Le Voleur

lundi 26 octobre 2020, 15h00

Salle Jean Epstein

15h00 17h05 (122 min)

Louis Malle
France-Italie / 1967 / 122 min / DCP
D'après le roman Le Voleur de Georges Darien.

Avec Jean-Paul Belmondo, Geneviève Bujold, Marie Dubois, Françoise Fabian.

Spolié par un oncle sans scrupules, un jeune bourgeois choisit le vol comme revanche contre l'ordre social. D'après le roman anarchiste de Georges Darien, Louis Malle signe un film en costumes d'une ironie mordante, où la révolte intime se teinte peu à peu de noirceur et de désillusion. Loin du panache triomphant qui a fait sa légende, Belmondo compose un personnage insaisissable, d'une élégante inquiétude, animé par un profond refus des conventions du milieu. Une œuvre amère et raffinée, qui fait du larcin une forme de résistance au conformisme social.

Louis Malle avait lu et aimé le roman de Georges Darien, Le Voleur, paru en 1884. C'est à son retour du Mexique, après Viva Maria !, qu'il se décide à l'adapter. Il s'entoure de Jean-Claude Carrière pour l'adaptation et de Daniel Boulanger aux dialogues. Malle collabore avec une partie de l'équipe du précédent film ; Henri Decaë pour la photographie, Jacques Saulnier pour les décors et Ghislain Uhry pour les costumes. Le Voleur, c'est d'abord l'œuvre d'un auteur anarchiste qui décrit la révolte d'un homme contre l'ordre établi. C'est aussi un livre dans lequel le cinéaste reconnaît une sorte d'alter ego dans le personnage de Georges Randal : « Aucun de mes héros de film ne m'aura été plus proche. Jamais je n'aurais davantage fait le film que je voulais, et me serais senti plus d'affinités avec son personnage central. ». D'une facture très éloignée du cinéma moderne de l'époque, Le Voleur surprit par son ironie, sa noirceur et sa violence contenue.

Florence Fourn