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Saison 2021-2022 de la Cinémathèque française



Les expositions, le Musée et les Studios

Exposition CinéMode par Jean Paul Gaultier

Exposition CinéMode par Jean Paul Gaultier

Exposition du 6 octobre 2021 au 16 Janvier 2022

Les robes de Marilyn, d'Audrey Hepburn ou de Catherine Deneuve, le vestiaire masculin de Marlene Dietrich ou le smoking de James Bond, et même le justaucorps de Superman, costumes et haute-couture s'exposent à la Cinémathèque française, dans un parcours tout en velours, métal et broderies, imaginé par le styliste cinéphile Jean Paul Gaultier. Un voyage à travers les genres et les styles, une histoire croisée du cinéma et de la mode, où grands couturiers et stars de cinéma se côtoient le temps d'un somptueux défilé.

Commissaire général de l’exposition : Jean Paul Gaultier
Avec la collaboration de Matthieu Orléan et Florence Tissot.

Exposition coorganisée par la Cinémathèque française et « la Caixa » Foundation

Romy Schneider, l'exposition

Romy Schneider, l'exposition

Exposition du 16 mars au 31 juillet 2022

Quarante ans après sa disparition le 29 mai 1982, Romy Schneider est toujours aussi aimée et populaire. Débutant sa carrière à l'âge de 15 ans en Allemagne, avant de s'installer en France, elle devient une star grâce à des films qui ont marqué à jamais l'histoire du cinéma. L'exposition que lui consacre la Cinémathèque française propose de la faire revivre à travers ses rôles mais aussi ses textes, son journal, des interviews ou des images de tournage qui la montrent aussi vibrante que gaie. Suivant le fil de sa vie si romanesque, le parcours permettra de comprendre comment la petite fiancée autrichienne est devenue une icône, incarnation de la femme moderne.

Commissaire de l'exposition : Clémentine Deroudille

Avec le soutien du Ministère de la Culture et du CNC
Avec le soutien de CHANEL et de la Fondation Gan pour le Cinéma, Grands mécènes de la Cinémathèque française

Le Musée Méliès

Le Musée Méliès

Nouveau parcours permanent depuis le 19 mai 2021

Georges Méliès est connu du monde entier comme l'un des premiers grands génies du cinéma et l'image de l'obus pénétrant dans l'œil de la Lune est désormais gravée dans la mémoire collective. Le parcours permanent de la Cinémathèque est entièrement repensé et recentré sur la figure historique et iconique de Méliès, en cohérence avec l'histoire de l'institution et la richesse du fonds lié au père des effets spéciaux. Le visiteur pourra découvrir plus de 300 machines, costumes, dessins et maquettes, appartenant à l'œuvre de Méliès ou à l'histoire du pré-cinéma et du cinéma des XX et XXIe siècles. Ces pièces exceptionnelles seront complétées par une sélection de près de 150 photographies. Une vingtaine de dispositifs audiovisuels, de différentes typologies de contenus ou de consultations, jalonneront le propos, parmi lesquels les films disponibles de Méliès seront présentés en intégralité, et en continu pendant les horaires d'ouverture. Des dispositifs permettront également de faire comprendre, et d'expérimenter les principaux effets spéciaux, dont Méliès est reconnu comme l'inventeur incontesté. Une invitation à explorer l'univers fantasmagorique de ce magicien du septième art et à parcourir, en sa compagnie, l'histoire du cinéma de son invention à nos jours. Féerie garantie !

Une exposition permanente produite par la Cinémathèque française
Commissaires : Laurent Mannoni, Matthieu Orléan et Gabrielle Sébire

Avec le soutien du Ministère de la Culture et du CNC
De la Fondation Gan pour le Cinéma, Vivendi et Pathé, Grands mécènes de la Cinémathèque française
De la Fondation d'entreprise Neuflize OBC, Amie de la Cinémathèque française et mécène du Musée
Et de Ubisoft, mécène du Musée

Les Studios de la Cinémathèque

Les Studios de la Cinémathèque

Une offre renouvelée et élargie pour les enfants et les adolescents de 3 à 20 ans

La Cinémathèque a créé un nouvel espace éducatif pour faire du cinéma. 300 m² ouverts aux classes entières pour permettre aux élèves de réaliser de courts films en prises de vues réelles ou en animation. Ces nouveaux espaces se composent de deux studios de tournage entièrement équipés, avec éléments de décors, éclairages, caméras numériques, rails de travelling... et de deux studios de cinéma dédiés à l'animation en dessins et en volumes, dotés de structures multi-plans, banc-titre, logiciels de capture image par image. Ces nouveaux ateliers sont animés par des intervenants réalisateurs, chefs opérateurs, animateurs... Aux Studios, les élèves sont invités à manipuler, cadrer, éclairer, construire des décors, inventer des récits, jouer, regarder, s'émerveiller, truquer, écouter...

Avec le soutien du Ministère de la Culture et du CNC
De la Fondation Gan pour le Cinéma, Vivendi et Pathé, Grands mécènes de la Cinémathèque française
De BNP Paribas, Ami de la Cinémathèque française
De l'Institut René Goscinny, mécène des Studios
En partenariat avec DMG Lumière – Rosco

 


Cinéma - Automne 2021

Dino Risi

Dino Risi

À l'occasion de la ressortie en salles des versions restaurées de Parfum de femme, L'Homme à la Ferrari, Une vie difficile et Au nom du peuple italien par Les Acacias

C'est l'un des maîtres de « la comédie à l'italienne » : Pauvres mais beaux, Les Monstres, La Marche sur Rome, Play-Boy Party, Les Nouveaux Monstres... Et c'est vrai qu'il sait être drôle, voire hilarant, tant il sait épingler un « type » d'Italien bête et malin, dragueur, énergique, hyperactif même, se dépensant sans compter pour surtout ne jamais travailler, rusé et voleur s'il le faut, se défendant à sa manière et l'air de rien contre toute forme d'enrôlement et de conditionnement (Alberto Sordi dans Le Veuf, Vittorio Gassman dans L'Homme aux cent visages, Nino Manfredi dans Opération San Gennaro). Pourtant, Dino Risi (1916-2008) avait raison de trouver réducteur de résumer ses films à de simples comédies. À y regarder de près, tous n'en sont pas, loin s'en faut (Un amour à Rome, Au nom du peuple Italien, Âmes perdues...), et pour les autres des comédies peut-être, mais souvent désespérément drôles (Une vie difficile, Le Fanfaron, Il giovedi, Dernier amour...). Surtout, Risi se voyait comme un réaliste, un observateur insatiable et lucide qui, au nom du peuple italien, tend à tous ses spectateurs, lui compris, un miroir en mouvement en espérant que chacun ouvre enfin les yeux.

