La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Adaptation d'une pièce de Ben Hecht (The Front Page), La Dame du vendredi est, avec ses personnages excentriques et la fulgurance de ses dialogues, un parfait exemple de screwball comedy (« comédie loufoque », sous-genre de la comédie hollywoodienne). Grand nostalgique du cinéma muet, Howard Hawks considérait que le parlant nuisait au rythme des films. Il imposa donc une vitesse vertigineuse aux échanges entre Walter Burns (Cary Grant), démoniaque rédacteur en chef du Morning Post, et son ex-épouse, Hildy Johnson (Rosalind Russell). Ce tourbillon de dialogues en rafale est propice aux bons mots et autres quiproquos. Contrairement à la pièce, Hawks féminise le personnage principal, déplaçant ainsi le cœur de l'intrigue sur les relations homme-femme. Centrée sur les tourments amoureux de Walter et Hildy, La Dame du vendredi est une parfaite illustration de ces « comédies du remariage », ainsi nommées par Stanley Cavell (À la recherche du bonheur : Hollywood et la comédie du remariage, 1981). Derrière cette loufoque crise de couple se cachent toutefois une satire de la presse à sensation et un portrait désabusé de la société américaine des années 1930. Le titre original, His Girl Friday, renvoie à l'expression « man Friday », qui désigne un homme à tout faire. Le cynique Walter désire en effet récupérer sa femme à tout faire, Hildy, à la fois son épouse et sa meilleure journaliste.
Adrien Rode