Solidarité canicule
La Cinémathèque française ouvre gratuitement les portes de son Musée Méliès au public jusqu'au dimanche 28 juin inclus. Venez profiter de la fraîcheur du Musée Méliès et voyager à travers l’histoire du cinéma, de midi à 19h.
Avec Tommy Lee Jones, Javier Bardem, Josh Brolin.
D'après Cormac McCarthy : les frères Coen taillent à vif son thriller, hanté par la fin d'un monde, qui voit une Amérique vidée de repères livrée au hasard et à la violence brute. En figure de mort mécanique, Javier Bardem incarne un mal sans visage, indifférent aux hommes et au temps.
À l'issue de la projection de No Country For Old Men (2007), Joel Coen reviendra sur ce film et sur son parcours de cinéaste.
Cinéaste américain, Joel Coen débute au début des années 1980 comme assistant-monteur sur Evil Dead de Sam Raimi. Avec son frère Ethan, il se fait remarquer dès leur premier long métrage, Sang pour sang (1984). Depuis lors, du film noir au western en passant par le musical, on reconnaît « le style Coen » dans cette alliance entre absurde, insensé et humour noir qui caractérise les déboires de leurs personnages, losers existentiels, figures anonymes écrasées par le Destin (Fargo, 1996 ; A Serious Man, 2009) ou silhouettes cools aussi anachroniques qu'irrésistibles (The Big Lebowski, 1998). Les deux frères sont nommés présidents du Festival de Cannes en 2015, là où ils avaient remporté une Palme d'or en 1991 pour Barton Fink. En 2022, Joel Coen réalise son premier film en solo : The Tragedy of Macbeth, produit par Apple TV.
Bernard Benoliel est directeur de l'action culturelle et éducative à la Cinémathèque française. Il a écrit avec Jean-Baptiste Thoret Road movie, USA, publié chez Magnani en 2026.
Retour au polar texan pour les frères Coen, qui avaient débuté ainsi leur odyssée cinématographique avec Sang pour Sang en 1984. Bien que le cinéma des Coen soit éminemment visuel et graphique, le texte n'y est pas moins important (la voix off, les dialogues ciselés à l'humour cassant) : avec ce douzième long métrage, pour la première fois, les cinéastes se confrontent ainsi directement à l'adaptation d'un roman, conservant l'essence du sanglant western moderne de Cormac McCarthy. Présenté en compétition au Festival de Cannes en 2007, No Country for Old Men revigore la filmographie des Coen par son savant mélange des genres, son laconisme ravageur, sa violence cartoonesque et bien sûr la force d'interprétation de plusieurs acteurs à leur sommet, à commencer par Javier Bardem (Golden Globe et Oscar pour le rôle en 2008), sur le fil de la terreur et du ridicule. La violence pulsionnelle de son personnage, Anton, le tueur psychopathe, est rendue tangible et inquiétante par la mise en scène des Coen, les mouvements de caméra en plan séquence pensés par leur directeur de la photographie fétiche Roger Deakins, qui compense la noirceur du film par des couleurs chaudes, où les nuances de jaune et la lumière naturelle du Sud américain prédominent.
Bernard Payen