« Easy Rider » et les routes paradoxales du Nouvel Hollywood
Conférence de Jean-Baptiste Thoret

31 octobre 2008

Réalisé en 1969, coup d'envoi d'un âge d'or du cinéma américain baptisé le Nouvel Hollywood, Easy Rider invente l'une des formes reines de la décennie à venir (le road movie), impose une représentation du hippie et de ses aspirations, et s'achève par une réplique énigmatique de Peter Fonda improvisée sur le tournage : « We blew it! » (« On a tout foutu en l'air ! »). Au cinéma, la révolution contre culturelle débute à peine mais l'un de ses initiateurs prophétise déjà son échec. Il s'agit donc de s'interroger sur les possibilités de cette mort annoncée (genèse, triomphe et postérité d'Easy Rider) et de comprendre comment, en dix années magnifiques, un acte de naissance s'est transformé en acte de décès.


Jean-Baptiste Thoret est réalisateur (We Blew It, Dario Argento, soupirs dans un corridor lointain) et historien du cinéma. Il est l'auteur d'une douzaine de livres parmi lesquels 26 secondes, l'Amérique éclaboussée (Rouge Profond, 2003), Le cinéma comme élégie : conversation avec Peter Bogdanovich (Carlotta, 2018) et Michael Mann : mirages du contemporain (Flammarion, 2021). Il a écrit avec Bernard Benoliel Road movie, USA (Hoëbeke, 2011).