Solidarité canicule
La Cinémathèque française ouvre gratuitement les portes de son Musée Méliès au public jusqu'au dimanche 28 juin inclus. Venez profiter de la fraîcheur du Musée Méliès et voyager à travers l’histoire du cinéma, de midi à 19h.
Avec Zakia Tahiri, Châaibia Adraoui, Eva Saint-Paul, Ahmed Bouanani.
Revenue à Fès, capitale historique et spirituelle du Maroc, pour le deuil de son père, une jeune Franco-Marocaine y fonde la « zaouia des femmes », à la fois sanctuaire religieux, lieu de pèlerinage et refuge pour femmes en détresse.
Restauration par le Transnational Moroccan Cinema Project – University of Exeter (Royaume-Uni), le Centre du cinéma marocain et Dragon DI (Royaume-Uni).
Une porte sur le ciel nous parle d'une sororité contemporaine et enracinée, qui ne s'oppose pas à l'Islam mais défend et illustre au contraire l'enrichissement spirituel et la libération intérieure et féministe permises par les pratiques méditatives soufies. Ce faisant, Farida Benlyazid accomplit partiellement l'une des grandes ambitions des pionniers de l'indépendance (1956) : chercher les formes d'un cinéma marocain, fidèle aux « sentiments les plus profonds de la vie du peuple », comme le formule Ahmed Bouanani, le directeur artistique incarnant le patriarche en chapeau melon. Ce cinéaste et poète est l'un des penseurs de cette recherche d'un cinéma décolonisé, qui ancre ses intrigues et ses formes dans les contes et cultes populaires. En l'occurrence ici, dans une spiritualité marocaine vécue, qui donne sa lenteur et son épure au film.
Marie-Pierre Bouthier