Pour une histoire esthétique et technique du zoom
Conférence de Pascal Martin
À l'occasion de l'entrée dans les collections de la Cinémathèque du premier zoom fabriqué en 1932 par Bell & Howell à Chicago, retour en une conférence sur l'histoire de cette invention optique qui a modifié les pratiques et l'esthétique du cinéma. Depuis le premier brevet obtenu en janvier 1949 par l'ingénieur français Roger Cuvillier, employé de l'entreprise d'optique Som Berthiot, pour un objectif à focale variable qui sera commercialisé sous le nom de Pan Cinor, jusqu'au zoom 38,5-154 mm proposé par Som Berthiot pour le cinéma professionnel, au zoom 35-140 mm Angénieux utilisé par Maurice Fellous sur le tournage des Tontons flingueurs (Georges Lautner, 1963) et qui inaugure une longue et fructueuse série. Dans Vertigo (Alfred Hitchcock, 1958), tourné en VistaVision, un travelling avant contrarié d'un zoom arrière produit une image inédite, perturbante, de déséquilibre. En hommage, l'effet est repris par Truffaut dans Jules et Jim (1962), mais cette fois, le zoom a été équipé de lentilles Scope. Le zoom a parfois été trop ou mal utilisé : on a fini par le décrier, comme Godard qui le qualifiait d'« ennemi public n° 1 du cinéma ». Qu'en est-il aujourd'hui ?
Pascal Martin est professeur des Universités, à l’École Nationale Supérieure Louis-Lumière. Il enseigne l’optique appliquée dans les spécialités photographie et cinéma depuis 1984, et assure la responsabilité du laboratoire d’optique appliquée. Parallèlement, il est intervenant dans le département Image de la FEMIS, depuis 2005. Il a collaboré à plusieurs revues professionnelles et a été désigné plusieurs fois expert auprès des tribunaux. Ses travaux de recherche sur le flou et la profondeur ont permis de trouver des outils pratiques et théoriques, afin de renforcer la connexité des champs techniques, esthétiques et sémantiques de l’image. Il a également participé à des projets de recherche public-privé, comme Action 3Ds autour notamment du cinéma en relief.