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À la suite de la projection de Mississippi Blues, « Bertrand Tavernier, portrait musical » par Stéphane Lerouge.
Une évocation du cinéaste en mélomane curieux de toutes les musiques (45 minutes, avec extraits).
Avec Resnais, Scorsese ou Tarantino, Bertrand Tavernier faisait partie d'une amicale très fermée, celle des metteurs en scènes-cinéphiles-mélomanes. Sa curiosité naturelle le poussait à aimer aussi bien la musique du Moyen-Âge que le jazz moderne, le blues ou la chanson à texte. Cette ouverture d'esprit se retrouve dans les choix musicaux qui jalonnent ses vingt-deux longs-métrages de fiction. Combien de cinéastes français peuvent-ils revendiquer une filmographie où Gabriel Fauré tend la main à Herbie Hancock, où Philippe d'Orléans tutoie Eddy Mitchell ?
Au cours de cette intervention, nous verrons et, surtout, nous entendrons à quel point Tavernier n'était prisonnier d'aucun dogme, d'aucune idée prédéterminée. Et comment l'écoute des bandes originales de ses films finit par former une vraie continuité, une ligne cohérente, homogène, soudée par un fil rouge rythmique... et ce, malgré la multiplicité des compositeurs. Comme si le cinéaste était parvenu à leur instiller sa propre personnalité, à infléchir en douceur leur écriture.
William Faulkner, toujours dans l'ombre, semble servir de guide à Tavernier et son complice Robert Parrish, partis en pèlerinage dans les lieux rêvés du vieux Sud. Mississippi Blues, documentaire-poème, tourné dans la lumière de l'automne et dans la nuit mélancolique, est né de l'envie de fixer sur la pellicule une trace du passé. Une balade faite au hasard des rencontres, pour une ode au blues et à ses musiciens saisissante de sincérité.