La Symphonie nuptiale

samedi 26 septembre 2026, 20h30

Salle Jean Epstein

20h30 22h35 (124 min)

Renée Lichtig

Monteuse et restauratrice, Renée Lichtig (1921-2007) a voué la majeure partie de sa vie à la Cinémathèque. En 1953, grâce à Henri Langlois, elle participe avec Erich von Stroheim au remontage sonorisé de La Symphonie nuptiale. Recrutée en 1977 par Mary Meerson, elle prend part à un travail essentiel de sauvegarde des films aux côtés de Marie Epstein, pionnière de la restauration des films muets. Comme l'écrivait Marie Epstein à propos de Cœur fidèle, Renée Lichtig ne se contente pas de restaurer les films : elle les ressuscite.


Jackie Buet
France / 2001 / 15 min / DCP

La Symphonie nuptiale The Wedding March
Erich von Stroheim
États-Unis / 1928 / 109 min / 35mm / INT.FR.

Avec Fay Wray, Zasu Pitts, Erich von Stroheim.

À Vienne en 1914, Nicki, officier issu de l'aristocratie décadente, doit épouser une riche infirme. Mais il tombe amoureux de Mitzi, une jeune femme des faubourgs populaires.

Notes sur la restauration du film (2013)

La restauration s'est effectuée en deux temps. Au début des années cinquante, Stroheim retrouve des éléments nitrate de La Symphonie nuptiale à la Cinémathèque française, ainsi qu'une bobine rescapée de Honeymoon. Il décide de restaurer uniquement La Symphonie nuptiale, avec l'aide de Renée Lichtig employée par Henri Langlois. Le son est resynchronisé grâce aux disques qu'il a conservés. Il recompose également le montage de plusieurs séquences.

En 1998, Kevin Brownlow souhaite entreprendre de nouveaux travaux car les copies d'exploitation comportent un défaut de reproduction. Il retrouve un contretype de sécurité à la Library of Congress, effectué d'après une copie nitrate en voie de décomposition, et le combine au contretype nitrate conservé à la Cinémathèque française. Une séquence en Technicolor bichrome, qui se trouve dans la copie nitrate de la Library of Congress, est réintégrée et reproduite sur Eastmancolor. La nouvelle copie reprend le montage voulu par Stroheim en 1954. Le film comporte également des retouches au pinceau.

Contraint de renoncer au réalisme acerbe qui caractérise son film polémique Les Rapaces (Greed, MGM, 1924), Erich von Stroheim s'adonne dans La Symphonie nuptiale aux « jolis ornements illusoires d'une fragile histoire d'amour ». Stroheim a l'ambition de constituer un diptyque intitulé The Wedding March et Honeymoon. Il tourne dès lors sans relâche, porté par un élan créateur inépuisable, menant à bout ses acteurs et ses techniciens. Faute de pouvoir payer les débordements de Stroheim, le producteur indépendant Pat Powers doit céder les droits du film en cours de tournage à Jessy L. Lasky, viceprésident de la Paramount. Du fait de la longueur très importante des rushes, la postproduction s'avère longue et complexe. Stroheim se retrouve du jour au lendemain dépossédé de la supervision du montage de Honeymoon par la Paramount. Le studio engage successivement plusieurs monteurs, dont Joseph von Sternberg, qui ne parviendront pas à donner une forme satisfaisante à cette seconde partie. Honeymoon ne fera pas l'objet d'une exploitation américaine mais sortira en France sous le titre Mariage de prince.

Le tournage de La Symphonie nuptiale emploie le Technicolor bichrome n° 2 qui a existé aux États-Unis entre 1922 et 1927. En général, ce système apparaît brièvement dans des moments-clés où les décors et les costumes atteignent une forme grandiloquente, comme c'est le cas pour la séquence de la procession religieuse et militaire dans La Symphonie nuptiale. Pour réaliser ce type de séquence, on a recours à un prototype particulier de caméra et d'optiques comprenant des filtres de couleurs, qui enregistrent successivement le rouge et le vert sur un même négatif. La séparation des deux couleurs s'effectue au moment du tirage, sur deux positifs à reliefs, absorbant chacun soit un colorant rouge-orangé, soit un vert-bleuté. Les deux positifs sont ensuite collés l'un contre l'autre, ce qui donne un extrait en couleur à double émulsion, monté dans la copie standard noir et blanc.

Céline Ruivo