Conférence « Dino Risi, Monstres & Cie »

En partenariat avec l'Institut culturel italien
Avec le soutien de Cinecitta Luce, Cineteca Nacional, Achivio Nazionale Cinema Impresa

Bruno Dumont

Bruno Dumont

En sa présence

À l'occasion de la sortie en salles de son nouveau film France

Né à Bailleul dans le Nord, Bruno Dumont y tourne ses deux premiers films, La Vie de Jésus et L'humanité, tous deux acclamés au festival de Cannes. L'ancien prof de philo s'impose comme un cinéaste singulier, bousculant les spectateurs avec son univers noir et dérangeant (Twentynine Palms, Flandres). Des œuvres tendues qui explorent les tréfonds de la nature humaine. Désirs, pulsions et violence, sublimés par une mise en scène au cordeau et interprétés par des acteurs le plus souvent non professionnels, habilement choisis pour ne représenter qu'eux-mêmes. Des corps, tordus, burlesques ou aériens, tiraillés entre la bestialité (Ma Loute, P'tit Quinquin) et le sacré (Hadewijch, Hors Satan, Jeanne). Primitifs et insaisissables.

Leçon de cinéma « Bruno Dumont par Bruno Dumont »

En partenariat avec Pictanovo et la Région Hauts-de-France

Luc Moullet

Luc Moullet

En sa présence

Critique aux Cahiers du cinéma dans les années 50, auteur de nombreux essais sur Fritz Lang, King Vidor ou Cecil B. DeMille, et d'une Politique des acteurs en 1993, Luc Moullet réalise une quarantaine de courts et longs métrages, entre 1960 et 2014, souvent présentés comme le versant burlesque de la Nouvelle Vague. De la parodie de western avec Jean-Pierre Léaud (Une aventure de Billy le Kid) à l'essai autobiographique (Le Litre de lait) ou au documentaire militant (Genèse d'un repas), des œuvres caractérisées par leur style décalé, presque expérimental, dont certaines, comme Anatomie d'un rapport, Ma première brasse ou La Comédie du travail, font figure de films cultes.

Séances présentées par Sabine Haudepin, Iliana Lolic, Antonietta Pizzorno, Isabelle Prim, Marie- Christine Questerbert...

Dialogues avec Luc Moullet

Signature à la Librairie de Mémoires d'une savonnette indocile (Capricci, 2021)

Phillip Noyce (Australia Now!)

Phillip Noyce (Australia Now!)

En sa présence

L'Australien Phillip Noyce débute sur la scène avant-gardiste et expérimentale du début des années 70. Après son premier succès, Newsfront, il réalise l'angoissant Calme blanc, interprété par Nicole Kidman et Sam Neill, qui lui ouvre les portes d'Hollywood en 1989. Internationalement reconnu pour ses thrillers américains (Jeux de guerre, Bone Collector), celui qui se voit comme un « caméléon », s'illustre aussi bien dans le récit d'espionnage (Danger immédiat avec Harrison Ford ou Salt avec Angelina Jolie), que dans l'adaptation littéraire (Un Américain bien tranquille avec Michael Caine), mais aussi dans le plaidoyer anti-raciste avec Au nom de la liberté sur l'Apartheid ou Le Chemin de la liberté, vibrant hommage au peuple aborigène d'Australie.

Leçon de cinéma « Phillip Noyce par Phillip Noyce »

Avec le soutien du gouvernement australien dans le cadre du programme Australia Now France 2021-2022

Avec le soutien du NFSA (The National Film and Sound Archive of Australia).

Krzysztof Kieślowski

Krzysztof Kieślowski

À l'occasion du 80e anniversaire de la naissance de Krzysztof Kieślowski, de la ressortie en salles de La Double Vie de Véronique (Cannes Classics 2021) et de la trilogie Trois Couleurs en versions restaurées 4K inédites (distribution Potemkine Films).

Diplômé de l'école de cinéma de Łódź en 1969, Krzysztof Kieślowski est l'auteur d'une œuvre aussi riche que fascinante, entre courts documentaires en noir et blanc, séries télévisées métaphysiques et longs métrages sophistiqués. Des films forts et suggestifs qui s'inscrivent dans le mouvement du « cinéma de l'inquiétude morale », reflet des préoccupations politiques et sociales de la Pologne des années 1970. Incertitudes, inquiétudes et idéaux. Des premières introspections (Le Personnel, L'Amateur) à la trilogie des Trois Couleurs..., en passant par la grande fresque du Décalogue, le cinéaste scrute la solitude et la tristesse de personnages en mal de repères et aux destins qui s'entrecroisent.

Séances présentées par Irène Jacob, Urszula Lesiak, Zbigniew Zamachowski, Miroslaw Baka, Artur Barcis, Andrzej Seweryn...

Dialogues avec Marin Karmitz et avec le scénariste Krzysztof Piesiewicz

En partenariat avec MK2 et Potemkine Films
Avec le soutien de l'Institut Polonais de Paris et de l'Institut Adam Mickiewicz

John Sayles

John Sayles

En sa présence

John Sayles fait ses armes aux côtés du producteur Roger Corman en signant les scénarios de Piranhas et Hurlements de Joe Dante. Des productions aux budgets dérisoires, qui lui apprennent la débrouille. C'est dans cette économie de moyens qu'il écrit et réalise, en 1980, son premier film, Return of the Secaucus 7, à partir duquel il construit une filmographie très personnelle, en marge du cinéma de divertissement dominant. Ses personnages, décalés ou exclus, lui permettent d'évoquer l'homosexualité féminine (Lianna) ou le racisme, de façon burlesque, avec les tribulations d'un extraterrestre noir dans les rues de New York dans Brother from Another Planet. Toute une radiographie de la société américaine, de la ville ordinaire (City of Hope), du fin fond du Texas (Lone Star) ou de l'Alaska (Limbo), en passant par la ville minière de Matewan. L'un des cinéastes indépendants américains les plus passionnants, auteur d'une œuvre humaniste et engagée.

