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mercredi 20 octobre 2021, 19h30

Salle Jean Epstein

19h30 → 21h25 (115 min)

Krzysztof Kieślowski
Pologne / 1973 / 16 min / DCP / VOSTF

Portrait d'un maçon de Varsovie, ancien militant communiste à l'époque stalinienne.

Dans Le Maçon, Krzysztof Kieślowski raconte le parcours d'un ouvrier modèle et militant, qui décide soudainement de quitter le Parti. Quelques années avant la naissance du syndicat Solidarność, le réalisateur observe les difficultés d'un activiste face à l'injustice et aux pressions de son entourage. Tandis qu'il fait défiler le film de sa vie, son protagoniste voit se briser l'idéal d'une politique polonaise incapable de se remettre en question après les grèves de 1956. Devant l'immobilisme du système, c'est l'engagement d'une existence complète qui vacille, soumis à la tenace sensation de ne pas être à la hauteur de l'enjeu.


Du point de vue d'un veilleur de nuit
Z punktu widzenia nocnego portiera
Krzysztof Kieślowski
Pologne / 1977 / 17 min / DCP / VOSTF

Un gardien de nuit expérimenté développe un goût aigu pour la surveillance et le contrôle.

Construit tel un long monologue, Le Point de vue d'un veilleur de nuit met en scène un véritable gardien d'usine, acharné de la discipline au point de sombrer dans le totalitarisme. Présenté durant le Festival national du court métrage de Cracovie en 1979 et récipiendaire du prix FIPRESCI, le documentaire n'a – sous le coup de la censure – jamais été diffusé en salles jusqu'à la disparition de son réalisateur. De postures en remarques a priori anodines, Krzysztof Kieślowski veut comprendre comment un simple travail peut tourner à l'obsession et à la surveillance généralisée. En brassant à la fois la sphère professionnelle et personnelle de son héros, il explore la déroute, mais aussi la férocité, d'un homme incapable de réfréner son emprise sur les autres. À travers lui, le cinéaste déploie une acerbe critique du socialisme et de ses chaotiques rapports de force.


Premier amour
Pierwsza miłość
Krzysztof Kieślowski
Pologne / 1974 / 82 min / DCP / VOSTF / Copie médiocre

Avec Jadwiga Kail, Roman Moskal.

Âgés de dix-sept et vingt ans, Jadwiga et Roman apprennent que la jeune fille est enceinte. Ayant décidé de garder l'enfant, le jeune couple se retrouve précipité dans la vie des adultes.

Des émois adolescents aux imposantes responsabilités d'adultes, Premier amour narre les jeunes années d'un couple d'étudiants, bientôt mariés et futurs parents. Désormais père d'une petite fille – née dans la même maternité que l'enfant de ses protagonistes –, Krzysztof Kieślowski brouille les frontières entre fiction et réalité dans un cinéma-vérité qui montre frontalement la précarité. Avec une insondable tristesse, il expose sans fard le dénuement de ses semblables, prisonniers d'une société faite d'injonctions et d'habitudes persistantes. Si la Pologne n'est jamais réellement filmée dans toute sa dureté, l'ambiance instaurée préfigure un quotidien à trois sous le joug d'âpres lendemains. Face à une clairvoyance qui pourrait être accablante, le cinéaste laisse toutefois entrer la lumière avec des personnages forts de leur attachement, unis malgré les épreuves passées et à venir.