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Anatomie d'un rapport
Anatomie d'un rapport

mercredi 8 septembre 2021, 20h00

Salle Henri Langlois

20h00 → 21h45 (101 min)
Ouverture de la rétrospective

Luc Moullet
France / 1988 / 15 min / 35mm

Comment ouvrir une bouteille de Coca-Cola lorsque la capsule résiste.

Entre deux projets de longs métrages difficilement financés, Luc Moullet, à l'imagination fourmillante, s'est souvent dirigé vers le court pour exprimer librement ses idées. Considéré comme l'un de ses plus grands succès, Essai d'ouverture reprend les fondamentaux de son style, de l'évocation de son expérience personnelle à une volonté de bricolage astucieux autour d'un sujet absurde. En narrant la simple résistance d'une bouteille de Coca-Cola, le cinéaste compose un itinéraire de vie où il revient à son enfance avant de se grimer aux confins de la vieillesse. Filmé en seulement trois jours, ce court métrage atypique témoigne de sa facilité à se raconter par le prisme d'un point de départ saugrenu. À l'instar de Barres, Essai d'ouverture s'inspire du quotidien et parvient à s'en affranchir pour mieux le tourner en dérision. Dans cette quête simultanée de fantaisie et de lucidité, Luc Moullet contemple l'obstination de l'humain face à de futiles objectifs, aussi éreintants que stimulants pour l'esprit et la créativité.


Pierre Excoffier, François Hernandez
France / 1999 / 4 min / 35mm

Plusieurs personnes se battent avec divers emballages à ouverture soi-disant « facile »

Dix ans après Essai d'ouverture, Pierre Excoffier et François Hernandez s'engouffrent, à leur tour, dans la brèche burlesque esquissée par Luc Moullet. Sous l'influence d'un court métrage resté culte, les deux cinéastes invitent son propre réalisateur, mais aussi Rachid Bouchareb ou encore Gérard Krawczyk, à tester la prétendue simplicité de certains emballages quotidiens. Fidèles au style de leur mentor, ils lui rendent un hommage désopilant dans une exemplaire tradition de l'absurde.


Luc Moullet, Antonietta Pizzorno
France / 1975 / 82 min / DCP

Avec Luc Moullet, Christine Hébert, Antonietta Pizzorno.

Un cinéaste et sa compagne analysent les difficultés de leurs rapports de couple, affectés par la prise de conscience féministe de la jeune femme.

À mi-chemin entre le documentaire et la fiction, Anatomie d'un rapport marque la première coréalisation de Luc Moullet avec sa compagne Antonietta Pizzorno. Tandis que le cinéaste joue son propre rôle en assumant l'aspect autobiographique du long métrage, sa complice choisit de céder sa place à l'actrice Marie-Christine Questerbert. Dans ce dialogue de couple sexuellement frustré, chacun cherche une solution à son mal-être en exprimant sans tabou, ni pudeur, la source de ses maux. De déceptions en disputes, le film parle ouvertement de l'intimité, de ses désordres et de la difficulté à faire coexister des besoins différents. À l'ère d'une pleine libération sexuelle, il narre la délicate quête du plaisir féminin, trop souvent délaissé au profit du contentement masculin. En partant de cette impossible connexion des corps, le duo veut surtout interroger la capacité de l'homme et de la femme à échanger, mais aussi à créer de la réciprocité. À la fois rigoureux et spontané, Anatomie d'un rapport met en scène la franchise d'un débat nécessaire, rattrapé par la drôlerie d'une insatisfaction chronique étudiée à la loupe.