Les abstractions sanglantes : le cinéma italien des années de plomb. Conférence de Jean-François Rauger

vendredi 20 mars 2026, 19h00

Salle Georges Franju

19h00 20h30 (90 min)

90 min

Entre la fin des années 60 et le début des années 80, l'Italie a été marquée par une effervescence culturelle et sociale, ainsi que par l'expression d'une violence diffuse, qui n'eut pas d'équivalent en Europe. De quoi le cinéma transalpin porte-t-il la trace, entre ces deux moments décisifs que furent l'attentat à la bombe frappant la Banque de l'agriculture, Piazza Fontana, à Milan, le 12 décembre 1969, et celui de la gare de Bologne, le 2 août 1980 ? Deux bornes encadrant une des périodes en apparence les plus chaotiques de l'histoire du pays ; une décennie où s'est déchaînée ce que le dirigeant du groupe Potere operiao, Oreste Scalzone, avait appelé « une guerre civile à basse intensité ». Une décennie durant laquelle le cinéma, qu'il soit populaire ou sophistiqué, vulgairement commercial ou plus ambitieux, rentre progressivement dans une agonie désespérée et glorieuse à la fois. Le septième art ne fut alors pas seulement un simple reflet de la réalité, mais un véritable acteur social, une instance d'énonciation qui produisait « à chaud » un discours sur celle-ci. — Jean-François Rauger

Conférence suivie du film choisi par le conférencier, Nous voulons les colonels (Mario Monicelli, 1973)


Jean-François Rauger est directeur de la programmation à la Cinémathèque française.