La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Bab'Aziz, le prince qui contemplait son âme, c'est l'Islam, mais c'est aussi, pour moi, le visage de mon père. J'emploierais volontiers cette parabole : si vous marchez à côté de votre père et qu'il tombe, le visage dans la boue, que faites-vous ? Vous l'aidez à se relever et vous lui essuyez le visage avec votre chemise. Le visage de mon père, c'est l'Islam. J'ai essayé de l'essuyer avec mon film en montrant une culture musulmane tolérante et hospitalière, pleine d'amour et de sagesse, une image qui ne cadre pas avec celle véhiculée par les médias aujourd'hui. Ce film est une humble tentative pour rétablir le vrai visage de l'Islam. Je ne vois pas plus urgent comme thème que celui-là : redonner un visage à des centaines de millions de musulmans qui sont souvent, pour ne pas dire toujours, les premières victimes du terrorisme fondamentaliste. Bien que ce soit un film fondé sur la tradition soufie qui nous remplit de joie et d'amour, c'est aussi un film éminemment politique. Je pense que le cinéma peut aider à une vraie renaissance, pour repartir à la conquête de nous-mêmes, après une colonisation qui n'a cessé de dégrader la culture locale pour mieux l'asservir et la soumettre. Un simple exemple de cette dégradation, rien qu'à travers la langue, parler arabe devient « charabia » pour un français, et les mots « souk » et « bazar » deviennent le désordre extrême alors qu'il n'y a pas plus organisé que les souks de Fès, Tunis ou Damas.
Nacer Khemir