Gueule d'amour

mercredi 23 septembre 2026, 19h00

Salle Henri Langlois

19h00 21h35 (154 min)

Jean Grémillon
France-Allemagne / 1937 / 94 min / DCP
D'après Gueule d'Amour d'André Beucler.

Avec Jean Gabin, Mireille Balin, René Lefèvre.

Orange, 1936. Un officier de garnison, qui fait flamber les cœurs, s'éprend d'une aventurière mondaine. Entre bonheurs simples, séparations et retrouvailles, la belle causera sa perte. Dans la veine classique des grands mélodrames français de l'époque, Grémillon filme leur tragique histoire d'amour, les ravages d'une passion dévorante et les déchirements intérieurs du beau militaire appelé « Gueule d'amour » – surnom qui restera attaché de longues années à Jean Gabin.


Dialogue avec Murielle Joudet
Le Ciné-club de Murielle Joudet
60 min

Film de commande adapté d'un roman d'André Beucler, Gueule d'amour fait partie de cette poignée de films qui, au mitan des années 30, forgent le mythe Gabin. Héros tragique et homme du peuple, prolétaire insoumis autant qu'autodestructeur avec lequel le public communie, l'acteur devient un motif fascinant que de grands cinéastes – Renoir, Duvivier, Carné – se passeront de main en main. Jean Grémillon semble ici livrer un film critique sur la persona de sa vedette : il s'amuse d'abord à ériger un sex-symbol qu'il nous donne à vénérer, avant de démonter sa propre création sous le feu d'une passion. Le mâle dominant n'est qu'un beau mirage. — Murielle Joudet


Murielle Joudet est critique de cinéma au Monde, elle anime une émission d'entretiens sur le site Hors-série. Elle a publié Isabelle Huppert : vivre ne nous regarde pas (Capricci, 2018) et Gena Rowlands : on aurait dû dormir (Capricci, 2021). Elle a aussi écrit La Seconde Femme, un essai sous-titré : Ce que les actrices font à la vieillesse (Premier parallèle, 2022) ainsi qu'un livre d'entretien avec Catherine Breillat, Je ne crois qu'en moi (Capricci, 2023).