Réouverture des salles le 2 janvier 2026, à l’issue d’un mois de traitement intensif et rigoureux des espaces, comprenant un traitement approfondi des fauteuils et des moquettes, ainsi que des contrôles canins renforcés. L’efficacité de ces mesures permet de garantir des conditions d’accueil optimales, avec des salles certifiées exemptes de punaises de lit.
Film restauré par la Cinémathèque suisse, avec le soutien de Memoriav.
C'est lors d'une tournée en Suisse que Françoise Rosay rencontre un producteur qui lui propose de financer un film dirigé par son époux Jacques Feyder. Elle doit ensuite se battre bec et ongles afin d'obtenir du gouvernement de Vichy les visas nécessaires pour les acteurs et les techniciens, dont certains sont juifs. Ce film à épisodes, encadré par un prologue et un épilogue, est avant tout un époustouflant récital de Rosay dans quatre rôles totalement différents. Une fois de plus, Feyder lui donne la possibilité de montrer l'étendue de son talent, sur un scénario original de Jacques Viot profondément remanié. Elle est à la fois une grande actrice humiliée par la famille de son gendre, une servante du Valais taciturne et illettrée, une institutrice au bord de la rupture et finalement une batelière du Tessin au tempérament volcanique. Feyder retrouve l'ambiance de son chef-d'œuvre muet Visages d'enfants (1925), tourné dans la même région, avec le superbe sketch du paysan qui ne sait comment annoncer à sa vieille servante l'arrivée de sa nouvelle femme. Employant les gens du cru, il décrit avec verve la vie rude de ces hommes simples, et durs à la besogne. Le magnifique portrait de l'actrice adulée, mais qui souhaite retrouver l'anonymat, constitue un hommage émouvant à la carrière de son épouse, en même temps qu'une critique de la bonne société, à la fois méprisante envers les artistes et jalouse de leur popularité. Une rareté dans l'œuvre d'un grand cinéaste, qu'il faut découvrir.
Christine Leteux