cinémathèque inaugure au 7e étage de son bâtiment Les Studios, un nouvel espace pédagogique de tournage pour tous les amateurs, groupes scolaires, enfants, adolescents et familles. Un lieu inédit, ouvert, accueillant pour s’initier à la pratique du cinéma en studio et au cinéma d’animation. Quatre Studios de cinema ouverts du mercredi au dimanche, avec deux plateaux de tournage pour s’amuser à faire des films dans des décors de cinéma (équipés en caméra, projecteurs et fond vert pour des effets spéciaux), deux plateaux de cinéma d’animation (dessins et Stop Motion avec des marionnettes) et une salle de projection. Une offre d'ateliers diversifiés et innovants ne nécessitant pas de compétence préalable (encadrés par l'action éducative et par des intervenants cinéastes, chefs opérateurs, monteurs, preneurs de son) est proposée pour tous les publics dans ces studios flambant neufs, pour manipuler, cadrer, éclairer, construire des décors, inventer des récits, jouer, regarder, s'émerveiller, truquer, écouter...

Avec le soutien du Ministère de la Culture et du CNC
De la Fondation Gan pour le Cinéma, Vivendi et Pathé, Grands mécènes de la Cinémathèque française
De BNP Paribas, Ami de la Cinémathèque française
De l'Institut René Goscinny, mécène des Studios
En partenariat avec DMG Lumière – Rosco

HENRI

HENRI

Des films rares de la Cinémathèque française à voir en ligne

Notre plateforme vod fait sa rentrée ! Dès le 30 septembre, un film à découvrir par semaine, toujours gratuit, toujours ouvert à toutes les raretés, et accessible partout dans le monde. Retrouvez dès maintenant les 90 films déjà disponibles en ligne, pour satisfaire votre soif de curiosité avec les films poèmes de Jean Epstein, des raretés de Raoul Ruiz, Otar Iosseliani, Jean-Claude Brisseau, Jacques Rozier ou Jean-Claude Biette, des westerns, de l'avant-garde, de l'animation, des documentaires, des films militants, ou encore des serials. Du format le plus court au plus long, de 1896 à 2016, des films des quatre coins du monde. Une corne d'abondance accessible dans les meilleures conditions, haut-débit, haute-définition et – nouveauté – possibilité de chromecaster chacun des films sur sa télévision.

www.cinematheque.fr/henri

 


Cinéma - Automne 2020

Louis de Funès

Louis de Funès

Tyrannique, menteur, roublard, ronchon, grognard, grognon, veule, voleur, prévaricateur, âpre au gain, lâche, traître, assassin, égoïste, avare, raciste, râleur, colérique, manipulateur, escroc, parano, hystérique, bilieux, combinard, chauvin, arriviste, méprisant, obséquieux… Louis de Funès a si bien observé son prochain qu’il a offert à travers ses films un miroir délicieusement déformant. C'est nous en pire, l'humainté en plus. Créateur, auteur à part entière, de Funès est un monument national à qui la Cinémathèque française est fière de rendre hommage, avec une exposition, mais aussi en projetant ses plus grands films, une sélection de raretés d'avant la célébrité, une programmation Jeune Public ainsi qu'une soirée Bis « Louis de Funès et la science-fiction ».

Conférences d'Adrien Valgalier, Jean-Baptiste Thoret et Stéphane Lerouge

Avec le soutien de Gaumont et BNP Paribas (Amis de la Cinémathèque française) et de TF1 (Mécène de l'exposition)

Léonide Moguy

Léonide Moguy

D’abord monteur de talent pour Marcel L’Herbier et Max Ophuls, Léonide Moguy réalise d’énormes succès entre 1930 et 1960. Des mélodrames sociaux aux sujets audacieux : mères célibataires, prostitution, suicide. Des films qui font débat au sein du gouvernement français (Prison sans barreaux), frôlant parfois la censure (Le Déserteur rebaptisé Je t’attendrai). Un passage par Hollywood où il évoque la guerre (Paris After Dark) et en Italie pour parler d’éducation sexuelle (Demain il sera trop tard). L’œuvre d’un homme, qualifié de bon et généreux, utilisant le cinéma pour faire évoluer les mœurs et « vivre mieux ». Un cinéaste à redécouvrir, qui lança les plus grandes stars, de Ginette Leclerc à Ava Gardner ou Sophia Loren.

Gérard Oury

Gérard Oury

Gérard Oury débute en tournant des mélodrames, jusqu’à ce qu’il rencontre Louis de Funès qui voit en lui un auteur comique. C’est la révélation. Premier succès avec Le Crime ne paie pas en 1962, suivi du triomphal Corniaud en 1965, et d’un record absolu au box-office, deux ans plus tard, avec La Grande Vadrouille. À la faveur de budgets colossaux pour l’époque et du jeu complice des grandes vedettes du cinéma français (Louis de Funès, Bourvil, Jean-Paul Belmondo, Pierre Richard, Yves Montand), une nouvelle esthétique du comique voit le jour. Duo d’acteurs que tout oppose, avalanche de gags et quiproquos, cavalcade perpétuelle et rythme endiablé, Oury a inventé la machine à fou-rire, devenant le roi incontesté de la comédie à la française.

