La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Longtemps précédé d'un parfum de scandale – et notamment interdit aux moins de 18 ans lors de sa sortie –, Le Bonheur choque, à son époque, dans sa manière de dépeindre l'adultère sans jamais le questionner, ni le juger. Au cœur d'une vie de famille heureuse, Agnès Varda narre la naissance d'une liaison extraconjugale comme la perspective d'une source de joie supplémentaire, d'une affection soudaine venant s'ajouter à celle qui existe déjà. Pour son personnage principal, l'amour n'est pas affaire de soustraction mais il se multiplie, se déploie au gré des sentiments et des sensations. De robes d'été en champs de fleurs, le quotidien est filmé tel un éternel dimanche à la campagne où la qualité du découpage et la préciosité des dialogues lui donnent l'allure d'un enchantement impressionniste. Agnès Varda cherche le sens du bonheur à travers un héros candide, persuadé de ne blesser personne dans sa quête d'absolu. En montrant Jean-Claude Drouot – icône du petit écran – entouré par sa propre famille, elle laisse son spectateur contempler l'amour exclusif soumis à l'insatisfaction perpétuelle de l'être humain. Illuminé par sa palette de couleurs vives, Le Bonheur fait le choix de la nuance, de l'observation, pour privilégier la création et la liberté à une quelconque morale.