En utilisant ce site, vous acceptez que les cookies soient utilisés à des fins d'analyse et de pertinence     Oui, j'accepte  Non, je souhaite en savoir plus

vendredi 6 mars 2020, 18h00

Cinéma Reflet Médicis Hors les murs

18h00 → 19h50 (109 min)

Les Deux cavaliers
Two Rode Together
John Ford
Etats-Unis / 1960 / 109 min / DCP / VOSTF
D'après le roman Comanche Captives de Will Cook.

Avec James Stewart, Richard Widmark, Shirley Jones.

Un shérif cynique et un officier de cavalerie sont chargés d’aller négocier avec les Indiens Comanches la restitution de prisonniers blancs.

Restauration par Sony Pictures Entertainment en 4K. Distribué par Park Circus.


Tourné à l'automne 1960, Les Deux cavaliers est un film que John Ford devait à Harry Cohn, patron de la Columbia. Le cinéaste avouera toujours l'avoir fait uniquement pour l'argent, désavouant une œuvre qui à sa sortie, et même bien après, sera considérée par la critique américaine comme un ratage. Cette adaptation, par Frank S. Nugent, fidèle scénariste fordien, d'un roman de Will Cook, a longtemps souffert de la comparaison avec La Prisonnière du désert, réalisé quatre ans plus tôt et traitant d'un sujet similaire : le retour d'enfants de colons blancs tenus captifs par les Indiens durant des années. Tout se passe comme si ces Deux cavaliers proposait la vérité nue, hideuse, sans masque, crue, de ce que le film de 1956 restituait de façon malgré tout stylisée et sublimée. Sous un ciel désespérément gris (Ford faisait en sorte, racontera Richard Widmark, de ne tourner que par temps nuageux), le racisme est montré comme un mélange de phobie et de frustration sexuelle. Dans cet univers de tractations sordides, les personnages sont socialement situés de façon très précise, presque théorique. C'est le rôle notamment d'un très étonnant, très long et très beau plan fixe : les personnages de Richard Widmark et de James Stewart devisent au bord d'une rivière et s'interrogent mutuellement sur leur condition économique, c'est-à-dire sur leur propre place dans les rapports de production de cette société naissante, engendrée par l'Ouest sauvage.

Jean-François Rauger