Solidarité canicule
La Cinémathèque française ouvre gratuitement les portes de son Musée Méliès au public jusqu'au dimanche 28 juin inclus. Venez profiter de la fraîcheur du Musée Méliès et voyager à travers l’histoire du cinéma, de midi à 19h.
Avec Vera Maretskaïa, Vladimir Fogel, Vladimir Batalov.
Paracha quitte sa campagne et débarque à Moscou. Elle atterrit dans un immeuble où elle se fait exploiter par un coiffeur, jusqu'à ce qu'elle découvre l'action syndicale.
L'animosité entre voisins, la promiscuité, est un des grands thèmes satiriques des années 1920 soviétiques. Dans cette comédie pessimiste, mais aussi enthousiasmante que la prise de la Bastille, le rêve fait encore partie de la révolution, même pour la campagnarde Paracha, qui confond le spectacle et la vie. Mais nous avons oublié de raconter comment le canard est arrivé à Moscou.
Bernard Eisenschitz
Bernard Eisenschitz est traducteur et historien du cinéma. Auteur de nombreux ouvrages (Roman américain : les vies de Nicholas Ray, Fritz Lang au travail, Gels et dégels : une autre histoire du cinéma soviétique...), il a publié deux ouvrages aux Éditions de l'Œil : Douglas Sirk, né Detlef Sierck (2022) et prochainement, Boris Vassilievitch Barnet (2024).
Bernard Benoliel est directeur de l'action culturelle et éducative à la Cinémathèque française. Il a écrit avec Jean-Baptiste Thoret Road movie, USA, publié chez Magnani en 2026.
À contre-courant des classiques d'Eisenstein ou de Poudovkine, les œuvres de Barnet dégagent une allégresse et un charme authentique, particulièrement palpables dans La Maison de la rue Troubnaïa. Tableau de la vie moscovite des années de la nouvelle politique économique, le film, qui mêle l'humour au formalisme de l'avant-garde soviétique, est un condensé du génie du cinéaste. Des personnages finement observés, une ingéniosité structurelle (un audacieux arrêt sur image suivi d'un rembobinage explicatif) et une utilisation virtuose de l'espace commun. Bien avant le burlesque d'un Tati ou d'un Jerry Lewis dans Le Tombeur de ces dames, la maison, avec ses escaliers et son joyeux chaos, contient une incroyable cinétique. Un dynamisme narratif remarquable, qui transforme malicieusement un film de propagande en une comédie de mœurs éblouissante.