Solidarité canicule
La Cinémathèque française ouvre gratuitement les portes de son Musée Méliès au public jusqu'au dimanche 28 juin inclus. Venez profiter de la fraîcheur du Musée Méliès et voyager à travers l’histoire du cinéma, de midi à 19h.
Avec Julie Delpy, Daniel Brühl, William Hurt.
À la mort de son mari, la comtesse Erzsébet Báthory se retrouve à la tête d'une immense fortune. Elle tombe éperdument amoureuse d'un jeune homme, mais quand il l'abandonne, elle sombre dans la folie et se persuade que le sang de jeunes vierges lui rendra jeunesse et beauté.
À la suite de la projection de La Comtesse de Julie Delpy, dialogue avec la réalisatrice, compositrice et actrice de ce film consacré à Élisabeth Báthory, comtesse hongroise du XVIe siècle, restée dans l'Histoire sous le nom de « la dame sanglante ».
« J'avais envie de raconter l'histoire d'une déchéance totale. Je me souviens de cette phrase dans Comme il vous plaira, de Shakespeare : "Et d'heure en heure, on mûrit, on mûrit. Et d'heure en heure, on pourrit, on pourrit !". » (Julie Delpy)
Julie Delpy est actrice (Détective, La Passion Béatrice, Trois couleurs : Blanc, Killing Zoe, Before Sunrise...) et cinéaste (Looking for Jimmy, Two Days in Paris, La Comtesse, Le Skylab, Lolo, My Zoe).
Bernard Benoliel est directeur de l'action culturelle et éducative à la Cinémathèque française. Il a écrit avec Jean-Baptiste Thoret Road movie, USA, publié chez Magnani en 2026.
Souvent présentée comme l'une des grandes meurtrières en série de l'Histoire, la comtesse hongroise Erzsébet Báthory conserve, des siècles après sa disparition, un potentiel de fascination intact. Était-elle ce monstre sanguinaire avide d'un élixir de jouvence inédit ou bien simplement le fruit d'une éducation rigoriste auquel nulle pitié n'avait été enseignée ? Pour cette première – et, à ce jour, unique – plongée dans le drame historique, Julie Delpy fait le choix d'un portrait romanesque à la noirceur déroutante, qui rompt avec l'atmosphère décalée de ses précédentes réalisations. En filmant un personnage que tout accable, elle raconte en creux l'enfance bafouée, le manque d'amour mais aussi l'inévitable cataclysme lorsqu'il survient dans une vie. La réalisatrice veut comprendre les motivations de son héroïne, ses craintes et ses désirs, à une époque où l'obsession du paraître n'est qu'un nouveau refus du déclin, de l'oubli et de la mort. Dans cette soif de jeunesse illusoire, la comtesse parvient à susciter de la compassion à son égard tout en préservant un regard lucide sur la cruauté de ses actes. Parfaite dans le rôle-titre, Julie Delpy compose une audacieuse peinture de femme moderne, désespérée à l'idée de voir sa beauté se faner face à une pression sociale qui l'isole progressivement du monde.