Solidarité canicule
La Cinémathèque française ouvre gratuitement les portes de son Musée Méliès au public jusqu'au dimanche 28 juin inclus. Venez profiter de la fraîcheur du Musée Méliès et voyager à travers l’histoire du cinéma, de midi à 19h.
Avec André Gabriello, Annette Poivre, Louis de Funès.
Le comptable Anatole, son épouse et le bandit Sparadra habitent une rue mal famée où l'on croise différents personnages excentriques.
Film restauré par le CNC
Transposition à l’écran des caricatures d’Albert Dubout en une série de saynètes enchaînées, qui présentent chacune des personnages plus excentriques les uns que les autres. Illustrateur prolifique, versé notamment dans le dessin humoristique et satirique, Dubout signe lui-même le scénario, adaptant l’un de ses ouvrages paru pendant la guerre. Le résultat, véritable délire visuel aux accents toniques burlesques, constitue une curiosité dans le paysage cinématographique de ce début des années 50, mais restitue fidèlement son univers : petits bonshommes, grosses bonnes femmes, des personnages grossiers, presque difformes. Les décors, avec leur côté artisanal, participent de ce même esprit absurde. On retrouve aussi le goût du dessinateur pour les mouvements de foule, et les acteurs, grimés, visages peinturlurés, faciès clownesques, prennent des airs de Muet époque Chaplin. Au milieu de la galerie de personnages, dont on retiendra la fantastique Annette Poivre, Louis de Funès campe un doux professeur de musique, affublé pour l’occasion de lunettes et d’une longue barbe. Si à sa sortie le film est un échec commercial, il peut aujourd’hui se regarder comme le témoin indirect de son époque, reflet de la capacité malicieuse de Dubout à capter l’air du temps.