En utilisant ce site, vous acceptez que les cookies soient utilisés à des fins d'analyse et de pertinence     Oui, j'accepte  Non, je souhaite en savoir plus

La revue « Filmafric »

Sophie Hebert - 28 septembre 2017

Filmafric est une revue mensuelle basée à Alger destinée aux exploitants d’Afrique du Nord. Fondée en septembre 1936 par le journaliste et réalisateur d’actualités cinématographiques Paul Saffar, elle prend la suite de la revue Cinédafric, dont il fut le gérant.

Si elle n’est pas aussi richement illustrée que les revues s’adressant au grand public, telles que Cinémonde ou Pour Vous, les encarts promotionnels, souvent luxueux, ainsi que les couvertures variées et inventives enrichissent cette publication professionnelle un peu austère. Elle fournit toutes les informations nécessaires aux exploitants d’Algérie mais aussi du Maroc et de Tunisie, et principalement tout ce qu’il faut savoir sur les nouveaux films. Les tournages ou les visites de personnalités en Algérie sont largement commentés.

Dès l’été 1940, l’Algérie française étant soumise aux mêmes lois que la métropole, Paul Saffar, juif, n’est plus autorisé à diriger sa revue et doit la céder à Roger de Bos-Klingelschmitt. C’est une vente arrangée et durant cette brève période Paul Saffar continue de diriger Filmafric clandestinement et signe ses articles du pseudonyme de Fernay. Dès le débarquement allié en Afrique du Nord, son nom réapparaît ainsi que l’actualité cinématographique américaine et anglaise. Le contraste est très fort avec les autres publications françaises encore soumises à la censure allemande et à celle de Vichy.

Le début des années 1950 est marqué par la naissance d’un cinéma en langue arabe, notamment égyptien, dont Filmafric se fait peu à peu l’écho. La revue accueille de nouvelles sociétés « autochtones ».

À partir de 1954 et jusqu’au dernier numéro daté de novembre 1963, la revue adopte un ton plutôt modéré et affiche une sérénité assez surprenante vis-à-vis des « évènements » qui bouleversent toute la société coloniale. Les nombreux avis de fermeture, de cession et de vente de salle, à la suite des départs définitifs vers la France, laissent cependant entrevoir la réalité.
Une page est déjà tournée.

C’est grâce au don de Julie Saffar, fille de Paul Saffar, que nous avons pu numériser Filmafric.


Sophie Hebert est chargée de la collection des périodiques à la Cinémathèque française.