Dialogue avec Danièle Thompson

Avec le soutien de Gaumont (Amie de la Cinémathèque française)

Don Siegel

Don Siegel

Le montage, son premier métier – c’est lui qui œuvre sur Casablanca pour la Warner – lui apporte un précieux sens du rythme. Si sa première réalisation est un thriller classique (The Verdict), il est aussi à l’aise dans le film de gangsters ou de guerre (L’Enfer est pour les héros), la science-fiction (L’Invasion des profanateurs de sépultures, devenu une référence du genre), le western, qu’il enterre avec le crépusculaire Dernier des géants, ou le polar urbain. Madigan et À bout portant, c’est lui. L’Inspecteur Harry aussi, qui l’associe à jamais au Dirty Clint Eastwood. Hantés par la figure du héros solitaire, ambigu et désinvolte, ses films portent la marque d’une violence brute et froide, d’un style sec et efficace, résolument moderne.

Discussion avec Yal Sadat
Conférence de Jean-François Rauger

Avec le soutien de Warner Bros. (Amie de la Cinémathèque française)

Andreï Kontchalovski

Andreï Kontchalovski

Andreï Kontchalovski rencontre en 1960 Tarkovski, pour qui il écrit notamment L’Enfance d’Ivan, et Andreï Roublev. Il passe à la réalisation avec Le Premier maître (1965), encensé pour son réalisme, et qui marque la naissance de la Nouvelle Vague soviétique. Son second film, Le Bonheur d’Assia, dont le discours sombre contredit la propagande pro-kolkhoze, est censuré par le régime. Kontchalovski adapte alors des classiques de la littérature russe, et réalise la fresque Sibériade, prix du jury cannois et pour lui opportunité d’un exil hollywoodien. Après ce virage radical (Runaway Train, Tango et Cash), il retrouve la Russie post-perestroïka, et continue depuis, obstinément, à travers le destin de héros simples, de dénoncer, entre ironie et nostalgie satirique, les failles de son pays.

Dialogue avec Michel Ciment, Bernard Benoliel et Frédéric Bonnaud
Avant-premières de Chers Camarades et Michel-Ange

Signature par Michel Ciment de son livre d'entretiens Andreï Kontchalovsky : Ni dissident, ni partisan, ni courtisan (coédition Actes Sud / Institut Lumière) à la Librairie de la Cinémathèque

En partenariat avec la Cinémathèque de Toulouse

Luis Buñuel

Luis Buñuel

En près d'un demi-siècle, de 1929 (Un chien andalou) à 1977 (Cet obscur objet du désir), Luis Buñuel a incarné la subversion, l'insolence et l'exaltation de la révolte propre au surréalisme. Une liberté de ton et une indépendance radicale vis-à-vis de toutes les règles esthétiques, religieuses et sociales, qui lui vaudront souvent de faire scandale. À partir de 1947, exilé au Mexique, le cinéaste enchaîne les réalisations, des films populaires (Le Grand Noceur, L'Enjôleuse) et d'autres plus personnels comme Los Olvidados, Él ou La Vie criminelle d'Archibald de la Cruz, parmi ses plus belles réussites. Éloge de l'incongru, dissolution des frontières entre rêve et réalité, peinture des fantasmes sexuels, le cinéma de Buñuel s'exprime pleinement lors de son retour en France en 1964, avec Le Journal d'une femme de chambre, Belle de jour, Tristana, Le Charme discret de la bourgeoisie, Le Fantôme de la liberté. Co-écrits avec le scénariste Jean-Claude Carrière et incarnés par des comédiens de premier ordre (Catherine Deneuve, Jeanne Moreau, Michel Piccoli...), cet ensemble de films puissants clôt l'une des œuvres les plus importantes et les plus bouillonnantes de l'histoire du cinéma.

Dialogue avec Jean-Claude Carrière
Conférence de Gabriela Trujillo

Pionnières du cinéma soviétique

Pionnières du cinéma soviétique

Jusqu'aux années 1960, il y eut plus de réalisatrices en URSS que dans aucun autre pays. Ce n'est peut-être pas une simple note en bas de page de l'histoire, mais une question politique. L'accès des femmes aux moyens de production – par exemple du cinéma –, la remise en question de la division du travail par genres, ne se fait pas « naturellement », progressivement, mais est un processus révolutionnaire, qui se heurte à de fortes résistances et retours en arrière.

Séances présentées par Irène Bonnaud et Bernard Eisenschitz, programmateurs de la rétrospective

En partenariat avec la Cineteca di Bologna, Il cinema ritrovato et Gosfilmofond

Semaine de la critique 2020

Semaine de la critique 2020

La 59e édition de la Semaine de la critique n'a pu se tenir physiquement à Cannes en mai 2020 suite à la crise sanitaire mondiale. Fidèle à ses engagements, la section parallèle cannoise poursuit cependant son travail de mise en lumière des talents émergents afin de soutenir les cinéastes et l'industrie du cinéma dans le monde. En réponse à cette situation inédite, la Semaine de la critique initie un programme d'accompagnement hors les murs conçu sur mesure pour les films que Charles Tesson, délégué général, et ses comités de sélection, ont choisi de soutenir activement. Ainsi, 5 longs métrages et 10 courts métrages bénéficient du label « Semaine de la critique 2020 ». Ils sont présentés en avant-première à la Cinémathèque française.

En présence des équipes des films

Avec le soutien de La Fondation Gan pour le Cinéma

Jean-Claude Carrière

Jean-Claude Carrière

En sa présence

Scénariste majeur du cinéma mondial, Jean-Claude Carrière (né en 1931) a accompagné les plus grands cinéastes des années soixante jusqu'à nos jours : Pierre Étaix, Luis Buñuel, Peter Brook, Milos Forman, Jean-Luc Godard, Philip Kaufman, Andrzej Wajda, Jean-Paul Rappeneau, Philippe Garrel. Sa filmographie conjugue à elle seule tous les temps du cinéma contemporain.

