La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
« Il n'y a pas d'innocents, tous les hommes sont coupables. » La démonstration est sèche. Art consommé de l'ellipse, économie de mots et de gestes. Tout est précis, réglé, comme si la réalisation était toute entière tendue vers le hold-up et calquée sur son rythme. Parfois, Melville s'envole, la caméra tourne autour de Delon, danse, presque, avec lui. Puis on repart pour de longues séquences froides, au cordeau. Melville offre une magnifique scène en ombres chinoises sur les toits de la place Vendôme, sur fond de nuit bleutée, nous parle depuis une époque où les gangsters portaient chapeau et gants blancs, opéraient dans le calme. Une époque où un plan en plongée sur une table de billard tenait du génie. Delon, mutique et impassible, serre les poings dans les poches de son imper. Montand, amer, cynique et concentré, joue au petit chimiste dans sa cuisine. Bourvil donne à son personnage de commissaire une étoffe surprenante et pleine de mélancolie. Tous déploient un jeu minimaliste, efficace, et la sobriété leur va bien. Un polar à l'os, un chef-d'œuvre d'épure.