Bicentenaire de la naissance de la photographie. Journée d'étude

vendredi 22 mai 2026, 14h30

Salle Georges Franju

14h30 18h00 (210 min)

210 min

La date de 1826 a été choisie pour commémorer l'invention de la photographie par le Français Nicéphore Niépce, chimiste amateur, qui a en fait obtenu dès 1816 un premier négatif sur papier sensibilisé au chlorure d'argent. Jusqu'en 1833, Niépce perfectionne son procédé en utilisant notamment le bitume de Judée, cet «  excrément du diable  » avec lequel il réalise des «  points de vue  ». Entre 1826 et 1827, il parvient, près de Chalon-sur-Saône, à obtenir la première image photographique fixée durablement sur une surface photosensible. Son invention, reprise et toujours renouvelée, a révolutionné les représentations de notre monde. À la fin du XIXe siècle, quelques chercheurs – Muybridge, Marey, Lumière, etc. – mettent au point des appareils de «  photographie animée  » capables d'enregistrer des milliers de clichés successifs. Le «  directeur de la photographie  » joue désormais un rôle essentiel dans la fabrication du film. Et aujourd'hui toutes les cinémathèques conservent des milliers de photos relatives à des films. Historiens, conservateurs, praticiens viendront parler de ces sujets, exemples à l'appui.

Programme :

14h30 – Introduction de l'après-midi d'étude par Laurent Mannoni (directeur scientifique du patrimoine à la Cinémathèque française)

14h45 –  Les « merveilles » de la chambre noire par Donata Pesenti Campagnoni (conservatrice du Museo nazionale del cinema de Turin)
Connue depuis l'Antiquité et utilisée pour observer les éclipses, la chambre noire deviendra bientôt un instrument permettant de reproduire des images, voire des séquences d'images animées. Elle sera adoptée par les peintres et les voyageurs, et grâce aux progrès de la chimie, ses images deviendront permanentes.

15h30 – « Pourquoi avancer le bicentenaire de la photographie ? » par André Gunthert (historien de l'art à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences Sociales)
Le premier centenaire de la photographie a été célébré en 1939, son cent-cinquantenaire en 1989. Mais le ministère de la culture a décidé de fêter le «bicentenaire d’une image», le «Point de vue du Gras» de Nicéphore Niépce, réalisé en 1826-1827, sans s’expliquer davantage sur ce saut de 13 ans vers le passé. Nous tenterons de comprendre les raisons de ce décalage inédit.

16h15 – « Les Lumière, industriels de la photographie » par Marc Durand (arrière-petit-neveu d'Auguste et Louis Lumière, auteur de De l'image fixe à l'image animée : 1820-1910, 2 volumes)
Marc Durand nous propose une brève histoire de la société A. Lumière et ses Fils entre 1883 et 1970 ; cette petite société familiale qui faillit disparaît dès sa naissance deviendra, en moins de 10 ans, la première société européenne de production de matériels pour la photographie. En 1895, à la tête de leurs 350 ouvriers et employés, Antoine, Auguste et Louis produisent des millions de plaques Etiquette Bleue ; des produits pour la photographie (développateurs, papiers, plaques souples, chambres photographiques etc.). La photographie des couleurs sur plaque Autochrome et, pour notre plaisir, Louis met au point son moulin à images, son cinématographe.

17h00 – « La Photostéréosynthèse Lumière » par Pascal Martin (Professeur des Universités, à l'École Nationale Supérieure Louis-Lumière) et Clémence Lavigne (Ancienne élève de l'ENS Louis-Lumière)
Le 8 novembre 1920 Louis Lumière présente devant l’Académie des Sciences un dispositif, innovant d’un point de vue optique, permettant de traduire photographiquement l’illusion de relief d’un solide dans l’espace. Il préfigure un progrès médical incontestable qui ne sera inventé que quelques décennies plus tard

17h45 – Conclusion par Dominique de Font-Réaulx (conservatrice générale au musée du Louvre, présidente du comité scientifique du Bicentenaire de la Photographie)