Leçon de cinéma « John Sayles par John Sayles »

En partenariat avec le Festival International du film Indépendant de Bordeaux

Alain Resnais

Alain Resnais

Pendant dix ans, Alain Resnais explore la branche documentaire, avant de réaliser en 1956 Nuit et Brouillard, requiem essentiel sur les camps de la mort. Puis il aborde en 1959 la fiction avec Hiroshima, mon amour, dont la forme novatrice lui vaut une renommée internationale. Chacun de ses films est synonyme d’expérimentation : Resnais est un cinéaste qui ne se répète pas. En une vingtaine de longs métrages, entre mélodrames et comédies loufoques (Providence, On connaît la chanson…), inspirés du théâtre, de l’opérette, de la BD, ce perfectionniste à l’humour délicat glisse lentement du désenchantement vers la légèreté. Collectionne les récompenses. Se constitue une famille d’acteurs fidèles. Et laisse une œuvre énergique et moderne, hantée par la mort, habitée par l’amour.

Séances présentées par Renato Berta, Blutch, Anne Consigny, Laurent Herbiet, Jean-Louis Livi, Bruno Pesery, Bruno Podalydès, Caroline Silhol, François Thomas...

Dialogues avec Pierre Arditi, Sabine Azéma, André Dussollier, Bruno Fontaine, Agnès Jaoui et Lambert Wilson

Conférence « Une immersion dans la musique : Alain Resnais au travail » par François Thomas

Avec le soutien de CHANEL, Grand mécène de la Cinémathèque française

Nicole Garcia

Nicole Garcia

En sa présence

À l'occasion de la sortie en salles de son nouveau film, Amants

Nicole Garcia n'est pas de ces comédiennes qui se sont imposées à l'occasion d'un seul film. De La Question de Laurent Heynemann à Outremer de Brigitte Roüan, elle a au contraire conquis son territoire progressivement, jusqu'à devenir une figure incontestable du paysage cinématographique national, avec une inclination marquée (mais non exclusive) pour le cinéma d'auteur. Puis elle est passée en parallèle de l'autre côté de la caméra (Un week-end sur deux), pour bâtir une œuvre de toute beauté, d'un classicisme indémodable, entre drame et polar (Place Vendôme, L'Adversaire, Un balcon sur la mer), des films qui plongent en tout état de cause au cœur des passions humaines.

Séances présentées par Nicole Garcia, en présence de Nathalie Baye, Catherine Deneuve, Jean Dujardin, Jacques Fieschi et Gérard Lanvin, ainsi que d'autres de ses acteurs et actrices...

Leçon de cinéma « Nicole Garcia par Nicole Garcia », en présence de Nathalie Baye et Jacques Fieschi

Rendez-vous avec Jean Paul Gaultier

Rendez-vous avec Jean Paul Gaultier

En sa présence

En parallèle de la grande exposition CinéMode, dont il est le commissaire, Jean Paul Gaultier vient présenter et parler de films qui lui sont chers, soit parce qu'ils sont au cœur de sa cinéphilie, soit parce qu'il en a confectionné les costumes. Falbalas de Jacques Becker, Kika de Pedro Almodovar, Le Cinquième Élément de Luc Besson ou encore Rocky Horror Picture Show... la salle Henri Langlois n'aura, cet automne, rien à envier aux podiums de la Fashion Week.

Dialogue avec Jean Paul Gaultier et présentations de séances

Avant-première de Falbalas en version restaurée 4K par Studiocanal

Signature du catalogue de l'exposition CinéMode

American Fringe 5

American Fringe 5

Nouveau regard sur le cinéma américain contemporain, American Fringe propose un échantillon représentatif d'un champ passionnant et méconnu, à la marge du « cinéma indépendant ». Depuis 2016, au cours d'un week-end d'automne, huit programmes de films très récents sont rituellement projetés à la Cinémathèque, le plus souvent en présence des réalisateurs. En 2020, la manifestation a été annulée en raison des conditions sanitaires. Elle revient en majesté cette année, toujours sous la supervision de ses curateurs, Livia Bloom Ingram et Richard Peña.

En présence des programmateurs Richard Peña et Livia Bloom Ingram, et de réalisateurs.

Séances présentées et suivies d'un dialogue avec le public.

Un projet de Arts Arena (www.artsarena.org)

Richard Brooks

Richard Brooks

Intellectuel libéral, la justice et la démocratie chevillées au corps, Richard Brooks, fort de son expérience de journaliste, débute à Hollywood comme scénariste, dans des séries B puis pour Robert Siodmak, Jules Dassin ou John Huston. En 1941, Cas de conscience, son premier film comme réalisateur, traite de la dictature, et trace une voie qu'il suivra fidèlement. Délinquance, fracture raciale, politique, liberté d'expression, il observe sans concession les malaises de la société américaine. Capable d'adapter les œuvres les plus difficiles, de Dostoïevski à Tennessee Williams ou Truman Capote, il fait tourner les plus grands (Paul Newman, Bette Davis, Burt Lancaster, Elizabeth Taylor), mais s'affranchit du système hollywoodien en créant sa propre société de production en 1980. Et construit, jusqu'à sa mort, une œuvre à part, émaillée d'humour, mais surtout marquée par une inextinguible et farouche soif de liberté.

Dialogues avec Patrick Brion et signature à la Librairie de ses derniers ouvrages (éditions Télémaque)

Avec le soutien de Warner Bros. Amie de la Cinémathèque française

Jacques Rozier

Jacques Rozier

En sa présence

Quelle place Jacques Rozier, né en 1926, formé à l'IDHEC, a-t-il voulu (ou non), a-t-il su (ou non) occuper dans le paysage du cinéma français ? Auteur dès 1955 de deux courts métrages (Rentrée des classes, Blue jeans) annonciateurs de la Nouvelle Vague, Rozier réalise en 1960 Adieu Philippine, film solaire qui accomplit peut-être plus que tout autre l'idéal du cinéma nouveau en pleine explosion en France à ce moment-là. Mais l'aîné de la Nouvelle Vague, farouchement indépendant, se retrouve vite à la marge – la juste place, qui sait ?, pour mener à bien son aventure singulière. Ses films eux-mêmes commencent toujours par ce mouvement du centre vers la périphérie, de Paris vers le bord de mer. Depuis Du côté d'Orouët (1969) jusqu'à Maine Océan (1986), voire l'invisible Fifi Martingale (2001), le tournage selon Rozier est un moment de vérité qui embrasse bien plus large que les abords d'un plateau de cinéma à heures fixes : il demande de s'isoler en troupe et de tout lui donner. Il en résulte d'innombrables complications mais aussi cette poignée – trop peu ! – de films suprêmement libres, fantaisistes mais sourdement inquiets, pétris des contradictions d'un artiste qui n'a jamais renoncé à son utopie de cinéma.

