Brumes d'automne

dimanche 12 mars 2023, 14h30

Fondation Jérôme Seydoux Pathé Hors les murs

14h30 15h25 (54 min)

Accompagnement musical par la classe d'improvisation de Jean-François Zygel (CNSMD de Paris)
Fondé en 2001, le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris offre aux élèves pianistes la possibilité pendant cinq ans d'aborder en profondeur toutes les facettes de l'improvisation : maîtrise des formes et des styles, improvisation libre, jeu à plusieurs, collaboration avec des musiciens de jazz et de musiques du monde, travail avec des acteurs, des vidéastes et des danseurs, accompagnement de films muets.


Dimitri Kirsanoff
France-Suisse / 1928 / 12 min / DCP / INT. FR.

Avec Nadia Sibirskaïa.

Une femme au visage triste brûle des lettres, et part se promener dans une nature de fin d'automne.

Restauration 4K en 2022 par Lobster Films et la Cinémathèque française avec le soutien du CNC. Travaux réalisés au laboratoire Lobster et au studio L.E. Diapason, à partir des négatifs image et son originaux et d'un interpostif sonore conservés à la Cinémathèque française.


Dimitri Kirsanoff
France / 1924 / 42 min / DCP / INT. FR.

Avec Nadia Sibirskaïa, Yolande Beaulieu, Guy Belmont.

Après l'assassinat de leurs parents, deux jeunes sœurs très unies quittent la province pour Paris. Elles y sont séduites par le même jeune homme, et leurs destins se séparent.

Nadia Sibirskaïa fut l'actrice fétiche et la compagne de Dimitri Kirsanoff. Il émane de son visage lumineux et de son corps frêle un mélange de fougue, de détresse et de candeur, si bien que Jean Tedesco, directeur du Vieux-Colombier où Ménilmontant connut un succès éphémère à sa sortie en 1926, la compara à Lillian Gish. Dans ce drame qui aborde le thème de la prostitution et de la condition des modestes citadines, elle incarne une jeune femme amoureuse, trahie et démunie, dans une vie et dans une ville qui regorgent de promesses et de leurres. Le quartier de Ménilmontant est le refuge des sœurs orphelines, l'environnement qui détermine leur devenir. Il est le théâtre d'histoires sordides et d'infortunes orchestrées par la criminalité. Ses ruelles désertes se révèlent être à la fois les pièges et les témoins silencieux du sort de chacun. Kirsanoff excelle dans la mise en scène de la montée des sentiments, tout comme l'ambiguïté et la confusion qu'ils provoquent. À travers l'incertitude de ses personnages, il instaure le doute et un certain flottement, obligeant le spectateur à se fier à sa propre sensibilité. Mais la force de sa narration réside surtout dans l'alternance et l'opposition du montage rapide et saccadé, et de l'usage de l'ellipse. Dans cette réalisation sobre et réaliste, sans intertitre ni virtuosité apparente, Kirsanoff dépeint magnifiquement la vie comme une succession de joies et d'épreuves dont le rythme quotidien se dilue dans l'intemporalité du destin.

Samantha Leroy

Restauration 4K en 2022 par Lobster Film et la Cinémathèque française, avec le soutien du CNC. Travaux menés au laboratoire Lobster à partir d'une copie nitrate originale teintée du BFI et d'un contretype des collections de la Cinémathèque française. Un plan supplémentaire est extrait d'une copie nitrate fragmentaire de la Cinémathèque française.