Dillinger est mort

vendredi 27 mars 2026, 19h00

Salle Henri Langlois

19h00 21h35 (155 min)

Dillinger est mort Dillinger è morto
Marco Ferreri
Italie / 1969 / 95 min / DCP / VOSTF / Version restaurée

Avec Michel Piccoli, Anita Pallenberg, Annie Girardot.

Dillinger marque l'arrivée de Michel Piccoli dans le sérail de Ferreri. À travers l'histoire quasi muette d'un ingénieur qui semble imploser en une nuit blanche, l'auteur italien réinvente son époque aliénée par la consommation et dynamite le cinéma, hanté, électrifié, par le contexte de luttes en Italie. Et tout devient un symptôme de cette fin des années 60 : l'incommunicabilité entre les êtres, l'absurde de la vie moderne.

Chef-d'œuvre incontournable de l'une des décennies les plus agitées du siècle, Dillinger inaugure une autre collaboration faste dans la carrière de Ferreri : l'arrivée de Michel Piccoli dans le sérail de ses acteurs et amis, qui deviendra aussi l'un des producteurs de La Grande Bouffe. Dillinger est mort, devenu culte après sa sortie en France en 1970, est célébré par une bonne partie de la critique internationale. À travers l'histoire quasi muette d'un industriel qui semble imploser en une nuit blanche, l'auteur italien réinvente son époque aliénée par la consommation et, par là, dynamite le cinéma, hanté, électrifié sans doute en profondeur par le contexte de luttes en Italie. L'esthétique de Dillinger, ses images, ses objets, ses musiques, ses silences – tout devient un symptôme de cette fin des années 1960 : l'incommunicabilité entre les êtres, l'absurde de la vie moderne. — Gabriela Trujillo


Dialogue avec Murielle Joudet
Avec la participation de Jean-François Rauger
60 min

Dans Dillinger est mort, l'acteur ne fait plus face à un autre, à un visage, il est (comme nous) au milieu du monde et de ses objets – peut-être même à leur service. Six ans avant Jeanne Dielman d'Akerman, Ferreri filme la vie moderne : pleine à craquer de choses et d'infragestes. Un univers parfaitement aliéné et dont l'action pure, la vraie, la décisive, s'est absentée en même temps que la possibilité de l'utopie. Dans ce rôle quasi muet, Michel Piccoli joue la face B du Mépris : « Il fallait justement que je ne sois pas acteur et que j'oublie que je savais jouer la comédie. » — Murielle Joudet


Murielle Joudet est critique de cinéma au Monde, elle anime une émission d'entretiens sur le site Hors-série. Elle a publié Isabelle Huppert : vivre ne nous regarde pas (Capricci, 2018) et Gena Rowlands : on aurait dû dormir (Capricci, 2021). Elle a aussi écrit La Seconde Femme, un essai sous-titré : Ce que les actrices font à la vieillesse (Premier parallèle, 2022) ainsi qu'un livre d'entretien avec Catherine Breillat, Je ne crois qu'en moi (Capricci, 2023).

Jean-François Rauger est directeur de la programmation à la Cinémathèque française.