Solidarité canicule
La Cinémathèque française ouvre gratuitement les portes de son Musée Méliès au public jusqu'au dimanche 28 juin inclus. Venez profiter de la fraîcheur du Musée Méliès et voyager à travers l’histoire du cinéma, de midi à 19h.
Avec Sofiko Tchiaoureli, Melkop Alekian, Vilen Galstian, Georgi Gegeckori.
Fruit d'une recherche formelle qui tient autant du rêve que du fantasme contre l'ordre établi, Sayat Nova revisite l'histoire du poète du même nom, troubadour du XVIIIe siècle, connu pour avoir écrit en arménien, géorgien et azéri. Une diversité culturelle que Paradjanov transpose dans une série de tableaux vivants, soigneusement composés, où chaque couleur, texture et geste deviennent les fils multiples d'une tapisserie aussi harmonieuse qu'énigmatique. Une célébration de l'identité transcaucasienne qui vaut au cinéaste censure et emprisonnement, et dont l'esthétique visuelle unique inspirera nombre d'artistes, de Godard à Lady Gaga.
Sayat Nova est le film de la première fois. Chaque vision renouvelle notre surprise. Nous le découvrons sous un nouvel angle à chaque séance, comme un cristal. On s'aperçoit avec ravissement que les objets circulent d'un plan à l'autre comme autant de rimes. Les situations se font écho de façon énigmatique. Une combinatoire infinie se met en place, qui actualise le vœu d'un cinéma de poésie. — Érik Bullot
Érik Bullot est cinéaste et théoricien. Auteur de films à mi-chemin du film d'artiste et du cinéma expérimental, il a publié récemment L'Attrait des ventriloques (Yellow Now, 2022) et Apunts de cinema (Filmoteca de Catalunya, 2023). Il prépare une exposition Voyages en kaléidoscope au Centre d'art Les Tanneries pour 2025. Il enseigne le cinéma à l'École nationale supérieure d'art de Bourges.
Juliette Armantier est responsable d'activités culturelles à la Cinémathèque française.
« Aimable public, ne va pas chercher dans ce film la vie de Sayat-Nova, grand poète arménien du XVIIIe siècle. Nous n'avons que tenté de rendre par les moyens du cinéma l'univers imagé de cette poésie dont le chantre russe Valéri Brioussov disait : "La poésie arménienne du Moyen-Âge est une des éclatantes victoires de l'esprit humain inscrites dans les annales de notre monde." » (Sergueï Paradjanov)