Séances présentées par Jacques Rozier, Bernard Menez, Pierre Richard...

La plupart des films ont été restaurés par Jacques Rozier, A17 et la Cinémathèque française avec le soutien du CNC, en collaboration avec la Cinémathèque suisse, l'Institut audiovisuel de Monaco et Extérieur Nuit.


Cinéma - Hiver 2021-2022

Plein les yeux 4

Plein les yeux 4

La salle Henri Langlois de la Cinémathèque, dont l'écran fait treize mètres de base et six de hauteur, bénéficie des conditions optimales en matière de son avec un équipement en tri amplification. C'est l'endroit idéal pour savourer les plaisirs du grand spectacle cinématographique, pour éprouver les émotions d'une image en mouvement plus grande (beaucoup plus grande) que soi, pour ressentir les frissons collectifs engendrés par un gigantisme qui constitue une des dimensions (même si ce n'est évidemment pas la seule) essentielles du divertissement cinématographique. Le mouvement vers une monumentalisation du cinéma s'est par ailleurs sans doute accéléré lorsqu'il a fallu, pour celui-ci, résister à l'irruption de nouveaux médiums tels la télévision puis la multiplication des petits écrans. Retour à une émotion primitive et irremplaçable.

Avec le soutien de Warner Bros. Amie de la Cinémathèque française

Elizabeth Taylor

Elizabeth Taylor

Elizabeth Taylor débute au cinéma dès l’enfance (la série des Lassie), devient l’adolescente préférée des Américains, puis une femme mûre, épanouie et sensuelle chez Richard Brooks, Vincente Minnelli ou John Huston. Son destin est scellé à celui de Richard Burton, avec qui elle forme un couple explosif et légendaire, à la ville comme à l’écran (La Mégère apprivoisée, Qui a peur de Virginia Woolf ?). Forte et vulnérable, névrosée et libre, lumineuse et hystérique, elle joue avec une intensité quasi animale. Pour Mankiewicz, elle incarne une Cléopâtre éclatante, et avec elle tout la décadence hollywoodienne. Elle décroche deux Oscars. Navigue entre excès, amours, luxe et philanthropie. Et Elizabeth devient Liz, un nom à jamais synonyme de star.

Avec le soutien de Warner Bros. Amie de la Cinémathèque française

Yves Montand

Yves Montand

Homme et artiste de tempérament, Yves Montand a construit l'ensemble de sa carrière entre musique et cinéma sans jamais perdre de vue son militantisme et ses convictions. Admirateur absolu des comédies musicales américaines et de Fred Astaire, il vogue très tôt des planches du music-hall au grand écran où, dès Le Salaire de la peur en 1953, son charisme électrise l'écran et l'entraîne vers des projets ambitieux. Alternant drames, comédies et films engagés, l'acteur obtient définitivement les faveurs de la critique grâce à Costa-Gavras et sa trilogie politique (Z, L'Aveu, État de siège). Jusqu'à sa disparition, il multipliera les collaborations fructueuses avec des réalisateurs de renom – Claude Sautet, Jean-Pierre Melville, Alain Corneau – en incarnant un inaltérable symbole d'élégance et de cohérence.

Joseph Losey

Joseph Losey

Ce sont les circonstances qui ont fait de Joseph Losey le plus anglais des cinéastes américains. Issu d'une famille conservatrice du Wisconsin, il se frotte au théâtre, sympathise avec Bertolt Brecht et Calder, se politise, Marx, Trotski, le Parti Communiste américain. C'est ce terreau idéologique, en pleine chasse aux sorcières, qui va couper net l'élan prometteur de sa carrière de cinéaste (Le Garçon aux cheveux verts, M., Le Rôdeur...) et le contraindre à l'exil européen en 1951. Citoyen britannique, il enchaîne productions mineures sous pseudonyme, œuvres engagées (Pour l'exemple) et films noirs (Temps sans pitié, Les Criminels). Sa collaboration avec Harold Pinter, entamée en 1963 (The Servant, analyse au scalpel des rapports de classe) le place sur la carte des grands auteurs européens, invité régulier des festivals – il remporte la Palme d'Or en 1971 avec Le Messager. Deux ans plus tard, Monsieur Klein marque l'apogée d'une carrière qui l'aura vu évoluer, au gré d'une filmographie riche de 35 films inclassables, entre naturalisme et lyrisme, sophistication et abstraction, drames, thrillers et opéras.

Alain Guiraudie

Alain Guiraudie

En sa présence

À l'occasion de la sortie en salles de son nouveau film Viens je t'emmène

Entre le récit picaresque et le conte philosophique, les films d'Alain Guiraudie, à la fois drôles et inquiétants, mettent en scène des personnages en quête de sens, à la recherche de leurs désirs. Du premier court métrage, Les Héros sont immortels, au puissant Rester vertical, le cinéaste sillonne son Sud-Ouest natal, théâtre idéal d'une utopie politique ou sexuelle, pour parler des ouvriers (Ce vieux rêve qui bouge), des prolétaires (Du soleil pour les gueux), des jeunes désœuvrés (Pas de repos pour les braves) ou des dragues homosexuelles (L'Inconnu du lac). Une contrée solitaire peuplée de bergers, de nymphes et de satyres. Entre rêve et mythologie, hédonisme et liberté.

