Le Privé

dimanche 3 mai 2026, 14h30

Salle Henri Langlois

14h30 17h25 (173 min)

Le Privé The Long Goodbye
Robert Altman
États-Unis / 1973 / 112 min
D'après le roman The Long Goodbye de Raymond Chandler.

Avec Elliott Gould, Nina Van Pallandt, Sterling Hayden.

Adaptation magistrale du roman de Raymond Chandler, une histoire de chat, de trahison et de meurtre, qui se déploie au rythme des déambulations du détective Philip Marlowe. En marge du film noir classique, Robert Altman délaisse les ombres familières du genre au profit d'une ville de Los Angeles baignée de soleil, en plein mouvement hippie. Nonchalant, décalé, Marlowe traîne sa silhouette dans un monde qu'il ne comprend plus. Son incarnation par Elliott Gould, trois ans après MAS*H, se révèle un coup de génie.

Le détective, incarné avec une nonchalance gouailleuse par Elliott Gould, est ici un personnage inadapté, infantile, dont l'attachement pour son chat souligne la profonde solitude. Avec ses chevauchements de dialogues abondants et sarcastiques, ses situations poussées parfois jusqu'au burlesque, sa violence raréfiée mais saisissante, son intrigue confuse, le film d'Altman n'hésite pas à brouiller les cartes et à remettre en cause les mécanismes du film noir traditionnel, dont il respectera pourtant, au bout du compte, les grands principes : une vision désabusée de l'humanité et une exaltation de l'individualisme. — Jean-François Rauger


173 min

Comme à son habitude, Altman joue ici à une sorte de billard à trois bandes. Avec cette adaptation d'un roman de Raymond Chandler jamais porté à l'écran auparavant, il s'affiche d'abord iconoclaste : rompant avec les codes du film noir, il situe l'action dans une Californie ensoleillée et fait appel à un interprète – Elliott Gould – qui semble l'antithèse des Marlowe incarnés par Humphrey Bogart et Dick Powell. Pourtant, ce personnage, sous ses allures décontractées, est lui aussi en décalage avec son temps et s'inscrit finalement dans la tradition qui fait du détective privé le critère non du droit, mais de la fidélité à la parole donnée. — Vincent Amiel, Jean-Loup Bourget


Vincent Amiel est professeur de cinéma à l'université Paris 1 Panthéon-Sorbonne, critique et essayiste. Il collabore aux revues Positif et Esprit. Il a publié, entre autres, Esthétique du montage, ainsi que des ouvrages et textes consacrés à Maurice Pialat, Robert Bresson, Max Ophuls.

Jean-Loup Bourget est professeur d'études cinématographiques et spécialiste du cinéma hollywoodien.

Bernard Benoliel est directeur de l'action culturelle et éducative à la Cinémathèque française.