La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
La genèse de La Vengeance aux deux visages fut des plus chaotiques. À partir d'un roman de Charles Neider, Sam Peckinpah en commence l'écriture avant d'être évincé par Stanley Kubrick, qui doit réaliser le film et demande alors à son coscénariste des Sentiers de la gloire, Calder Willingham, d'en écrire une nouvelle version. Mais Marlon Brando provoque à son tour le renvoi du duo et Kubrick partira remplacer Anthony Mann sur le tournage de Spartacus. Brando décide de réaliser le film lui-même, et la suite de la production sera à l'image de la star, excessive et conflictuelle : le budget du film passe de 1,8 à 6 millions de dollars, la durée de tournage de six semaines à six mois et le premier montage approuvé par Brando dure 4 h 42. Paramount le réduira de moitié et imposera une fin différente, pour aboutir à la version actuelle. Le résultat est néanmoins étonnant, Marlon Brando livrant un western extrêmement personnel, sombre, contemplatif, avare en scènes d'action mais habité par une grande tension psychologique et magnifiquement photographié par Charles Lang. Au-delà de la trame de la vengeance, la relation entre Rio Kid (Brando) et Dad Longworth (Karl Malden) témoigne d'une étonnante dimension masochiste et œdipienne. Cette retenue mêlée de violence déroutera le public, le film sera un échec et restera l'unique réalisation de l'acteur.
Caroline Maleville