Jacques Rivette

Jacques Rivette

Cinéaste le plus secret de la Nouvelle Vague, Jacques Rivette fait partie de la bande des jeunes turcs qui révolutionnent le cinéma français avec Truffaut, Godard et Chabrol. Comme eux critique aux Cahiers du cinéma, il est le premier à passer à la réalisation, avec son court métrage Le Coup du berger en 1956. Son premier long, Paris nous appartient, sorti en 1961, pose les jalons de toute son œuvre à venir : le goût du complot, la jeunesse et le sentiment d'inquiétude, la question de la représentation, et une fascination pour le trompe-l'œil et la pensée magique. Expérimentale (Out 1, noli me tangere) ou dépouillée (Suzanne Simonin, la Religieuse de Diderot), au psychédélisme pop (Céline et Julie vont en bateau), d'inspiration balzacienne (La Belle Noiseuse, Ne touchez pas la hache) ou avec Paris en toile de fond (Le Pont du Nord, Haut bas fragile), l'œuvre de Rivette, souvent marginale dans le cinéma français, garde encore tous ses mystères et tous ses charmes.

Friedrich Wilhelm Murnau

Friedrich Wilhelm Murnau

Passionné de théâtre et de poésie, Friedrich Wilhelm Murnau monte sur les planches et s'initie à la mise en scène sous la direction de Max Reinhardt. Mais ce n'est qu'après la guerre de 14-18, à laquelle il survit miraculeusement (enrôlé par l'armée allemande comme pilote d'avion, il réchappe de huit crashs) qu'il s'intéresse au cinéma, dont il deviendra vite l'une des figures majeures. Ses premiers films, romanesques et fantastiques, marquent les esprits au point de donner naissance à l'un des principaux courants esthétiques du début du XXe siècle, l'expressionnisme allemand. L'éblouissant triptyque Nosferatu le vampire, Le Dernier des hommes et Faust, une légende allemande impressionne Hollywood, et plus particulièrement William Fox, qui l'invite aux États-Unis et lui donne carte blanche. Ce sera L'Aurore, l'un des plus beaux films de l'histoire, manière d'absolu artistique dont Chaplin dira qu'il « a porté le cinéma muet à un niveau de perfection suprême. » Roi du clair-obscur, génie de la caméra, Murnau tournera encore trois films américains, dont City Girl, autre chef-d'œuvre. Mais la fatalité, qu'il aura si bien filmée, rattrapera le cinéaste, qui mourra à quarante-deux ans d'un accident de voiture, une semaine avant la première de Tabou, déchirant poème posthume.

Ciné-concerts

En partenariat avec la Friedrich-Wilhelm-Murnau-Stiftung

Avec le soutien de la SACEM, Partenaire des ciné-concerts

Daniel Schmid

Daniel Schmid

Figure essentielle de la modernité européenne, Daniel Schmid, quoique né en Suisse, est un des auteurs les plus importants du mouvement que l'on a désigné comme le jeune cinéma allemand. Son cinéma, extrêmement contrasté et inattendu, choisit délibérément la distanciation et l'artificialité théâtrale, pour produire un discours politique lucide et implacable. Il travaille les conventions, tout à la fois kitsch et funèbres, d'un mélodrame à l'artificialité avouée afin d'interroger cruellement la division de la société en classes (Cette nuit ou jamais) ou la domination de la marchandise (L'Ombre des anges). Son goût pour une forme de baroque décadent va s'affirmer tout autant dans des films de fiction (La Paloma) que dans de splendides documentaires aux thèmes singuliers (Le Baiser de Tosca, Visages écrits).

En partenariat avec la Cinémathèque suisse

Marco Ferreri

Marco Ferreri

Après des études de vétérinaire, Marco Ferreri tourne quelques spots publicitaires pour des spiritueux, crée une revue filmée avec Riccardo Ghione, Documento mensile, puis devient producteur. En 1956, installé en Espagne, il réalise ses trois premiers films, L'Appartement, Los Chicos et La Petite Voiture, petits joyaux d'humour noir qui lui valent ses premiers démêlés avec la censure. De retour en Italie, Ferreri persiste et signe avec Le Lit conjugal et Le Mari de la femme à barbe, films aux sujets scabreux, qui le posent très vite comme un cinéaste provocateur. En 1969, Dillinger est mort marque son entrée dans la phase la plus passionnante de sa carrière. Portraits d'hommes en rupture ou fables corrosives sur la société de consommation (La Grande Bouffe, La Dernière femme ou Rêve de singe), son œuvre reste celle d'un observateur lucide, poète et dérangeant, en guerre contre les grandes impostures idéologiques de son époque.

Capricci présente Marco Ferreri, le cinéma ne sert à rien de Gabriela Trujillo

En partenariat avec l'Institut culturel italien

Hugo Santiago

Hugo Santiago

Argentin de Paris – ville où il s’installe très jeune à la fin des années 1950 –, c’est pourtant à Buenos Aires qu’Hugo Santiago (1939-2018) réalise son premier film, Invasión, scénarisé avec un tandem de grands écrivains, Jorge Luis Borges et Adolfo Bioy Casares. Il y invente une forme de fantastique urbain un peu lancinant, une esthétique du secret et de la conspiration qui imprègne toute son œuvre de fiction (Les Autres, Écoute voir, Les Trottoirs de Saturne), principalement tournée en France, à côté de documentaires pour la télévision. Cinéaste rare et désormais culte, Hugo Santiago marie, dans ses films, une rigueur de la mise en scène apprise chez Robert Bresson (dont il a été l’assistant) à l’imaginaire littéraire du Sud de l’Amérique du Sud.

En collaboration avec l'Ina

Festival de Gérardmer 2022

Festival de Gérardmer 2022

Reprise de la sélection des films en compétition au 29e Festival du film fantastique de Gérardmer. Un rendez-vous pour retrouver les mythes, obsessions et codes du fantastique et de l'épouvante cinématographiques contemporains. Une plongée dans l'imaginaire le plus débridé et le plus terrifiant du moment.

En partenariat avec le Public Système Cinéma


Cinéma - Printemps 2022

Romy Schneider

Romy Schneider

Fille de comédiens, née à Vienne en 1938, elle débute adolescente dans des Heimatfilms. Ses années de jeunesse la voient évoluer en costumes, avec la saga des Sissi, immense succès qui lui ouvre, en plus de ses amours avec Alain Delon, les portes de l'Europe. Sa carrière est jalonnée de rencontres marquantes, de Visconti à Preminger, de Welles à Zulawski et Risi. Un rendez-vous manqué avec Clouzot dans L'Enfer en 1964 précède quelques années mineures, avant une vraie renaissance : en 1969, elle est lumineuse dans La Piscine de Jacques Deray. Dans les seventies, elle est le visage de la femme française et tourne avec les piliers de l'époque, Sautet, beaucoup, Granier-Deferre, Tavernier, Chabrol, Costa-Gavras... jusqu'à La Passante du Sans-Souci, son dernier film, en 1982. Une comédienne passionnée investie dans ses rôles jusqu'à l'absolu. Une femme devenue une icône, à l'histoire pas si simple, et dont la vie a trop souvent fait oublier le talent éclatant.

