Solidarité canicule
La Cinémathèque française ouvre gratuitement les portes de son Musée Méliès au public jusqu'au dimanche 28 juin inclus. Venez profiter de la fraîcheur du Musée Méliès et voyager à travers l’histoire du cinéma, de midi à 19h.
Avec Sigourney Weaver, John Hurt, Ian Holm, Tom Skerritt, Veronica Cartwright.
Naissance d'un space opera fondateur, monument d'angoisse, d'une créature mythique et d'une héroïne éblouissante, incarnée par la géniale Sigourney Weaver. Scott signe un terrifiant cauchemar éveillé, qui multiplie les séquences d'anthologie dans l'antre claustrophobe du Nostromo. Un inoubliable rendez-vous avec la peur, l'un des plus grands films de science-fiction.
« Quand on m'a proposé le rôle d'Ellen Ripley, je venais du théâtre off-Broadway. Donc pour moi, Alien, c'était du off-off-Broadway. Je suis heureuse de ne pas avoir vu alors le rôle comme une opportunité décisive : j'ai toujours cherché de grandes histoires et voulu en faire partie, et c'est ça qui m'a servi de boussole dès le départ. Ripley a continué à vivre avec des réalisateurs différents, ce qui me rend heureuse. Mais initialement, j'avais bel et bien l'intention de retourner au théâtre aussi vite que possible une fois le film de Ridley Scott terminé ! » (Sigourney Weaver)
Frédéric Bonnaud est directeur général de la Cinémathèque française.
Avant de devenir un classique de la science-fiction, le film inaugural de la saga Alien exista longtemps sous la forme d'un script du scénariste Dan O'Bannon, qui passa entre bien des mains, avant d'échouer à la Fox et d'être tardivement mis en chantier, suite au succès de La Guerre des étoiles (1977). La réalisation en échut à Ridley Scott, auréolé d'un premier film repéré à Cannes, Duellistes (1977), et alors au pic d'une créativité qui lui vaudra de fixer le vernis visuel et mythologique des années 1980 (Blade Runner, Black Rain). Dans la lignée de La Chose d'un autre monde (1951), de Howard Hawks et Christian Nyby, Alien transpose le huis clos horrifique entre les murs d'un cargo spatial, le Nostromo, dont l'équipage, composé de sept membres, se retrouve aux prises avec un prédateur inconnu et féroce, infiltré parmi eux. Orchestrant une tension continue à partir de l'ombre, du hors-champ et du vide, le film brille autant par sa direction artistique de haute volée – l'univers du Nostromo marqué par l'usure, le cambouis et la fumée – que par sa richesse figurative. La créature, conçue par le dessinateur H. R. Giger, survient dans l'espace technologique du vaisseau, comme un retour imprévu de la matière organique (bave, sang et sueur). Alors que les humains émergent de capsules ovariennes et se fient à une intelligence artificielle appelée « Mother », la bête vient leur rappeler, avec brutalité, les douleurs de l'accouchement (sa gestation parasitaire dans un ventre humain) et le caractère inéluctable de la mort. En somme, le cycle primitif et impitoyable de la vie.
Mathieu Macheret