Meshes of the Afternoon

lundi 21 septembre 2026, 19h00

Salle Georges Franju

19h00 22h25 (204 min)

Maya Deren, Alexander Hammid
États-Unis / 1943 / 14 min / Numérique

Avec Maya Deren, Alexander Hammid.

Une fleur, une ombre sur un mur, des escaliers, une porte, une clé. Un couteau, un téléphone décroché, un disque, la mort en noir, un œil buñuelien, des escaliers encore et encore. La répétition d'images symboliques en une boucle infinie, mariage idéal entre surréalisme et psychanalyse. Signé et interprété par Maya Deren (et son compagnon de l'époque, Alexander Hammid), un court métrage expérimental hypnotique, fascinant, poème sublime et sommet de l'avant-garde.


Ivan le Terrible Ivan Grozny [Иван Грозный]
Sergueï M. Eisenstein
URSS / 1944 / 190 min / DCP / VOSTF

Avec Nikolaï Tcherkassov, Lioudmila Tselikovskaïa, Serafima Birman.

1547, le Grand Duc de Moscovie est couronné Tsar de toutes les Russies, et va concentrer ses efforts pour façonner un État moderne et puissant. Ivan débute son règne dans une atmosphère trouble, semée de complots et de jalousie. Conçue à l'origine comme une trilogie, l'ultime œuvre d'Eisenstein conjugue architecture, peinture, sculpture, musique et danse. Une fresque d'une puissance visuelle sans égale, véritable somme artistique, chargée de symboles, où se déploie une réflexion sur le pouvoir.

« Jamais un film de fiction ne s'était autant approché d'un opéra. Et les conditions dans lesquelles Sergueï Eisenstein devait travailler font que l'ensemble est encore plus dramatique, plus opératique que la plupart des opéras. La première partie d'Ivan le Terrible fut un grand succès en 1944, notamment au Kremlin. Joseph Staline aimait se reconnaître dans le portrait du tsar "héroïque" Ivan IV. Au départ, il était question d'un triptyque, mais la deuxième partie d'Ivan le terrible, Bojarski Zagovar, plut beaucoup moins au tsar rouge. Le récit ne parle plus de conquêtes et de pacifications mais des nombreuses intrigues et machinations à la cour d'Ivan IV. On ne le dit jamais haut et fort, mais il est clair qu'on vise le régime sanguinaire de Staline au Kremlin. Dans son Cuirassé Potemkine, il n'y avait qu'agitation et dynamisme, notamment grâce aux scènes de masse et au rapide montage parallèle. Pour Ivan, Eisenstein opte pour un style presque opposé. Plus solennel, plus mystique, ce qui convient mieux au sujet. Tel un photographe scolaire, il pose sa caméra à un endroit fixe, en créant ainsi un cadre immobile. À ce cadre, il oppose les mouvements des acteurs. Comment les acteurs apparaissent soudainement dans ce cadre, à quelle vitesse et sous quel angle, tout cela est d'une importance capitale pour Eisenstein. Les émotions des personnages trouvent ainsi leur expression. C'est justement ce cadre fixe qui permet de créer une tension supplémentaire. Comme si on voyait l'intérieur d'une mystérieuse boîte à images. » (Paul Verhoeven)