Dialogues avec Jean-Claude Carrière

En partenariat avec la Cinémathèque de Toulouse

Hiroshi Shimizu

Hiroshi Shimizu

Contemporain d'Ozu et de Mizoguchi, Shimizu demeure inconnu en France. Dès ses débuts pendant la période du muet, il se distingue par la qualité des drames bourgeois qu'il est obligé de réaliser et il n'hésite pas à y dénoncer les travers de la société japonaise. Réalisateur au plus près de ses acteurs, il aime à les rassembler dans des narrations minimales comme le magnifique Monsieur Merci (1937) qui se passe le temps d'un trajet en bus. Mais ce qu'il préfère, c'est travailler avec des amateurs et en particulier la troupe d'orphelins qu'il recueille après la guerre. Avec eux, il réalise ses films les plus bouleversants, portraits sans concession du Japon dévasté d'après-guerre : Les Enfants de la ruche, Ce que sont devenus les enfants de la ruche et Les Enfants du Grand Bouddha. Un cinéaste à découvrir d'urgence.

Nombreuses séances accompagnées au piano par les élèves de la classe d'improvisation de Jean-François Zygel (CNSMDP)
Discussion avec Jo Osawa
Conférence de Fabrice Arduini

Avec le soutien de la Maison de la culture du Japon à Paris, du National Film Archive of Japan, de la Japan Foundation, de Renault (Ami de la Cinémathèque française) et de la SACEM, partenaire des ciné-concerts

Elizabeth Taylor

Elizabeth Taylor

Elizabeth Taylor débute au cinéma dès l’enfance (la série des Lassie), devient l’adolescente préférée des Américains, puis une femme mûre, épanouie et sensuelle chez Richard Brooks, Vincente Minnelli ou John Huston. Son destin est scellé à celui de Richard Burton, avec qui elle forme un couple explosif et légendaire, à la ville comme à l’écran (La Mégère apprivoisée, Qui a peur de Virginia Woolf ?). Forte et vulnérable, névrosée et libre, lumineuse et hystérique, elle joue avec une intensité quasi animale. Pour Mankiewicz, elle incarne une Cleopâtre éclatante, et avec elle tout la décadence hollywoodienne. Elle décroche deux Oscars. Navigue entre excès, amours, luxe et philanthropie. Et Elizabeth devient Liz, un nom à jamais synonyme de star.

Discussion avec Murielle Joudet

Avec le soutien de Warner Bros. (Amie de la Cinémathèque française)


Cinéma - Hiver 2020-2021

Dino Risi

Dino Risi

C'est l'un des maîtres de « la comédie à l'italienne » : Pauvres mais beaux, Les Monstres, La Marche sur Rome, Play-Boy Party, Les Nouveaux Monstres... Et c'est vrai qu'il sait être drôle, voire hilarant, tant il sait épingler un « type » d'Italien bête et malin, dragueur, énergique, hyperactif même, se dépensant sans compter pour surtout ne jamais travailler, rusé et voleur s'il le faut, se défendant à sa manière et l'air de rien contre toute forme d'enrôlement et de conditionnement (Alberto Sordi dans Le Veuf, Vittorio Gassman dans L'Homme aux cent visages, Nino Manfredi dans Opération San Gennaro). Pourtant, Dino Risi (1916-2008) avait raison de trouver réducteur de résumer ses films à de simples comédies. À y regarder de près, tous n'en sont pas, loin s'en faut (Un amour à Rome, Au nom du peuple Italien, Âmes perdues...), et pour les autres des comédies peut-être, mais souvent désespérément drôles (Une vie difficile, Le Fanfaron, Il giovedi, Dernier amour...). Surtout, Risi se voyait comme un réaliste, un observateur insatiable et lucide qui, au nom du peuple italien, tend à tous ses spectateurs, lui compris, un miroir en mouvement en espérant que chacun ouvre enfin les yeux.

À l'occasion de la ressortie en salles des versions restaurées de Parfum de femme, L'Homme à la Ferrari, Une vie difficile et Au nom du peuple italien par Les Acacias (à partir de décembre 2020)

En partenariat avec l'Institut culturel italien

Artavazd Pelechian

Artavazd Pelechian

En sa présence

Cinéaste né en Arménie, étudiant à partir de 1963 au VGIK (l'école du cinéma de Moscou), Artavazd Pelechian est l'auteur d'essais cinématographiques, autant d'agencements subtils et bouleversants d'images d'archive ou de prises de vue documentaires. Tous ses films relèvent de l'expérience. Expérience du cinéaste et expérience pour le spectateur : « Je cherche un montage qui créerait autour de lui un champ magnétique émotionnel. » Des œuvres comme Nous, Les Habitants, Les Saisons, Fin, Vie célèbrent la beauté du vivant et du monde, chaque film témoignant tout à la fois de ce même monde toujours menacé par une catastrophe et de la conviction que le cinéma, cette langue universelle, serait capable de détourner l'espèce humaine de son projet dévastateur. Découvrant Pelechian en 1983, le critique Serge Daney s'écrie dans Libération : « Il s'agit d'un travail sur le montage comme j'avais fini par croire qu'il ne s'en faisait plus en URSS depuis Dziga Vertov. Sur, avec, et contre le montage. J'ai soudain le sentiment (agréable) de me trouver face à un chaînon manquant de la véritable histoire du cinéma. » En 2020, à la Fondation Cartier puis à la Cinémathèque, Pelechian présentera sa dernière création en date, La Nature, dont le simple titre est déjà tout un poème.