Avec le soutien de CHANEL, Grand mécène de la Cinémathèque française

Festival Toute la mémoire du monde

Festival Toute la mémoire du monde

10e édition du Festival international du film restauré

Carole Bouquet, Marraine du Festival
Béla Tarr, Invité d'honneur

Le Festival Toute la mémoire du monde fait son grand comeback en 2021. L'ombre bienveillante et gourmande de Bertrand Tavernier, invité de notre édition avortée de l'hiver dernier, planera sur cette semaine de cinéma à profusion. Marraine du Festival, Carole Bouquet présentera quelques-uns des chefs-d'œuvre qui ont émaillé sa carrière et dispensera une leçon de cinéma très attendue. Et Béla Tarr, invité d'honneur, proposera quelques-unes des dernières restaurations de son œuvre, ainsi qu'une carte blanche.

À la Cinémathèque française et dans les salles partenaires de la manifestation : Filmothèque du Quartier latin, Reflet Médicis et Fondation Jérôme Seydoux-Pathé.

Avec le soutien de CHANEL, Grand mécène de la Cinémathèque française
Avec le soutien de Gaumont et Warner Bros., Amies de la Cinémathèque française et de la SACEM, partenaire des ciné-concerts

Budd Boetticher

Budd Boetticher

Il est surtout célèbre pour la série de westerns qu'il réalise entre 1956 et 1960 avec Randolph Scott. Le genre y est soumis à un traitement tout particulier, dérivant progressivement vers une abstraite sécheresse. Les cavaliers de l'Ouest, gagnés par une minéralisation implacable, y deviennent d'obscurs idéogrammes absorbés par la poussière aride du désert. Boetticher annonçait l'entrée du genre dans son âge moderne. Mais le cinéaste est également l'auteur de films noirs remarquables (Escape in the Fog, Behind Locked Doors et surtout The Killer is Loose) et d'un modèle, âpre et violent, de biographie de gangster (La Chute d'un caïd).

Avec le soutien de Warner Bros. Amie de la Cinémathèque française

Damiano Damiani

Damiano Damiani

Formé aux Beaux-Arts de Milan, Damiano Damiani débute à Cinecittà comme décorateur, réalisateur de courts documentaires, puis scénariste pour Fernando Cerchio et Viktor Tourjansky. Avec Jeux précoces, premier long métrage de fiction, il entame une filmographie riche et variée, qui oscille, de 1959 à 2002, entre film de genre et cinéma politique, avec une prédilection pour l'introspection psychologique. D'un univers intime teinté d'érotisme suave – L'Île des amours interdites, d'après Morante, ou l'adaptation de L'Ennui de Moravia –, il passe habilement du « western Zapata » (El Chuncho) aux polars sociaux interprétés par Franco Nero et Claudia Cardinale (La Mafia fait la loi) ou par Ornella Muti (Seule contre la mafia). Après une suite réussie de la franchise Amityville produite par De Laurentis, il reçoit une mention à l'Ours d'argent au festival de Berlin, avec Pizza Connection. Une forme de consécration pour ce spécialiste d'un cinéma populaire et citoyen, voué à dénoncer les arcanes de la politique italienne.

En partenariat avec l'Institut culturel italien

Centenaire Jonas Mekas

Centenaire Jonas Mekas

Né en Lituanie, chassé de son pays par les troupes soviétiques, Jonas Mekas est interné plusieurs années, avec son frère Adolfas, dans un camp de travail de l'Allemagne nazie, puis dans des camps de réfugiés au sortir de la guerre, avant de pouvoir rejoindre les États-Unis en 1949. Plongé dans la jungle new-yorkaise, il s'achète une caméra Bolex, qui ne le quittera plus, et commence à tenir un journal filmé. Des instants de vie, la solitude des exilés ou l'effervescence de la contre-culture des années 60, autant d'archives de l'intime, où se croisent Allen Ginsberg, Andy Warhol et le Velvet Underground. Walden, Reminiscences of a Journey to Lithuania, Lost Lost Lost... Des films qui révolutionnent le monde cinématographique et participent à l'épanouissement du cinéma underground, érigé en parallèle à l'industrie hollywoodienne. Poète et « filmeur », Mekas est aussi journaliste, critique, programmateur et conservateur. Porte-voix d'un cinéma alternatif et expérimental, l'un des grands cinéastes qu'a connu l'Amérique, mort à 96 ans, et dont nous célébrons le centenaire en 2022.

En partenariat avec l'Ambassade de Lituanie

Richard Lester

Richard Lester

Enfant prodige, né à Philadelphie en 1932, Richard Lester entre à l'université à quinze ans et débute à la télévision à dix-huit. Installé à Londres à la fin des années 50, il se fait connaître en devenant le réalisateur des Goons, une troupe de comédiens burlesques emmenée par Peter Sellers et Spike Milligan. En 1964, les Beatles le choisissent pour réaliser Quatre garçons dans le vent, succès détonnant suivi de la comédie Le Knack... et comment l'avoir, Palme d'or cannoise 1965, propulsant le cinéaste sur le devant de la scène du Swinging London. Sens du cadre et du rythme, goût prononcé pour le nonsense et la dérision : Lester multiplie les trouvailles visuelles, aussi bien dans une parodie de péplum (Le Forum en folie) que dans un film de cape et d'épée (Les Trois Mousquetaires) ou qu'aux commandes de grosses productions comme Superman II et III, qu'il traite sur le mode de la bande dessinée. Entre loufoqueries, comédies musicales, romances et aventures, une œuvre hétéroclite et trépidante, populaire et décalée.

