dimanche 27 septembre 2026, 15h00
Salle Georges Franju
15h00 17h30 (149 min)
Les alliées
Iris Barry, Maria Adriana Prolo, Kashiko Kawakita, Sophie El Goulli, Margot Benacerraf, ces personnalités aux parcours hors normes ont incarné une histoire souterraine des archives et cinémathèques et entretenu des liens étroits avec Henri Langlois. Critique de cinéma et conservatrice anglo-américaine, Iris Barry (1895-1969) émigre aux États-Unis en 1930 et devient conservatrice au Museum of Modern Art, ouvert en 1929. Elle fait un voyage en Europe durant l'été 1936 et noue des contacts déterminants, avec Langlois notamment. Historienne et collectionneuse, Maria Adriana Prolo (1908-1991) fonde le Musée national du cinéma de Turin en 1941. Elle rejoint la Fédération internationale des archives du film (FIAF) et, à l'instar d'Henri Langlois, est reconnue comme l'une des premières à avoir pensé à créer une cinémathèque, mais aussi un musée du cinéma. Kashiko Kawakita (1908- 1993) n'est pas productrice, réalisatrice, scénariste ou actrice. Elle est ambassadrice du cinéma. De l'Europe vers le Japon, puis du Japon vers l'Europe. Grâce à Lotte Eisner, madame Kawakita rencontre monsieur Langlois en 1953. Enseignante en histoire de l'art, critique, poétesse et romancière, Sophie El Goulli (1931-2015) crée avec l'aide de Langlois la Cinémathèque tunisienne en 1958, et la dirige pendant plusieurs années. Fondatrice en 1966 de la Cinémathèque nationale du Vénézuela, Margot Benacerraf (1926-2024) rencontre en 1953 Langlois, qui tiendra un rôle majeur dans sa vie et sa carrière.
Maurice Sigallas
France / 1953 / 12 min / DCP
60 min
En 1915, Mary Pickford tourne huit films, son salaire augmente considérablement, et elle prend peu à peu le contrôle de sa carrière. Elle travaille notamment avec James Kirkwood, qu'elle apprécie beaucoup, et avec son amie la scénariste Frances Marion. Avec Fanchon le criquet, ils lui offrent un rôle taillé sur mesure, et en même temps l'occasion de partager l'écran avec son frère Jack et sa sœur Lottie. L'œuvre de Mary Pickford conservée à la Cinémathèque française est un parfait exemple du libre échange des copies qui existait entre Iris Barry et Henri Langlois, parfois aidés de James Card.
Christophe Dupin est historien du cinéma, administrateur délégué de la Fédération internationale des archives du film (FIAF).
Émilie Cauquy est cheffe de projet de la plateforme HENRI, responsable de la valorisation de la collection film à la Cinémathèque française, inventrice de projections augmentées sous la forme de ciné-spectacles et programmatrice invitée pour le festival Il Cinema Ritrovato à Bologne.
Élise Girard est responsable de valorisation des collections films à la Cinémathèque française.
Marion Langlois est responsable de valorisation des collections non-films à la Cinémathèque française.
Amandine Dongois est médiathécaire à la Cinémathèque française.
Eila Hershon
France / 1968 / 5 min
James Kirkwood
États-Unis / 1915 / 72 min / DCP / INT. FR.
D'après le roman La Petite Fadette de George Sand.
Avec Mary Pickford, Jack Standing, Lottie Pickford.
Fanchon, une jeune sauvageonne, vit recluse dans la forêt avec sa grand-mère Fadette, soupçonnée d'être une sorcière. Elle tombe amoureuse de Jeannot, mais il est déjà fiancé.
Avec son visage juvénile aux boucles blondes, qui charme Hollywood aux débuts du muet, Mary Pickford, parfois coquette, comme dans le film éponyme de Sam Taylor (1929), interprète le plus souvent une enfant des rues. Ses personnages de vagabondes bravaches aux poings serrés, alors très en vogue, lui permettent le plus souvent d'incarner des jeunes filles indépendantes. Pourtant, la sauvageonne de Fanchon le criquet (d'après La Petite Fadette de George Sand), forcenée et brusque, vit dans une solitude profonde et dans la souffrance du rejet. L'action du film se déroule dans un cadre champêtre, qui convoque le mythe américain d'une nature fertile mais cruelle, tout à la fois sauvage, effrayante et fascinante. En 1915, Pickford tourne huit films, son salaire augmente considérablement, et elle prend peu à peu le contrôle de sa carrière. Elle travaille notamment avec James Kirkwood, qu'elle apprécie beaucoup, et avec son amie la scénariste Frances Marion. En lui offrant ce rôle taillé sur mesure, tous deux lui donnent aussi l'occasion de partager l'écran avec son frère Jack et sa sœur Lottie. Leur travail enthousiaste est à l'origine de la vocation d'acteur de Fred Astaire, qui, séjournant dans le même hôtel que l'équipe, assista fasciné au tournage de quelques séquences. Désormais en couleurs, Fanchon le criquet offre une somptueuse palette d'ambre, de bleu ou de rose qui s'accordent avec la magnifique lumière du chef opérateur Ed Wynard.
Juliette Armantier
« C'est entre 1914 et 1918 que Mary Pickford atteignit, sinon au sommet de son art, du moins à sa caractérisation définitive. C'est alors qu'elle prit véritablement sa valeur mythique. Pour un observateur superficiel, cette femme cherchant à donner l'illusion de l'enfance à force d'art, semble être un monstre sacré, prisonnière d'un tour de force et d'un succès, alors qu'elle est l'illustration la plus totale des mythes fondamentaux d'une civilisation. » (Henri Langlois)