Réouverture des salles le 2 janvier 2026, à l’issue d’un mois de traitement intensif et rigoureux des espaces, comprenant un traitement approfondi des fauteuils et des moquettes, ainsi que des contrôles canins renforcés. L’efficacité de ces mesures permet de garantir des conditions d’accueil optimales, avec des salles certifiées exemptes de punaises de lit.
Restauration par Sony Pictures Entertainment en 4K. Distribué par Park Circus.
Film de série B, western ouvertement moralisateur et modestement progressiste, Count Three and Pray a pour mérite principal de situer son action dans un État du Sud, dans l'immédiat après-guerre de Sécession, et d'en faire son sujet. À cette époque charnière – comme les États-Unis n'en connaîtront pas d'autre jusqu'à l'après Vietnam –, le tissu social est déchiré de part en part. Si le film insiste sur une nécessaire reconstruction et régénération, voire un impératif de rédemption, il ne masque pas un dramatique « état de l'Union » : souvenirs de l'esclavage (scène du fouet, même si elle est déplacée sur un Blanc), arrogance sadique des profiteurs et parvenus (le personnage joué par Raymond Burr), décadence d'aristocrates ruinés et condamnés, comme cette mère déclassée, à finir alcooliques dans les grands salons défraîchis de leurs plantations ou, comme sa fille, à se prostituer socialement pour survivre. Et puis, cette enfant sauvage qui a poussé comme du chiendent, pieds nus et abandonnée, sorte de Tom Sawyer au féminin joué par une Joanne Woodward tenant là son premier rôle de composition au cinéma face au héros de l'histoire, le « vieux » Van Heflin qui a commencé à tourner vingt ans plus tôt. En ce milieu des années 1950, à l'heure de James Dean, le film vaut alors comme un modeste exemple du croisement entre deux formations d'acteur, un exemple parmi d'autres de l'avènement d'une nouvelle génération (Woodward, élève de Sanford Meisner). Là aussi, un monde en remplace un autre.
Bernard Benoliel