Réouverture des salles le 2 janvier 2026, à l’issue d’un mois de traitement intensif et rigoureux des espaces, comprenant un traitement approfondi des fauteuils et des moquettes, ainsi que des contrôles canins renforcés. L’efficacité de ces mesures permet de garantir des conditions d’accueil optimales, avec des salles certifiées exemptes de punaises de lit.
Massages, gommages, épilation. Passé le carillon cristallin de la porte d’entrée, Nadine, la patronne du Vénus Beauté, et son trio d’esthéticiennes en blouses roses, promettent douceur et rêve de jeunesse éternelle. Dans l’intimité des cabines, les clientes - parfois des hommes - s’abandonnent entre les mains bienfaisantes de Samantha, Marie et Angèle, bien disposées à atténuer les rides du corps et les bleus de l’âme. Attentives aux maux et imperfections, elles écoutent, rassurent, consolent. Entre soins réparateurs, flacons de vernis et autres filtres pour séduction évanescente, ce monde clos et protecteur, parfaitement réglé, maintient Angèle au calme, loin de ses dépits amoureux. Car derrière la vitre et les lumières réconfortantes de l’institut, la vie n’est pour elle que désordre et dérobade. Chronique douce-amère sur le temps qui passe, l’être et le paraître, Vénus Beauté (Institut) est aussi une réflexion sur la solitude et le désir féminin, sur l’envie d’être seule et le besoin d'être à deux. Tonie Marshall livre un ballet réjouissant, chorégraphié avec fantaisie et précision, une galerie de portraits drôles et féroces, interprétés par des actrices pétillantes et sensibles à la fois, ainsi que par une foule de seconds rôles tout aussi savoureux. Répliques caustiques, dialogues bien ciselés, un ton qui tranche avec le décor du salon de beauté feutré et parfumé. Une boutique au coin de la rue, aux couleurs de bonbon acidulé, dans laquelle on entre avec bonheur.
Delphine Simon-Marsaud