Shohei Imamura

Shohei Imamura

Un des grands noms de la nouvelle vague du cinéma japonais. Shohei Imamura est passé, en quarante ans, et sans jamais accepter le moindre compromis, du statut d'enfant terrible du cinéma japonais moderne à celui d'auteur international incontournable dont les films étaient régulièrement invités dans les grands festivals. Ne fait-il pas partie du club des rares cinéastes à la double Palme d'or (La Balade de Narayama, L'Anguille) ? Son œuvre s'est attaquée très vite, avec des titres comme Le Pornographe, Désir volé, La Femme-insecte ou Cochons et Cuirassés à la manière dont les pulsions individuelles, essentiellement sexuelles, participent du dérèglement d'une société pourtant construite sur le rétention et les traditions. Cette exploration naturaliste, au sens quasi-scientifique du terme, témoigne d'une radicalité politique particulièrement lucide.

Souleymane Cissé

Souleymane Cissé

En sa présence

Conteur talentueux, le Malien Souleymane Cissé se fait le porte-voix lucide des particularités africaines, mises en perspectives avec l'Occident. La douleur d'un passé violent, un présent en mutation difficile, l'apartheid, la polygamie, le monde ouvrier, les étudiants et l'armée, les femmes abusées et muselées (La Jeune fille, censuré durant trois ans) sont autant de sujets qu'il aborde sous un angle social et militant. Sa réflexion métaphysique sur l'humain et sa destinée – le parcours initiatique de Yeelen, qui lui vaut un prix à Cannes et une renommée internationale –, et la beauté plastique éblouissante de ses films sont les pigments d'un tableau lumineux, d'une Afrique vibrante, et vivante.

Georges Franju

Georges Franju

Cinéphile passionné et co-fondateur de la Cinémathèque française avec Henri Langlois, Georges Franju devient cinéaste à près de 40 ans. Un cinéaste visionnaire et inclassable. Courts métrages documentaires (Le Sang des bêtes, Les Poussières), adaptations littéraires (La Tête contre les murs, Thérèse Desqueyroux), fictions horrifiques et oniriques (Les Yeux sans visage, Judex, La Première Nuit), une œuvre entière à débusquer l’insolite dans le réel, à transfigurer le décor de la vie quotidienne en univers fantastique, à réveiller le monstre en chacun de nous. Un monde entre réalité, rêve et cauchemar, d’une effroyable poésie.

Jean-Pierre Limosin

Jean-Pierre Limosin

Jean-Pierre Limosin découvre tout Murnau et tout Mizoguchi en 1976, essaye d'apprendre le japonais en 1978 et devient chroniqueur photo pour Les Cahiers du cinéma au début des années 80. Avec son ami Alain Bergala, il réalise Faux-fuyants, puis, seul, Gardiens de la nuit, écrit avec Pascale Ferran. Deux premiers films estimés, avant l'échec commercial de L'Autre Nuit (qui réunit Julie Delpy et le champion de judo Thierry Rey). S'ensuit une traversée du désert qui le mène par chance vers le documentaire, avec deux épisodes de la série Cinéma, de notre temps consacrés à Alain Cavalier et à Abbas Kiarostami. Suivront les portraits de Takeshi Kitano, des frères Dardenne et de Kiyoshi Kurosawa. Tokyo Eyes marque le retour à la fiction en 1998. Tournée au Japon, cette comédie policière éclatante et hors norme permet à Limosin de retrouver son thème de prédilection, la révolte d'une jeunesse face à une réalité trop insupportable. En 2002, le voluptueux Novo, dernière fiction tout aussi singulière, raconte les plaisirs de l'amnésie, avec ce goût, toujours, pour les coups du sort et les dérives de l'imagination.

Patricia Mazuy

Patricia Mazuy

En sa présence

Cinéaste rare et exigeante, Patricia Mazuy a su imposer la force d'un style unique et virtuose. Sous l'égide d'Agnès Varda, qu'elle rencontre aux États-Unis, elle réalise ses premiers courts métrages avant de devenir, en 1985, sa monteuse pour Sans toit, ni loi. Depuis Peaux de vaches, un passage au long métrage remarqué en 1989, ses films fourmillent d'idées, d'espaces arides où de farouches héroïnes parcourent des lieux hors norme. Du grand au petit écran (Travolta et moi), de la fiction au documentaire, la passion équestre (Saint-Cyr, Sport de filles) et le rapport à la nature (Des taureaux et des vaches) demeurent les fils rouges d'un cinéma qui aime interroger les tortueux desseins de l'humain.

Pascal Thomas

Pascal Thomas

En sa présence

Ancien journaliste, Pascal Thomas débute dans le cinéma avec l'envie de capter joyeusement l'esprit du temps. Ses comédies, souvent ancrées dans la douceur d'une maison de campagne, dressent le portrait tendre d'une galerie de personnages habitant la province française. Avec ses chroniques malicieuses de la vie adolescente (Les Zozos, 1972 ; Pleure pas la bouche pleine, 1973), ses marivaudages et œuvres chorales teintées de mélancolie (La Dilettante, 1999 ; Les Maris, les femmes, les amants, 1989 ; Mercredi, folle journée !, 2001) ou encore ses adaptations à succès des romans d'Agatha Christie, Pascal Thomas atteint l'objectif qu'il s'est fixé, celui de « montrer que les gens heureux ont une histoire et que le bonheur se raconte ».


Cinéma - Eté 2022

André S. Labarthe

André S. Labarthe

Les retrouvailles de Jean Renoir et Michel Simon, un dialogue entre Fritz Lang et Jean-Luc Godard, Scorsese mangeant des pâtes chez ses parents… Des générations de cinéphiles ont grandi devant la série télé « Cinéastes de notre temps ». Cette collection de portraits, d’une richesse infinie, le critique André S. Labarthe l’imagine en 1964 avec Janine Bazin. Dans l’esprit des grands entretiens des Cahiers du cinéma, il réalise une quarantaine de numéros (John Ford, John Cassavetes, Nanni Moretti…) et fait appel à d’autres réalisateurs, donnant lieu à de belles rencontres : Jean Vigo par Jacques Rozier, Carl T. Dreyer par Éric Rohmer ou Hou Hsiao-hsien par Olivier Assayas. Une véritable histoire vivante du cinéma, éclairée, désinvolte et généreuse, à l’image du grand Labarthe.

