Solidarité canicule
La Cinémathèque française ouvre gratuitement les portes de son Musée Méliès au public jusqu'au dimanche 28 juin inclus. Venez profiter de la fraîcheur du Musée Méliès et voyager à travers l’histoire du cinéma, de midi à 19h.
Avec Heinrich Hargesheimer, Karl Heinz Hargesheimer, Martha Staendner.
Des personnages non réconciliés avec leur passé reviennent sur cinquante ans d'histoire allemande, des années 1910 au miracle économique de l'après-guerre.
En moins d'une heure, une histoire condensée de l'Allemagne, de la Première Guerre mondiale au début des années 60, à travers trois générations d'une même famille. Côté Allemagne, l'Empire en 1914, le nazisme, les années d'après-guerre, où les nazis pullulent, reconvertis en démocrates bienveillants. Côté famille, un grand-père architecte constructeur de cathédrale, un fils enrôlé dans l'armée qui la détruit, un petitfils qui hésite sur sa voie. Tendu, percussif, d'une grande violence exclusivement verbale, non chronologique mais fugué, alternant énormes sautes de temps et pauses rêveuses, c'est un grand film politique, mais aussi un poignant chant d'amour et d'amitié.
Jean Narboni
Jean Narboni a été critique, rédacteur en chef des Cahiers du cinéma, responsable de collection et enseignant. Il a publié plusieurs ouvrages dont, aux éditions Capricci : ...Pourquoi les coiffeurs ? Notes actuelles sur « Le Dictateur » (2010), Samuel Fuller : Un homme à fables (2017) et, récemment, La Grande illusion de Céline (2021).
Bernard Benoliel est directeur de l'action culturelle et éducative à la Cinémathèque française. Il a écrit avec Jean-Baptiste Thoret Road movie, USA, publié chez Magnani en 2026.
D'après Les Deux Sacrements (Heinrich Böll, 1961), 50 ans de l'histoire de l'Allemagne, de la veille de la Première Guerre mondiale jusqu'au lendemain de la Seconde, à travers une dizaine de personnages dont les histoires et les destins s'entremêlent. Le premier long métrage des Straub, analyse au scalpel du « miracle économique », et un art consommé de la rapidité, de la soustraction, du récit lacunaire. La distanciation brechtienne à l'œuvre ici se retrouve même dans le titre du film, tiré d'une citation du dramaturge allemand.
« Les Straub inventent à eux seuls le cinéma allemand d'après-guerre et reprennent les choses là où Robert Bresson les avait menées. Bien avant Fassbinder, analyse au scalpel du « miracle économique » et grand art du récit lacunaire. » (Frédéric Bonnaud)