Solidarité canicule
La Cinémathèque française ouvre gratuitement les portes de son Musée Méliès au public jusqu'au dimanche 28 juin inclus. Venez profiter de la fraîcheur du Musée Méliès et voyager à travers l’histoire du cinéma, de midi à 19h.
Avec Tomisaburō Wakayama, Akihiro Tomikawa, Kayo Matsuo.
Ogami, accompagné de son fils, erre dans le Japon médiéval et va devoir affronter les Yagyu d'Akashi, amazones guerrières assoiffées de sang. Plus violent encore que le premier épisode, traversé de geysers de sang, L'Enfant massacre est un véritable tour de force, délire chorégraphique d'une beauté sidérante en même temps que champ d'expérimentations formel proprement fascinant.
Deuxième volet des 6 films de la série Baby Cart initiée par Kenji Misumi.
Kenji Misumi (1921-1975) a été une sorte de force tranquille au coeur de la contrainte industrielle des années 50 et 60. Ce réalisateur salarié de la Daiei a toujours été convaincu, comme Yasuzō Masumura et Seijun Suzuki, que politique de studio et vision personnelle pouvaient faire bon ménage. Avec quelques autres artisans chevronnés de son studio, il a réussi à apporter une dose subtile d'originalité et d'humanité que l'on n'attendait pas a priori d'un genre hyperformaté comme le chanbara (la « trilogie du sabre », Le Passage du grand Bouddha) ou de séries fondées sur l'exploitation à outrance des mêmes schémas reproduits à l'infini (Zatōichi, Nemuri Kyōshirō). Après la faillite de la Daiei en 1971, cet artiste qui s'est échiné à « exister dans un système bâti sur son absence » (Ōshima) a fini par littéralement se lâcher. Baby Cart : l'Enfant massacre en est la preuve éclatante.
Fabrice Arduini
Fabrice Arduini est directeur adjoint à la programmation à la Maison de la culture du Japon à Paris.
Jean-François Rauger est directeur de la programmation à la Cinémathèque française.