À l'occasion de l'exposition Artavazd Pelechian, La Nature à la Fondation Cartier pour l'art contemporain (octobre 2020 / mars 2021)

En partenariat avec la Fondation Cartier pour l'art contemporain

Jacques Rozier

Jacques Rozier

En sa présence

Quelle place Jacques Rozier, né en 1926, formé à l'IDHEC, a-t-il voulu (ou non), a-t-il su (ou non) occuper dans le paysage du cinéma français ? Auteur dès 1955 de deux courts métrages (Rentrée des classes, Blue jeans) annonciateurs de la Nouvelle Vague, Rozier réalise en 1960 Adieu Philippine, film solaire qui accomplit peut-être plus que tout autre l'idéal du cinéma nouveau en pleine explosion en France à ce moment-là. Mais l'aîné de la Nouvelle Vague, farouchement indépendant, se retrouve vite à la marge – la juste place, qui sait ?, pour mener à bien son aventure singulière. Ses films eux-mêmes commencent toujours par ce mouvement du centre vers la périphérie, de Paris vers le bord de mer. Depuis Du côté d'Orouët (1969) jusqu'à Maine Océan (1986), voire l'invisible Fifi Martingale (2001), le tournage selon Rozier est un moment de vérité qui embrasse bien plus large que les abords d'un plateau de cinéma à heures fixes : il demande de s'isoler en troupe et de tout lui donner. Il en résulte d'innombrables complications mais aussi cette poignée – trop peu ! – de films suprêmement libres, fantaisistes mais sourdement inquiets, pétris des contradictions d'un artiste qui n'a jamais renoncé à son utopie de cinéma.

La plupart des films ont été restaurés par Jacques Rozier, A17 et la Cinémathèque française avec le soutien du CNC, en collaboration avec la Cinémathèque suisse, l'Institut audiovisuel de Monaco et Extérieur Nuit.

Plein les yeux 4

Plein les yeux 4

Quatrième saison pour notre très couru rendez-vous annuel. L'occasion de voir et revoir, sur l'écran géant de notre salle Henri Langlois, une sélection de films à grand spectacle de toutes époques. On ressentira ce que permet véritablement le grand écran : l'ampleur tout autant que la profusion de détails, la plénitude enivrante et l'opulence. Grands espaces, charges de cavalerie, figuration exponentielle, créatures à la taille démesurée, catastrophes monstrueuses, espaces radicalement bizarres, les films plongeront le spectateur dans une autre dimension, dans un monde tout à la fois hyperréaliste et radicalement étranger.

Alain Resnais

Alain Resnais

Pendant dix ans, Alain Resnais explore la branche documentaire, avant de réaliser en 1956 Nuit et Brouillard, requiem essentiel sur les camps de la mort. Puis il aborde en 1959 la fiction avec Hiroshima, mon amour, dont la forme novatrice lui vaut une renommée internationale. Chacun de ses films est synonyme d’expérimentation : Resnais est un cinéaste qui ne se répète pas. En une vingtaine de longs métrages, entre mélodrames et comédies loufoques (Providence, On connaît la chanson…), inspirés du théâtre, de l’opérette, de la BD, ce perfectionniste à l’humour délicat glisse lentement du désenchantement vers la légèreté. Collectionne les récompenses. Se constitue une famille d’acteurs fidèles. Et laisse une œuvre énergique et moderne, hantée par la mort, habitée par l’amour.

Avec le soutien de CHANEL

Richard Brooks

Richard Brooks

Intellectuel libéral, la justice et la démocratie chevillées au corps, Richard Brooks, fort de son expérience de journaliste, débute à Hollywood comme scénariste, dans des séries B puis pour Robert Siodmak, Jules Dassin ou John Huston. En 1941, Cas de conscience, son premier film comme réalisateur, traite de la dictature, et trace une voie qu'il suivra fidèlement. Délinquance, fracture raciale, politique, liberté d'expression, il observe sans concession les malaises de la société américaine. Capable d'adapter les œuvres les plus difficiles, de Dostoïevski à Tennessee Williams ou Truman Capote, il fait tourner les plus grands (Paul Newman, Bette Davis, Burt Lancaster, Elizabeth Taylor), mais s'affranchit du système hollywoodien en créant sa propre société de production en 1980. Et construit, jusqu'à sa mort, une œuvre à part, émaillée d'humour, mais surtout marquée par une inextinguible et farouche soif de liberté.

Sortie par Wild Side de De sang-froid, en édition Blu-ray + DVD, dans sa nouvelle version restaurée 4K, accompagné de nombreux suppléments et d'un livret écrit par Philippe Garnier (fin janvier 2021).

Avec le soutien de Warner Bros. (Amie de la Cinémathèque française)

Hugo Santiago

Hugo Santiago

Argentin de Paris – ville où il s’installe très jeune à la fin des années 1950 –, c’est pourtant à Buenos Aires qu’Hugo Santiago (1939-2018) réalise son premier film, Invasión, scénarisé avec un tandem de grands écrivains, Jorge Luis Borges et Adolfo Bioy Casares. Il y invente une forme de fantastique urbain un peu lancinant, une esthétique du secret et de la conspiration qui imprègne toute son œuvre de fiction (Les Autres, Écoute voir, Les Trottoirs de Saturne), principalement tournée en France, à côté de documentaires pour la télévision. Cinéaste rare et désormais culte, Hugo Santiago marie, dans ses films, une rigueur de la mise en scène apprise chez Robert Bresson (dont il a été l’assistant) à l’imaginaire littéraire du Sud de l’Amérique du Sud.

