La Cinémathèque engage d’importants travaux de rénovation de ses salles de cinéma, comprenant notamment le remplacement de l’ensemble des fauteuils et des moquettes. Ce chantier d’envergure entraîne la fermeture de toutes les salles de projection du 13 juillet au 15 septembre 2026. Les autres activités, dont l'exposition Marilyn Monroe, restent ouvertes au public jusqu'au 26 juillet, date de la fermeture estivale.
Thriller domestique, Mort un dimanche de pluie a tout du conte de Perrault, sadique et violent, avec ogre, marâtre et chaperon rouge traqué. Ici, pas de château gothique, de repaire de fantômes et autres parquets grinçants. Mais une maison d’architecte, de béton et de verre, luxueuse et glaciale, qui suggère à la fois la réussite et l’anxiété. Intensifiée par l’atmosphère grise et pluvieuse, la froideur du lieu a déteint sur la famille qui l’habite. Et lorsque les inquiétants visiteurs passent à l’acte, l’angoisse glisse subitement vers l’horreur la plus pure. Le malaise des personnages, parfaitement interprétés, devient alors celui des spectateurs. Dans le rôle inattendu de la sorcière, Dominique Lavanant joue une gouvernante absolument atroce, tandis que Nicole Garcia, superbe dans sa robe vermillon, se prépare effroyablement à tomber dans le piège.
À la sortie du film, qui en décontenança plus d’un, Jean-Claude Carrière déclara : « Dans ces maisons de luxe, tout semble fait pour l’assassinat, tout l’appelle : pas de volets extérieurs, pas de rideaux aux fenêtres, pas de rampe d’escalier, pas de cachette possible. Un rêve pour un criminel. Nous savons maintenant où la vraie terreur se situe. Tout simplement dans les matières mortes, que notre siècle a inventées. Le film jubilatoire de Santoni nous le dit à chaque image, avec force et intelligence. Les diaboliques sont toujours là. Seulement, maintenant, ces créatures retardataires se sont mises à vivre avec leur temps. Elles ont déménagé chez Le Corbusier. Et elles s’y portent à merveille. »