Death and Bowling

samedi 13 novembre 2021, 20h45

Salle Jean Epstein

20h45 22h05 (80 min)

Maria del Mar Rosario
États-Unis / 2018 / 17 min / Numérique / VOSTF

Réflexion sur les soins, les artifices et les diktats de la beauté féminine, qui, bien souvent, engendrent une certaine souffrance.

Originaire de Porto Rico, Maria del Mar Rosario creuse, dès son premier court métrage, un sillon engagé entre le documentaire et la fiction, où elle évoque les notions de genre et les injonctions sociétales faites aux femmes. Grâce au choc des images et à l’inconfort qu’elles provoquent, la cinéaste donne à ressentir la douleur des procédures infligées pour répondre aux critères de beauté imposés par l’époque. De la pose de faux ongles à une épilation intégrale, La Bonita montre frontalement ces processus esthétiques invasifs afin de dénoncer une normativité écrasante. Loin de n’être qu’une observation clinique des faits, le film questionne la nécessité de ces pratiques, effectuées dans un désir de compétition et d’entretien de son propre attrait sexuel sur autrui. Sans discours appuyés, la réalisatrice souligne leur extrémisme parfois intolérable, tout comme l’injustice d’un système soumis à l’encombrant diktat de la perfection.


Lyle Kash
États-Unis / 2021 / 63 min / DCP / VOSTF

Avec Faith Bryan, Will Krisanda.

Le deuil et le désir se confondent lorsque deux hommes transgenre se rencontrent par hasard à l'enterrement de la capitaine lesbienne du club de bowling Lavender League à Los Angeles. 

Créé et interprété par une équipe et un casting majoritairement transgenre.


Sous l'influence de John Waters, Rainer Werner Fassbinder ou encore Todd Haynes, Lyle Kash fait ses premiers pas derrière la caméra avec Death and Bowling, un essai qui marque une nouvelle étape dans la représentation LGBTQ au cinéma. Porté par des comédiens et une équipe à majorité transgenre, son long métrage explore toutes les facettes du deuil grâce à l'itinéraire d'un acteur qui rêve de percer à Hollywood. Profondément meurtri par le décès soudain de la capitaine de sa ligue de bowling, il rencontre lors de ses funérailles le fils qu'elle avait toujours dissimulé et entame avec lui une relation ambiguë. De l'attirance à la confrontation, le désir et la violence finissent par s'entremêler dans un film qui déroute sans cesse. Au cœur d'un univers débordant de couleurs et d'excès, le cinéaste capte cet étrange moment où la période de transition et la crainte du coming out se sont évaporées pour laisser place à la recherche de sa véritable communauté.