La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Resté dans les tiroirs de la Columbia puis de la Warner, le projet d'adaptation de The African Queen, roman anglais de C. S. Forester publié en 1935, est repris par John Huston et le producteur Sam Spiegel en 1950. L'engagement de Katharine Hepburn et Humphrey Bogart facilite son financement.
Huston obtient de tourner en Afrique, entraînant avec lui une équipe de trente personnes au fin fond du Congo Belge et en Ouganda. Une exception en 1951, d'autant que John Huston tient aussi à un film en couleurs (son premier), loin de simplifier les prises de vues filmées avec une énorme caméra Technicolor à trois négatifs (Three-Strip) dont la basse sensibilité implique un éclairage imposant. Jack Cardiff, vétéran du Technicolor et futur cinéaste, relève le défi. Le tournage hors norme, avec son lot d'incidents et d'épisodes épiques largement rapportés, est achevé à Londres. La connivence des acteurs pousse encore Huston à remanier le scénario en pleine jungle : le récit d'aventure exotique tourne à la comédie amoureuse, s'attachant davantage aux personnages mal assortis qu'au paysage.
L'emploi de la couleur déconcerta une partie de la critique touchée par l'interprétation, qui valut un Oscar à Bogart et une nomination à Hepburn. Huston fut également nommé pour la réalisation et le scénario, cosigné avec James Agee.
Blandine Étienne
Copie 35 mm Technicolor originale (tirage par imbibition) en provenance de l'Academy Film Archive.