Solidarité canicule
La Cinémathèque française ouvre gratuitement les portes de son Musée Méliès au public jusqu'au dimanche 28 juin inclus. Venez profiter de la fraîcheur du Musée Méliès et voyager à travers l’histoire du cinéma, de midi à 19h.
Avec Alberto Sordi, Shelley Winters, Vincenzo Crocitti.
En vieux routier de l'humour macabre, Monicelli réalise une comédie qui bascule dans le drame, et même dans l'horreur, quand un petit fonctionnaire assoiffé de vengeance se mue en tortionnaire. Sordi excelle dans ce personnage qui abandonne toute morale, victime et sujet de la violence du monde qui l'entoure. Reflet d'une société traversée par la révolte et le désespoir des années de plomb, l'étude de mœurs au malaise palpable annonce la fin de la comédie à l'italienne.
À la suite de la projection d'Un bourgeois tout petit, petit de Mario Monicelli.
Un bourgeois tout petit, petit est considéré par les historiens du cinéma comme le dernier représentant de ce que l'on a appelé la comédie « à l'italienne ». À vrai dire, c'est un film littéralement cassé en deux : « Je voulais faire un film à deux faces : une première partie très amusante, une comédie "à l'italienne" avec quelques touches un peu cruelles (…) et une seconde partie inversée, pleine de sang et d'horreur. » Les déboires dérisoires et mesquins de l'Italien moyen faisant place, en cours de projection, à l'irruption d'une tragédie qui serait pourtant moins une contradiction de la douteuse euphorie des années 1960 que l'expression de sa vérité profonde. Ce sont littéralement les promesses de la modernisation de l'Italie, à la faveur d'un développement économique sans aucune mesure, qui sont taillées en pièces dans cette oeuvre, adaptée, avec Sergio Amidei, par Vincenzo Cerami d'après son propre roman.
(Jean-François Rauger)
Jean-François Rauger est directeur de la programmation à la Cinémathèque française.