Solidarité canicule
La Cinémathèque française ouvre gratuitement les portes de son Musée Méliès au public jusqu'au dimanche 28 juin inclus. Venez profiter de la fraîcheur du Musée Méliès et voyager à travers l’histoire du cinéma, de midi à 19h.
Une critique acerbe de la médiatisation du Festival de Cannes et du cinéma, au moment de la disparition de l'actrice Rita Hayworth.
Épisode de l'émission Cinéma, cinémas. Numérisation et restauration par l'INA à partir d'un enregistrement vidéo 1 pouce B.
Avec Jean-Luc Godard, Fritz Lang.
Les questions improvisées du « bébé » français, Godard, au « dinosaure » allemand, Lang. Rencontre entre deux âges du cinémas, fascinés l'un par l'autre.
Épisode de la collection Cinéastes de notre temps. Numérisation et restauration par l'INA en 2K à partir du marron 16 mm noir et blanc et d'un son magnétique séparé.
En 1965, Jean-Luc Godard a déjà réalisé un tout petit moins d'une dizaine de films et il sait pertinemment qu'il est déjà entré de plain-pied dans l'histoire du cinéma. Il n'est plus exactement un bébé. Mais devant la caméra de Labarthe, il fait allégeance à Fritz Lang, qui a commencé sa carrière en 1919, et demande qu'on l'appelle « dinosaure ». Il ne sait plus combien de films, il a fait (42, lui dit Godard, ce à quoi Lang répond : « Mon dieu, beaucoup trop... »), il a traversé les bouleversements de l'histoire. Il a fui l'Allemagne. Traversé l'Atlantique. A connu le statut de demi-dieu national puis aux USA celui de travailleur modeste, réalisé des séries B qui étaient des chefs-d'œuvre. Seule la critique française lui octroyait le statut d'Artiste, statut que Lang n'aimait pas : « Qu'est-ce que c'est qu'un artiste ? Un homme qui travaille beaucoup, qui connait son métier ? » Lang cherche une autre définition, et soudain surgit quelque chose de proprement hallucinant. Lang dit ceci : « Le metteur en scène doit être un peu un... » Il cherche le mot... claque trois fois ses doigts, il l'a sur le bout de la langue. « Le metteur en scène doit être un psychanalyste. Il doit marcher sous la peau d'un acteur. » L'homme au monocle ressemble alors et plus que jamais à un autre docteur : Mabuse, cet alter ego maléfique et joueur, qui sondait l'inconscient des foules, manipulant les émotions. On a mal compris ce film. Ce n'est pas Godard le bébé, ni même Lang : c'est le cinéma dans son entier, le cinéma comme rêve.
Philippe Azoury