Le Cercle rouge

mercredi 3 novembre 2010, 20h00

Salle Henri Langlois

20h00 22h30 (150 min)

Jean-Pierre Melville
France-Italie / 1970 / 150 min

Avec Alain Delon, Bourvil, Gian Maria Volonté, Yves Montand.

Un truand marseillais, un détenu en cavale et un ancien policier préparent le cambriolage de la bijouterie Mauboussin, place Vendôme. Ils sont surveillés par le commissaire Mattei, de la brigade criminelle.

« Il n’y a pas d’innocent, tous les hommes sont coupables ». La démonstration est sèche. Art consommé de l’ellipse, économie de mots et de gestes. Tout est précis, réglé, comme si la réalisation était toute entière tendue vers le hold-up et calquée sur son rythme. Parfois, Melville s’envole, la caméra tourne autour de Delon, danse, presque, avec lui. Puis on repart pour de longues séquences froides, au cordeau. Melville offre une magnifique scène en ombres chinoises sur les toits de la place Vendôme, sur fond de nuit bleutée, nous parle depuis une époque où les gangsters portaient chapeau et gants blancs, opéraient dans le calme. Une époque où un plan en plongée sur une table de billard tenait du génie. Delon, mutique et impassible, serre les poings dans les poches de son imper. Montand, amer, cynique et concentré, joue au petit chimiste dans sa cuisine. Bourvil donne à son personnage de commissaire une étoffe surprenante et pleine de mélancolie. Tous déploient un jeu minimaliste, efficace, et la sobriété leur va bien. Un polar à l’os, un chef-d’œuvre d’épure.