En utilisant ce site, vous acceptez que les cookies soient utilisés à des fins d'analyse et de pertinence     Oui, j'accepte  Non, je souhaite en savoir plus

Photographie de tournage « Le Pont du nord » (Jacques Rivette, 1980)

3 février 2016

Invitée par Pierre Clémenti à passer quelques jours sur le tournage du Pont du nord, la photographe Catherine Faux suit l’équipe du film pendant les répétitions et les prises de vues. Sur cette photo, elle saisit Jacques Rivette et Jean-François Stévenin lors de la préparation d’une des dernières séquences du film.

« Octobre ou novembre 1980, il y a longtemps déjà ». Ainsi s’ouvre Le Pont du nord, dixième long métrage de Rivette, dont le précédent, Merry-Go-Round, remonte à 1977. Le cinéaste retrouve la capitale – après Paris nous appartient en 1958 puis Out 1 en 1971 – et Bulle Ogier – actrice fétiche interprète de sept de ses films. Dans le rôle de Marie, ex-terroriste tout juste libérée de prison, elle croise le chemin de Baptiste, jouée par sa fille Pascale Ogier. Rivette filme les déambulations du duo dans un Paris en chantier, guidées par une carte de la ville en forme de jeu de l’oie. Le scénario fantastique est imaginé avec les comédiennes au fil du tournage et écrit par Suzanne Schiffmann et Jérôme Prieur. Jean-François Stévenin – assistant réalisateur qui a fait ses débuts d’acteur devant la caméra de Rivette dans Out 1 et également présent au casting de Merry-Go-Round – y interprète un Max (le premier Max), aux côtés de Benjamin Baltimore (le Max au couteau) et Steve Baës (le Max au manteau), étranges personnages liés à un complot. Au cours de cette scène tournée près du quai de l’Oise dans le 19ᵉ arrondissement de Paris, il annonce à Baptiste que Marie est condamnée à mort par son ancien amant - interprété par Pierre Clémenti - avant de lui donner une leçon de karaté improvisée qui clôt le film.

Les prises de vues ont lieu intégralement en extérieur. Le récit s’accommodant d’un budget minime, la claustrophobie de Marie justifie l’absence de scènes d’intérieur faisant ainsi l’économie de la location de décors et d’éclairages. Le Pont du Nord a été réalisé grâce au financement d’une commande de l’association Paris Audiovisuel, dirigée par Henri Chapier, passée auprès de plusieurs cinéastes pour une série de courts métrages sur la capitale, à l’occasion de l’Année du Patrimoine. La Ville décide finalement de ne pas joindre l’épisode de Rivette à ce « Paris vu par… » des années quatre-vingt. Son Paris s’en va (1980), sorte de version courte et alternative du Pont du nord, montrait trop de terrains vagues, de grues et d’excavatrices…

Sorti en 1982, Le Pont du nord reste un témoignage de plus de deux heures sur la capitale à la fin du septennat de Valéry Giscard d’Estaing et pour Serge Daney, « le premier film des années 80 ».


  • Type d'objet : Photographie de tournage
  • Support : Tirage argentique noir et blanc
  • Auteur : Catherine Faux
  • Année : 1980
  • Pays : France
  • Format : 24 x 30 cm
  • Crédits : Catherine Faux