Entamée sous la férule du fils de Mussolini, la carrière de Rossellini se libère du carcan fasciste en 1945 avec Rome, ville ouverte, une révolution esthétique, nouvelle manière, inédite, de faire du cinéma, de le penser et de penser le monde. Un bouleversement si radical qu'on ne saurait le réduire à la simple étiquette, trop étriquée, de néoréaliste.
Sa rencontre avec Ingrid Bergman marque l'une des collaborations artistiques les plus fécondes de l'histoire. Cinq chefs-d'œuvre (dont Stromboli, Europe 51, Voyage en Italie), puis la séparation. Rossellini se fait alors voyageur (India), et finit sa carrière à la télévision, qu'il envisage en sage, comme un médium universel et didactique.


Bernard Benoliel est directeur de l'action culturelle et éducative à la Cinémathèque française.