En collaboration avec l'Ina

Festival de Gérardmer 2021

Festival de Gérardmer 2021

Reprise de la sélection des films en compétition au 28e Festival du film fantastique de Gérardmer. Un rendez-vous pour retrouver les mythes, obsessions et codes du fantastique et de l'épouvante cinématographiques contemporains. Une plongée dans l'imaginaire le plus débridé et le plus terrifiant du moment.

En partenariat avec le Public Système Cinéma

Paulo Branco

Paulo Branco

En sa présence

On doit à ce producteur inspiré et audacieux, qui a débuté comme programmateur et exploitant de salles à Paris, l'émergence d'un pan majeur de la modernité cinématographique en Europe depuis la fin des années 1970. Paulo Branco a en effet permis l'éclosion de la plupart des artistes les plus essentiels du cinéma de cette période, depuis les Portugais Manoel de Oliveira, Pedro Costa ou João César Monteiro, en passant par le Chilien Raoul Ruiz ou le Lituanien Sharunas Bartas. Il a également produit quelques films, parmi les plus importants, de Chantal Akerman et Werner Schroeter. Plusieurs réalisateurs représentatifs de toute une génération de cinéastes français lui doivent leurs débuts : Olivier Assayas, Christophe Honoré, Laurence Ferreira Barbosa, Valeria Bruni-Tedeschi, Mathieu Amalric et bien d'autres. Paulo Branco, ou la production de film comme aventure et comme art.

Friedrich Wilhelm Murnau

Friedrich Wilhelm Murnau

Passionné de théâtre et de poésie, Friedrich Wilhelm Murnau monte sur les planches et s'initie à la mise en scène sous la direction de Max Reinhardt. Mais ce n'est qu'après la guerre de 14-18, à laquelle il survit miraculeusement (enrôlé par l'armée allemande comme pilote d'avion, il réchappe de huit crashs) qu'il s'intéresse au cinéma, dont il deviendra vite l'une des figures majeures. Ses premiers films, romanesques et fantastiques, marquent les esprits au point de donner naissance à l'un des principaux courants esthétiques du début du XXe siècle, l'expressionnisme allemand. L'éblouissant triptyque Nosferatu le vampire, Le Dernier des hommes et Faust, une légende allemande impressionne Hollywood, et plus particulièrement William Fox, qui l'invite aux États-Unis et lui donne carte blanche. Ce sera L'Aurore, l'un des plus beaux films de l'histoire, manière d'absolu artistique dont Chaplin dira qu'il « a porté le cinéma muet à un niveau de perfection suprême. » Roi du clair-obscur, génie de la caméra, Murnau tournera encore trois films américains, dont City Girl, autre chef-d'œuvre. Mais la fatalité, qu'il aura si bien filmée, rattrapera le cinéaste, qui mourra à quarante-deux ans d'un accident de voiture, une semaine avant la première de Tabou, déchirant poème posthume.

Ciné-concerts

Avec le soutien de la SACEM, Partenaire des ciné-concerts

Mia Hansen-Løve

Mia Hansen-Løve

En sa présence

Critique aux Cahiers du cinéma puis actrice chez Olivier Assayas (Fin août, début septembre), Mia Hansen-Løve impose un ton unique dès ses premiers pas de réalisatrice avec le très beau Tout est pardonné, qui pose les fondations de l'œuvre à venir, mélancolique et lumineuse. Ses « romans » d'émancipation, chuchotés, intimistes, gagnent en ampleur au fil de récits savamment écrits, pour atteindre une forme d'universel. Son art de la mise en scène, modèle de ligne claire, a souvent été rapproché de Rohmer ou de Truffaut, mais la filiation est trop réductrice, qui ne dit pas ce que son cinéma, son sens du casting ou de la BO, ont de contemporain. Et si les festivals du monde entier ont salué à juste titre la plupart de ses films – dont L'Avenir, Ours d'argent de la meilleure réalisatrice à Berlin – on se réjouira de redécouvrir sur écran géant le trop peu vu Eden, bouleversante lettre d'amour à son frère, le DJ Sven Hansen-Løve.

En partenariat avec les Films du Losange


Cinéma - Printemps 2020

Festival Toute la mémoire du monde

Festival Toute la mémoire du monde

Neuvième édition de Toute la mémoire du monde, Festival international du film restauré. Cinq jours, cent films. Et l'occasion de célébrer la vivacité de l'actualité patrimoniale, en proposant au public parisien une sélection des dernières restaurations de prestige présentées par des invités prestigieux. À travers un programme cinéphile et éclectique, la manifestation rend avant tout hommage au travail des archives, des ayants droit, des studios et des laboratoires pour sauver les œuvres du passé. La programmation se compose de plusieurs sections thématiques et donne lieu à un intense programme de rencontres, d'ateliers et de ciné-concerts, à la Cinémathèque française et dans plusieurs salles partenaires.

Avec le soutien de Gaumont et Warner Bros. (Amies de la Cinémathèque française)

Georges Franju

Georges Franju

Cinéphile passionné et co-fondateur de la Cinémathèque française avec Henri Langlois, Georges Franju devient cinéaste à près de 40 ans. Un cinéaste visionnaire et inclassable. Courts métrages documentaires (Le Sang des bêtes, Les Poussières), adaptations littéraires (La Tête contre les murs, Thérèse Desqueyroux), fictions horrifiques et oniriques (Les Yeux sans visage, Judex, La Première Nuit), une œuvre entière à débusquer l’insolite dans le réel, à transfigurer le décor de la vie quotidienne en univers fantastique, à réveiller le monstre en chacun de nous. Un monde entre réalité, rêve et cauchemar, d’une effroyable poésie.

