Solidarité canicule
La Cinémathèque française ouvre gratuitement les portes de son Musée Méliès au public jusqu'au dimanche 28 juin inclus. Venez profiter de la fraîcheur du Musée Méliès et voyager à travers l’histoire du cinéma, de midi à 19h.
Avec Klaus Kinski, Peter Carsten, Lee Burton.
Dans une imagerie de pré-apocalypse, Margheriti invente un western sans cowboy, ni chevauchées, transformé en huis clos suffocant et cathartique. Inspirée par les textes bibliques, la vengeance d'un homme épris de justice – Klaus Kinski, dans l'un de ses rares rôles de héros – relit le genre sous l'angle de l'épouvante, de la tragédie et d'une esthétique baroque éblouissante. Sur la partition de Carlo Savina plane l'ombre de La Tempête, de La Dame de Shanghaï, des films de Bava ou Visconti, dans une traque haletante, qui érige le vent en ennemi redoutable lors d'un final sidérant.
Et le vent apporta la violence est l'histoire d'une autodestruction : celle de la famille d'Acombar, rongée par une faute originelle et un déterminisme de l'hérédité. Si le thème de la dévoration familiale peut être rapproché de Visconti, il n'a pas ici la signification métaphorique d'une transformation historique et sociale qui est au centre de l'œuvre de l'auteur du Guépard. Plus modestement, il illustre l'évolution plastique d'une image qui tend vers sa propre disparition, d'un univers de convention (le western) qui contient, dans sa survivance européenne, sa propre mort. — Jean-François Rauger
Nicolas Pariser est cinéaste. Il s'est d'abord fait connaître avec ses courts métrages La République (prix Jean Vigo 2010) et Agit Pop (2013). Il a réalisé trois longs métrages : Le Grand jeu (2015), Alice et le maire (2019) et Le Parfum vert (2022), ainsi que des épisodes de la série télévisée En Thérapie.
Jean-François Rauger est directeur de la programmation à la Cinémathèque française.