The Truman Show

dimanche 5 janvier 2014, 19h00

Salle Henri Langlois

19h00 20h45 (103 min)

Peter Weir
États-Unis / 1996 / 103 min / 35mm / VOSTF

Avec Jim Carrey, Laura Linney, Noah Emmerich, Natascha McElhone.

Seahaven, petite ville américaine en bord de mer. Truman Burbank vit en vase clos une existence parfaite ou, plutôt, parfaitement réglée. Intrigué par quelques dysfonctionnements, il va peu à peu découvrir l'envers de son décor.

Restauration 4K à partir du négatif original, mastering réalisé par Paramount.


Réalisé il y a vingt-cinq ans, The Truman Show reste une critique efficace tout à la fois de l’american way of life de l’après-guerre, de l’aliénation télévisuelle, de la télésurveillance, de la télé-(ir)réalité, en même temps qu’une sorte de documentaire sur le tournage d’un film de studio à Hollywood, par exemple avec Jim Carrey. Sa pertinence intacte, le film la doit à son dispositif dont on sait, aujourd’hui encore plus, qu’il n’a pas grand-chose à voir avec la science-fiction : une vie filmée et programmée non-stop depuis la naissance et, idéalement, jusqu’à la mort du sujet ou du cobaye. Une vie volée, une existence engloutie dans un décor « de rêve », un libre-arbitre en forme de trompe-l’œil. Dès son scénario, écrit par Andrew Niccol (Bienvenue à Gattaca, 1997), sans doute le Truman Show s’est-il inspiré de lointains exemples : le Monsieur Hulot de Jacques Tati, la série du Prisonnier… Peut-être faut-il voir aussi dans le personnage principal un destin exactement opposé à celui de George Bailey (James Stewart) dans La vie est belle de Capra : là où un homme ordinaire parvenait à la conclusion de son utilité essentielle au sein d’une petite communauté, un autre en arrive à penser précisément l’inverse. Et si cette fois cela disjoncte aussi visiblement, on le doit à un corps récalcitrant, à un être heureusement instable : Jim Carrey. Le comédien est alors parvenu à un stade de sa carrière où n’importe lequel de ses films ressemble à un commentaire de son cas, lui qui supporte une célébrité mondiale, constamment épiée. Carrey et Burbank ont bien un seul et même désir, soit le contraire de l’obscénité télévisuelle quotidienne : faire l’expérience apaisante du hors champ.

Bernard Benoliel