Les Hommes le dimanche

vendredi 6 juillet 2012, 19h15

Salle Georges Franju

19h15 20h30 (74 min)

Ciné-concert avec accompagnement live de NLF3, création

Groupe instrumental formé en 2000 à Paris, NLF3 est le projet des frères Nicolas et Fabrice Laureau, accompagnés depuis 2006 par le batteur Jean-Michel Pirès. Le trio explore une musique cyclique, texturée, à mi-chemin entre bande originale et transgression rock psychédélique, empreinte d'électronique. Après deux albums remarqués, leur cinéconcert sur Que viva Mexico! (Sergueï Eisenstein) fait le tour du monde. De nombreuses tournées et créations suivent (Nuit Blanche de Pierrick Sorin, ciné-concert Der Golem...), accompagnées de sorties d'albums, dont le dernier en date Waves Of Black and White paraît en 2017. NLF3 dévoile un univers instrumental spacieux et épuré à l'instrumentarium ouvert : guitares électriques, claviers vintage, gongs, kalimbas électrifiés et effets électroniques y inventent pulsations et mélodies en apesanteur.


Les Hommes le dimanche Menschen am Sonntag
Robert Siodmak, Edgar G. Ulmer
Allemagne / 1929 / 74 min

Avec Brigitte Borchert, Christl Ehlers, Annie Schreyer.

La journée de congé de quelques Berlinois.

Œuvre de jeunesse de futurs talents d'Hollywood, Les Hommes le dimanche n'en est pas moins un film notable du cinéma réaliste allemand. Cette chronique, basée sur un reportage de Billy Wilder sur les dimanches à Berlin, est une peinture réaliste, sensible et féroce, de la vie de cinq jeunes citadins. Fiction imbriquée au documentaire, elle s'inscrit dans le mouvement artistique du « Neue Sachlichkeit » qui se caractérise par la représentation du réel dépouillé de tout artifice. Robert Siodmak aiguise son sens de l'observation et compose une mosaïque d'instantanés du quotidien que la photographie d'Eugen Schüfftan vient sublimer. La grâce et la finesse des scènes prises sur le vif – quiétude des parcs, sieste, rues désertes, linge qui sèche aux fenêtres – soulignent tout autant la rêverie, la sensualité, l'enchantement qu'offre le temps suspendu, que la vacuité sociale et urbaine, la pauvreté, le désenchantement et le pessimisme attenant. Le film préfigure le néoréalisme et la Nouvelle Vague par son intention de se distinguer du cinéma existant, et d'aborder la réalité dans ce qu'elle a de plus banal. Le budget est dérisoire, le film est tourné en décors naturels, interprété par des acteurs non professionnels d'après un scénario improvisé. Il sort sur les écrans en 1930, en plein essor du cinéma parlant, et bien qu'il aille délibérement à l'encontre des schémas commerciaux établis, son caractère novateur lui assure un certain succès critique en Allemagne et à l'étranger.

Samantha Leroy