La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Une des grandes qualités de nombreux producteurs italiens résidait dans cette capacité à ne douter de rien. La preuve. En 1972, le réalisateur-producteur Demofilo Fidani, spécialiste du western ultra fauché, qu'il réalisait sous le pseudonyme de Miles Deem, eut l'idée de proposer sa version de l'histoire du personnage inventé par Edgar Rice Burroughs, Tarzan. Tarzan devint Karzan pour d'évidentes questions de droits. C'est l'acteur Armando Bottin qui incarne l'homme-singe sous le pseudonyme de Johnny Kissmuller Jr. (hé oui !). A l'origine, Fidani avait pensé à Fabio Testi pour personnifier l'homme de la jungle. Il rencontre un jour, alors qu'il tourne au Jardin botanique de Rome où il pense reconstituer la jungle africaine, Vittorio de Sica. Celui-ci prépare Le Jardin des Finzi-Contini et cherche un comédien « de type latin » pour un des rôles. « J'ai peut-être quelqu'un pour toi, dira Fidani, il ne sait pas encore bien jouer mais sous ta direction... Tu ne le connais pas. Il s'appelle Fabio Testi. » Et c'est ainsi que Fabio Testi quitta le monde de la série Z italienne pour intégrer de plus honorables productions. Fidani avoua alors qu'il dut se rabattre sur « un Monsieur Muscle ». « Il était laid, antipathique et ne me plaisait pas. C'était un Tarzan comique dont le visage me faisait rigoler ». Notons que le film fait un usage évidemment immodéré de stock shots animaliers. La candeur du projet exige du spectateur un strict abandon de tous ses réflexes habituels. Elle se révèle, en effet, dans une série de séquences assez improbables et sidérantes tel, notamment, un spectaculaire et inoubliable combat avec un gorille. À vos risques et périls.
Jean-François Rauger