Solidarité canicule
La Cinémathèque française ouvre gratuitement les portes de son Musée Méliès au public jusqu'au dimanche 28 juin inclus. Venez profiter de la fraîcheur du Musée Méliès et voyager à travers l’histoire du cinéma, de midi à 19h.
Accompagnement musical par la classe d'improvisation de Jean-François Zygel (CNSMD de Paris)
Fondé en 2001, le Conservatoire National Supérieur de Musique et de Danse de Paris offre aux élèves pianistes la possibilité pendant cinq ans d'aborder en profondeur toutes les facettes de l'improvisation : maîtrise des formes et des styles, improvisation libre, jeu à plusieurs, collaboration avec des musiciens de jazz et de musiques du monde, travail avec des acteurs, des vidéastes et des danseurs, accompagnement de films muets.
Avec Ivan Mosjoukine, Brigitte Helm, Heinrich George.
Un séducteur parisien tombe amoureux d'une femme de la haute société. Il se met à voler pour payer leur vie de luxe, jusqu'à ce que son passé le rattrape.
Restauration en 2018 par la Friedrich-Wilhelm-Murnau-Stiftung, numérisation en 4K à L'Immagine ritrovata, à partir de deux négatifs d'origine, et de fragments de copies de postproduction. Avec le soutien du Beauftragte der Bundesregierung für Kultur und Medien et du Freunde und Förderer des deutschen Filmerbes e.V.
Quel sujet accrocheur que les frasques de Manolesco, célèbre brigand Belle Époque dont les mémoires ont inspiré par moins de trois films entre 1920 et 1933. Et quel trio d'acteurs ! Le charisme instinctif d'Ivan Mosjoukine rencontre la prestance graphique de Brigitte Helm en une addition sidérante de magnétisme. Face à ce duo, la délicate Dita Parlo, future Juliette de L'Atalante, crée un juste contrepoint. Cette production UFA soigne aussi sa technique, comptant sur l'habile mise en scène de Victor Tourjanski (formé chez Albatros puis Abel Gance) et sur l'image du grand Carl Hoffmann (chef opérateur de Docteur Mabuse le joueur et pour Les Nibelungen). Les décors, multiples, traversent des métropoles luisantes et des montagnes claires. Ce film aurait donc tout du chef-d'œuvre ? Mosjoukine, de retour d'un séjour piteux aux États-Unis, y campe pourtant une figure plus pâle qu'à son habitude. Brigitte Helm, frustrée de son assignation au rôle de vamp, après Metropolis et L'Argent, se pare d'un voile maussade. Et l'image reste discrète, malgré de belles épiphanies (mouvements spectraux, reflets électriques, scène de rêve). Un sentiment de déclin teinte ainsi ce projet fait d'exils malheureux, de carrières descendantes et d'un mode de production sur sa fin. Cependant, en dépit et du fait même de ses fragilités, Manolesco, prince des sleepings est un film résolument poignant et mélancolique, à redécouvrir.
Élodie Tamayo