Accattone

dimanche 17 novembre 2013, 16h30

Salle Henri Langlois

16h30 18h30 (120 min)

Pier Paolo Pasolini
Italie / 1961 / 120 min / 35mm / VOSTF

Avec Franco Citti, Franca Pasut, Silvana Corsini.

Un souteneur de la banlieue romaine perd son gagne-pain quand sa protégée est arrêtée. Il fait alors la connaissance de l'innocente Stella. Un instantané des fameuses borgate où voisinent maisonnettes, taudis et terrains vagues : Pasolini y a rencontré Sergio Citti, qui l'épaule aux dialogues, et son frère Franco, inoubliable Accattone, qui deviendra l'un de ses acteurs fétiches. Le premier film du cinéaste, réduit à l'os et pourtant traversé de lyrisme et d'une énergie folle.

Accattone, premier film de Pasolini, qu'il réalise à presque quarante ans, est le résultat de la lente maturation d'une expérience personnelle et d'une passion qui le tient depuis l'enfance, le cinéma. Fuyant le scandale, il s'est installé, démuni, dans la misérable banlieue de Rome, les « borgate », où il vit de 1950 à 1954. Pasolini s'immerge pleinement dans ces quartiers où voisinent maisonnettes, taudis et terrains vagues. Il y rencontre Sergio Citti, son « dictionnaire ambulant », qui l'initie à la langue des voyous romains et sera le dialoguiste du film, et dont le frère Franco, inoubliable Accattone, deviendra l'un des acteurs fétiches. Les « borgate » lui inspirent d'abord des articles, puis son roman Ragazzi di vita, censuré pour pornographie. Quant au cinéma, Pasolini s'y introduit pas à pas, de façon détournée, en écrivant des critiques et des scénarios (pour Bolognini notamment). Il signe également les commentaires de deux documentaires de Cecilia Mangini dont Ignoti alla città, inspiré de son propre livre. Avec son budget minimal, ses acteurs locaux, Accattone porte en lui l'énergie et l'urgence d'une œuvre arrachée à l'adversité, après le désistement brutal de Federico Fellini. Film réduit à l'os et pourtant traversé de lyrisme, il dresse le portrait d'un quartier, d'un voyou aussi irritant que sympathique, aussi pitoyable que lumineux.

Wafa Ghermani

Premier long métrage de PPP : nouveaux corps, nouvelle langue, nouveaux lieux. Essai d'une modernité archaïque. — Frédéric Bonnaud