Ivan Passer

Ivan Passer

Né à Prague en 1933, Ivan Passer n'aura eu le temps de réaliser qu'un seul long métrage dans son pays, avant l'arrivée des chars soviétiques en août 1968. Éclairage intime, film phare et l'un des plus beaux de la Nouvelle Vague tchèque, marque le début d'une œuvre, bien que discrète, des plus passionnantes. Comme son complice Milos Forman, avec qui il coécrit Les Amours d'une blonde et Au feu les pompiers !, Passer part tourner à Hollywood. Des films au style éminemment personnel, faits de sentiments rentrés et de silences. Born to Win, Silver Bears et surtout Cutter's Way, son chef-d'œuvre, témoignent des qualités les plus fines, pudeur et tendresse humaine teintées d'ironie, pour rendre compte de la brutalité du monde américain. Avec un œil neuf et une approche délicate, la caméra d'Ivan Passer arrache à ses personnages – interprétés par de grands acteurs comme George Segal, Michael Caine ou Jeff Bridges – des expressions inoubliables, reflets de son œuvre à la fois modeste et admirable.

Daniel Schmid

Daniel Schmid

Figure essentielle de la modernité européenne, Daniel Schmid, quoique né en Suisse, est un des auteurs les plus importants du mouvement que l'on a désigné comme le jeune cinéma allemand. Son cinéma, extrêmement contrasté et inattendu, choisit délibérément la distanciation et l'artificialité théâtrale, pour produire un discours politique lucide et implacable. Il travaille les conventions, tout à la fois kitsch et funèbres, d'un mélodrame à l'artificialité avouée afin d'interroger cruellement la division de la société en classes (Cette nuit ou jamais) ou la domination de la marchandise (L'Ombre des anges). Son goût pour une forme de baroque décadent va s'affirmer tout autant dans des films de fiction (La Paloma) que dans de splendides documentaires aux thèmes singuliers (Le Baiser de Tosca, Visages écrits).

En partenariat avec la Cinémathèque suisse

Bertrand Tavernier

Bertrand Tavernier

En sa présence

Fondateur du ciné-club Nickel Odéon, auteur de l’un des ouvrage fondamentaux de la critique française (50 ans de cinéma américain), Bertrand Tavernier est de ces cinéastes qui sont aussi des passeurs (sa saga documentaire Voyage à travers le cinéma français). Entamée en 1974 dans ses quartiers lyonnais (L’Horloger de Saint-Paul), son œuvre de réalisateur ne se réduit à aucun genre : drames ou comédies en costumes, thriller d’anticipation, films de guerre ou polars urbains, Tatave a touché à tout, s’entourant d’une famille d’auteurs et d’acteurs fidèles, Philippe Noiret en tête. Gourmand et engagé, son cinéma est fort en gueule, qui tempête contre l’injustice du monde pour mieux, le temps d’un magnifique pas de côté, se teinter de nostalgie proustienne (Un dimanche à la campagne).

Carte blanche à Bertrand Tavernier qui présentera des films américains rares

Marco Ferreri

Marco Ferreri

Après des études de vétérinaire, Marco Ferreri tourne quelques spots publicitaires pour des spiritueux, crée une revue filmée avec Riccardo Ghione, Documento mensile, puis devient producteur. En 1956, installé en Espagne, il réalise ses trois premiers films, L'Appartement, Los Chicos et La Petite Voiture, petits joyaux d'humour noir qui lui valent ses premiers démêlés avec la censure. De retour en Italie, Ferreri persiste et signe avec Le Lit conjugal et Le Mari de la femme à barbe, films aux sujets scabreux, qui le posent très vite comme un cinéaste provocateur. En 1969, Dillinger est mort marque son entrée dans la phase la plus passionnante de sa carrière. Portraits d'hommes en rupture ou fables corrosives sur la société de consommation (La Grande Bouffe, La Dernière femme ou Rêve de singe), son œuvre reste celle d'un observateur lucide, poète et dérangeant, en guerre contre les grandes impostures idéologiques de son époque.

Sortie de Marco Ferreri, le cinéma ne sert à rien de Gabriela Trujillo aux éditions Capricci (décembre 2020)

En partenariat avec l'Institut culturel italien

Ornella Muti

Ornella Muti

En sa présence

Elle débute à 15 ans pour Damiano Damiani, femme-enfant au charme irrésistible. Très vite, les plus grands réalisateurs italiens font appel à elle, Mario Monicelli avec Romances et confidences en 1974, Dino Risi (Dernier amour), Francesco Rosi (Chronique d'une mort annoncée), Sergio Corbucci ou Ettore Scola, mais surtout Marco Ferreri (La Dernière femme, Conte de la folie ordinaire), dont elle épouse l'univers et qui fait d'elle un symbole féminin emblématique des années 80. Avec Mort d'un pourri (Georges Lautner, 1977), où elle tient tête à Alain Delon, elle obtient une reconnaissance internationale. Elle tourne aux États-Unis (Flash Gordon, qui marque les mémoires en 1980), ou encore pour John Landis, et plus récemment Woody Allen (To Rome With Love). Aussi à l'aise chez Mike Figgis, Asia Argento ou Lucas Belvaux, dans des drames ou des comédies légères, Ornella Muti a su construire une carrière éclectique, prouvant qu'elle n'était pas seulement une actrice charnelle et érotique, au physique éclatant, mais bien une star incontournable.