En partenariat avec l'Ina

Reprise de la semaine de la critique

Reprise de la semaine de la critique

Depuis sa création en 1962, la Semaine de la critique, section parallèle du Festival de Cannes, se consacre à la découverte des jeunes talents de la création cinématographique, en mettant à l'honneur leurs premiers et deuxièmes longs métrages. Jacques Audiard, Arnaud Desplechin, Alejandro González Iñárritu, Ken Loach, Wong Kar-wai ou plus récemment César Augusto Acevedo, David R. Mitchell, Jeff Nichols, Valérie Donzelli, Rebecca Zlotowski ou Justine Triet ont été révélés par la Semaine de la critique. En 2021, à nouveau, les comités de sélection composés de critiques adhérents du Syndicat français de la critique de cinéma feront découvrir au grand public et aux professionnels les univers singuliers de jeunes auteurs internationaux. Autant d'œuvres à découvrir à la Cinémathèque française lors de la reprise de la sélection, après la clôture du Festival.

Gillo Pontecorvo

Gillo Pontecorvo

À la fois saluée et controversée, l'œuvre de Gillo Pontecorvo s'est attachée à rendre compte d'un monde dominé par les crises sociales et l'omniprésence des conflits. Ancien résistant ayant fui le fascisme dès sa jeunesse, le cinéaste n'a jamais cessé de mettre en scène des épisodes historiques – la Seconde Guerre mondiale (Kapo), la colonisation (Queimada) – pour les observer dans une troublante quête de réalisme. De son premier long métrage, Un dénommé Squarcio, où il suit Yves Montand dans la peau d'un pêcheur en proie à la précarité, à Opération Ogre, un dernier film narrant la fin du franquisme, ses réalisations auront été marquées par un engagement indéfectible. Récompensé par un Lion d'or à la Mostra de Venise – manifestation qu'il dirigera de 1992 à 1996 – pour La Bataille d'Alger en 1966, Pontecorvo est un documentariste exigeant, un militant passionné, à la poursuite de la vérité.

En partenariat avec l'Institut culturel italien

Stanley Donen

Stanley Donen

Lorsque Stanley Donen découvre Fred Astaire dans Carioca en 1933, le coup de foudre est tel qu'il se lance à corps perdu dans l'apprentissage de la danse. Dès ses débuts à Broadway, sa rencontre avec son complice Gene Kelly l'entraîne à Hollywood où il devient chorégraphe et réalise un premier film, Un jour à New York, au succès immédiat. Grand perfectionniste, le cinéaste enchaîne bientôt les réussites en faisant sortir la comédie musicale des studios pour l'amener dans la rue. Entre Mariage royal – où il dirige son idole Fred Astaire – et Chantons sous la pluie, son chef-d'œuvre, il crée un cinéma innovant, malicieux et fantaisiste. Si la danse se fait plus discrète à la fin de sa carrière, au profit de longs métrages mélancoliques sur le couple comme Charade ou Voyage à deux, elle reste la marque de fabrique intemporelle d'un auteur voulant susciter le rêve et l'enthousiasme à chaque plan.

Germaine Dulac

Germaine Dulac

Figure des milieux féministes et anti-cléricaux parisiens du début du vingtième siècle, Germaine Dulac se lance dans la réalisation en 1915, tout en assurant son indépendance avec le lancement de sa propre maison de production. Les Sœurs ennemies impressionne et signe une fracassante entrée en cinéma, envisagée comme une quête perpétuelle du « cinéma pur ». Aux frontières de l'expérimental, jouant du flou, des surimpressions, des ralentis et des accélérés, ses films impressionnistes sont loués par les cercles surréalistes et d'avant-garde. En 1927, elle adapte un scénario d'Antonin Artaud, La Coquille et le Clergyman, rejeté à la fois par son auteur et par le public. L'échec, cinglant, la marginalise et elle finira sa carrière en tournant des actualités et des documentaires.

Avec le soutien de Gaumont, Amie de la Cinémathèque française et Pathé

En partenariat avec Lightcone

British Noirs

British Noirs

Plongée dans le Film noir britannique, si loin, si proche, de son cousin américain dont on a longtemps pensé, à tort, qu'il était le seul dépositaire du genre. Échafaudés sur des canevas sensiblement identiques, les variants anglais distillent le même poison funeste qu'outre-Atlantique – spleen urbain, trahisons et fatalité implacable – tout en se démarquant des canons du genre. Brut, teinté d'une veine documentaire et sociale, le « British Noir » est brutal, politique et amoral. S'épargnant souvent tout prêche moralisateur comme pouvait régulièrement l'exiger la machine hollywoodienne, Basil Dearden, Val Guest ou Peter Yates côtoient des exilés tel Joseph Losey, qui viennent ajouter une amertume particulière. On retrouvera aussi bien des classiques comme Il pleut toujours le dimanche de Robert Hamer, Get Carter de Mike Hodges ou Frenzy d'Alfred Hitchcock, que des perles moins connues comme Noose d'Edmond T. Gréville ou La Cible hurlante de Douglas Hickox.

Larry Cohen

Larry Cohen

Larry Cohen n’est pas que le père des Envahisseurs pour la télévision : c’est de son esprit génialement barré que naissent sur grand écran des créatures hallucinantes (l’atroce bébé mutant dans Le Monstre est vivant, ou le yaourt tueur dans The Stuff). C’est aussi lui qui écrit et produit la série des Maniac Cop de William Lustig, ou scénarise le Phone Game de Joel Schumacher. À la croisée des genres entre horreur, film catastrophe, science-fiction et polar fantastique, il réalise des films satiriques et inventifs (Ma belle-mère est une sorcière, L’Ambulance). Et si son refus du compromis le contraint à jongler avec de maigres budgets, son travail d’artisan acharné a profondément marqué l’inconscient collectif, et influence encore toute la pop culture audiovisuelle américaine.

Avec le soutien de Warner Bros. Amie de la Cinémathèque française

Et toujours

Et toujours

HENRI (notre plateforme vod, avec des films rares de la Cinémathèque française à voir en ligne)
Séances Jeune Public (films, ateliers, stages, visites...)
Parlons cinéma avec... 
(une personnalité programme quelques séances pour parler des films de sa vie)
Aujourd'hui le cinéma 
(la jeune création cinématographique contemporaine)
Fenêtre sur les collections de la Cinémathèque française
Cinéma Bis 
(programmes de films de série B ou Z)
Cinéma d'Avant-garde
Conférences du Conservatoire des techniques cinématographiques
 (l'histoire technique du cinéma)
Séminaire Archi Vives (cycle de conférences illustrées suivies d'une projection de film)


 

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