En partenariat avec l'Institut culturel italien

Souleymane Cissé

Souleymane Cissé

En sa présence

Conteur talentueux, le Malien Souleymane Cissé se fait le porte-voix lucide des particularités africaines, mises en perspectives avec l'Occident. La douleur d'un passé violent, un présent en mutation difficile, l'apartheid, la polygamie, le monde ouvrier, les étudiants et l'armée, les femmes abusées et muselées (La Jeune fille, censuré durant trois ans) sont autant de sujets qu'il aborde sous un angle social et militant. Sa réflexion métaphysique sur l'humain et sa destinée – le parcours initiatique de Yeelen, qui lui vaut un prix à Cannes et une renommée internationale –, et la beauté plastique éblouissante de ses films sont les pigments d'un tableau lumineux, d'une Afrique vibrante, et vivante.

Shohei Imamura

Shohei Imamura

Un des grands noms de la nouvelle vague du cinéma japonais. Shohei Imamura est passé, en quarante ans, et sans jamais accepter le moindre compromis, du statut d'enfant terrible du cinéma japonais moderne à celui d'auteur international incontournable dont les films étaient régulièrement invités dans les grands festivals. Ne fait-il pas partie du club des rares cinéastes à la double Palme d'or (La Balade de Narayama, L'Anguille) ? Son œuvre s'est attaquée très vite, avec des titres comme Le Pornographe, Désir volé, La Femme-insecte ou Cochons et Cuirassés à la manière dont les pulsions individuelles, essentiellement sexuelles, participent du dérèglement d'une société pourtant construite sur le rétention et les traditions. Cette exploration naturaliste, au sens quasi-scientifique du terme, témoigne d'une radicalité politique particulièrement lucide.

Bud Boetticher

Bud Boetticher

Il est surtout célèbre pour la série de westerns qu'il réalise entre 1956 et 1960 avec Randolph Scott. Le genre y est soumis à un traitement tout particulier, dérivant progressivement vers une abstraite sécheresse. Les cavaliers de l'Ouest, gagnés par une minéralisation implacable, y deviennent d'obscurs idéogrammes absorbés par la poussière aride du désert. Boetticher annonçait l'entrée du genre dans son âge moderne. Mais le cinéaste est également l'auteur de films noirs remarquables (Escape in the Fog, Behind Locked Doors et surtout The Killer is Loose) et d'un modèle, âpre et violent, de biographie de gangster (La Chute d'un caïd).

Avec le soutien de Warner Bros. (Amie de la Cinémathèque française)


Cinéma - Eté 2021

Semaine de la critique 2021

Semaine de la critique 2021

Créée en 1962 à l'initiative du Syndicat français de la critique de cinéma, la Semaine de la critique, section parallèle du Festival de Cannes, se consacre à la découverte des nouveaux talents en présentant sur la scène internationale leurs premiers et seconds longs métrages. Jacques Audiard, Arnaud Desplechin, Alejandro González Iñárritu, Ken Loach, Wong Kar-wai ou plus récemment César Augusto Acevedo, David R. Mitchell, Jeff Nichols, Valérie Donzelli, Rebecca Zlotowski ou Justine Triet ont été révélés par la Semaine de la critique. En 2021, à nouveau, les comités de sélection composés de critiques adhérents du Syndicat français de la critique de cinéma feront découvrir au grand public et aux professionnels les univers singuliers de jeunes auteurs internationaux. Autant d'œuvres à découvrir à la Cinémathèque française lors de la reprise de la sélection, quelques jours après la clotûre du Festival.

Germaine Dulac

Germaine Dulac

Figure des milieux féministes et anti-cléricaux parisiens du début du vingtième siècle, Germaine Dulac se lance dans la réalisation en 1915, tout en assurant son indépendance avec le lancement de sa propre maison de production. Les Sœurs ennemies impressionne et signe une fracassante entrée en cinéma, envisagée comme une quête perpétuelle du « cinéma pur ». Aux frontières de l'expérimental, jouant du flou, des surimpressions, des ralentis et des accélérés, ses films impressionnistes sont loués par les cercles surréalistes et d'avant-garde. En 1927, elle adapte un scénario d'Antonin Artaud, La Coquille et le Clergyman, rejeté à la fois par son auteur et par le public. L'échec, cinglant, la marginalise et elle finira sa carrière en tournant des actualités et des documentaires.

Avec le soutien de Gaumont et Pathé

Paul Verhoeven

Paul Verhoeven

En sa présence

Aujourd'hui encore, Paul Verhoeven renvoie l'image d'un artiste sulfureux, celle d'un audacieux contrebandier, propulsé – pour le subvertir en profondeur – au cœur du plus grand système industriel de fabrication d'images et de récits. De fait, il aura imposé ses obsessions à Hollywood, le temps d'un exil doré, quinze années folles, violentes et érotiques, qui l'auront vu passer à l'acide le thriller (Basic Instinct, Hollow Man), la science-fiction (Starship Troopers, Total Recall), le film policier (RoboCop) ou les grands récits américains (Showgirls, remake corrosif du Eve de Mankiewicz). Mais c'est surtout un auteur au sens le plus pur du terme. Un pirate du cinéma qui, dès ses débuts hollandais, aura posé un regard quasi-clinique sur le genre humain, son goût pour le sexe, la chair et le sang (Turkish Delights, Le Quatrième homme), ses instincts belliqueux (Soldier of Orange) et ses élans mystiques. Ce même sillon qu'il creuse, inlassablement, depuis son retour en Europe en 2001, avec Black Book, Elle et la sortie prochaine de Benedetta.

Pascal Thomas

Pascal Thomas

En sa présence

Ancien journaliste, Pascal Thomas débute dans le cinéma avec l'envie de capter joyeusement l'esprit du temps. Ses comédies, souvent ancrées dans la douceur d'une maison de campagne, dressent le portrait tendre d'une galerie de personnages habitant la province française. Avec ses chroniques malicieuses de la vie adolescente (Les Zozos, 1972 ; Pleure pas la bouche pleine, 1973), ses marivaudages et œuvres chorales teintées de mélancolie (La Dilettante, 1999 ; Les Maris, les femmes, les amants, 1989 ; Mercredi, folle journée !, 2001) ou encore ses adaptations à succès des romans d'Agatha Christie, Pascal Thomas atteint l'objectif qu'il s'est fixé, celui de « montrer que les gens heureux ont une histoire et que le bonheur se raconte ».

Joseph Losey

Joseph Losey

Ce sont les circonstances qui ont fait de Joseph Losey le plus anglais des cinéastes américains. Issu d'une famille conservatrice du Wisconsin, il se frotte au théâtre, sympathise avec Bertolt Brecht et Calder, se politise, Marx, Trotski, le Parti Communiste américain. C'est ce terreau idéologique, en pleine chasse aux sorcières, qui va couper net l'élan prometteur de sa carrière de cinéaste (Le Garçon aux cheveux verts, M., Le Rôdeur...) et le contraindre à l'exil européen en 1951. Citoyen britannique, il enchaîne productions mineures sous pseudonyme, œuvres engagées (Pour l'exemple) et films noirs (Temps sans pitié, Les Criminels). Sa collaboration avec Harold Pinter, entamée en 1963 (The Servant, analyse au scalpel des rapports de classe) le place sur la carte des grands auteurs européens, invité régulier des festivals – il remporte la Palme d'Or en 1971 avec Le Messager. Deux ans plus tard, Monsieur Klein marque l'apogée d'une carrière qui l'aura vu évoluer, au gré d'une filmographie riche de 35 films inclassables, entre naturalisme et lyrisme, sophistication et abstraction, drames, thrillers et opéras.

Larry Cohen

Larry Cohen

Larry Cohen n’est pas que le père des Envahisseurs pour la télévision : c’est de son esprit génialement barré que naissent sur grand écran des créatures hallucinantes (l’atroce bébé mutant dans Le Monstre est vivant, ou le yaourt tueur dans The Stuff). C’est aussi lui qui écrit et produit la série des Maniac Cop de William Lustig, ou scénarise le Phone Game de Joel Schumacher. À la croisée des genres entre horreur, film catastrophe, science-fiction et polar fantastique, il réalise des films satiriques et inventifs (Ma belle-mère est une sorcière, L’Ambulance). Et si son refus du compromis le contraint à jongler avec de maigres budgets, son travail d’artisan acharné a profondément marqué l’inconscient collectif, et influence encore toute la pop culture audiovisuelle américaine.

Avec le soutien de Warner Bros. (Amie de la Cinémathèque française)

Ozploitation

Ozploitation

Le succès international du Mad Max de George Miller à la fin des années 1970 révéla l'existence d'un riche cinéma de genre et d'exploitation en Australie. Toute une catégorie de films âpres, violents ou drôles, horrifiques ou sexys, exploitant la beauté cinématographique des grands espaces du pays, dépassant parfois un modèle hollywoodien bien timide en face de ces séries B dures à cuire, fut, pendant plus d'une décennie, produite grâce à la politique de financement du cinéma australien mise en place alors. Tout un cinéma d'horreur et d'action riche en petits chefs-d'œuvre cachés.

Et toujours

Et toujours

Séances Jeune Public (Films, ateliers, stages, visites...)
Parlons cinéma avec... 
(Une personnalité programme quelques séances pour parler des films de sa vie)
Aujourd'hui le cinéma 
(La jeune création cinématographique contemporaine)
Fenêtre sur les collections de la Cinémathèque française
Cinéma Bis 
(Programmes de films de série B ou Z)
Cinéma d'Avant-garde
Conférences du Conservatoire des techniques cinématographiques
 (L'histoire technique du cinéma)
Séminaire Archi Vives (Cycle de conférences illustrées suivies d'une projection de film)

Le Cinéma, Cent ans de jeunesse

Le Cinéma, Cent ans de jeunesse

Créé en 1995 par la Cinémathèque française et parrainé par Costa-Gavras, ce programme international d'éducation au cinéma permet à des jeunes de 6 à 20 ans de vivre une expérience unique de cinéma, alliant découverte des films et pratique de réalisation. Durant toute une année, les élèves, accompagnés par un professionnel du cinéma, voient des extraits de films, tournent des exercices puis réalisent de petites fictions autour d'un thème annuel, projetées à la Cinémathèque au mois de juin. Cette année est consacrée à la question du temps au cinéma, avec 45 ateliers participants, répartis dans 16 pays.
Plus d'informations sur le site et la plateforme pédagogique bilingues (fr/en), bientôt disponibles en espagnol : www.cinematheque.fr/cinema100ansdejeunesse

Avec le soutien de BNP Paribas (Ami de la Cinémathèque française)


Le dossier de presse saison 2020-2021

Le dossier de presse saison 2020-2021

 


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